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    Analyse

    La Nasa ouverte à tous les étudiants du monde

    Par Tilila EL GHOUARI | Edition N°:5053 Le 28/06/2017 | Partager
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     «Aujourd’hui, nous devons activement encourager les femmes à intégrer nos équipes. Nous les aiderons et les soutiendrons dans leur progression», insiste Nagin Cox, ingénieur systèmes au sein de la Nasa (Ph. Khalifa)

    Nagin Cox, ingénieure en systèmes au sein de l’Administration nationale de l’aéronautique et de l’espace (NASA) a récemment été invitée par l’ambassade des Etats-Unis de Rabat pour faire une tournée au Maroc. Lors de sa visite, elle s’est rendue à l’Université Cadi Ayyad à Marrakech et à l’Observatoire de l’Oukaïmeden.

    A Casablanca, l’ingénieure en aérospatiale a animé une conférence à l’Université Mundiapolis  devant des étudiants en génie aéronautique, et une autre à Dar America sous le thème «Travailler à la Nasa: défis et opportunités» avant de partir à Oujda pour découvrir le projet «La maison des sciences» initié par la Fondation Omar Ibn Abdelaziz.
     
    - L’Economiste: Qu’est-ce qui a motivé votre visite au Maroc?
    - Nagin Cox:
    Le but de ma visite est de rapprocher les jeunes au métier d’ingénieur, plus précisément dans le domaine spatial. A travers des conférences un peu partout dans le pays, je partage mes expériences et crée un espace d’échange des sciences et de l’ingénierie, mais aussi du rôle de la femme dans le domaine... Je parle aussi de nos dernières explorations spatiales, ce qui, j’espère, pourrait inspirer les jeunes.
     
    - Vous avez récemment fait une découverte majeure à laquelle  l’équipe de l’Observatoire de l’Oukaïmeden a contribué. Qu’est-ce qui ressort de votre visite sur place?
    - Récemment, le télescope «trappist-north» présent à l’Observatoire a joué un rôle important dans la découverte des sept nouvelles planètes habitables. Cet institut est un très bon exemple dans différents domaines où le Maroc devrait contribuer.
    Grâce à sa géo-localisation, le Maroc est un endroit stratégique en Afrique du Nord et sur le continent en général. ailleurs, toutes les informations récoltées par l’observatoire sont très importantes pour les missions spatiales. Quand j’ai rencontré les étudiants de l’université Cadi Ayyad qui dirigent l’observatoire, j’ai pu voir à travers leur visage à quel point ils sont excités d’être associés à un aussi grand projet et de  chercher des données à travers leurs propres instruments et télescopes. Cela est très inspirant.

    - Comment peut-on devenir ingénieur à la Nasa?
    - Pour accéder à la Nasa, il faut tout d’abord être un citoyen américain, ou bien disposer d’une «green card». Mais il existe des opportunités de stage au sein de notre entité pour les Marocains post-doctorants. Ils peuvent postuler pour un programme qui est ouvert à tous les étudiants du monde. Je pense qu’il y a cinq Marocains qui ont été sélectionnés récemment. Je reprécise, ce n’est pas un emploi, mais un stage. Je pense que des programmes similaires sont disponibles à l’Agence spatiale européenne, l’Agence spatiale française… Par ailleurs, les Marocains sont très présents dans l’industrie spatiale européenne, et ce, depuis près de 50 ans. Plein d’opportunités s’offrent aujourd’hui aux jeunes au Maroc, que ce soit dans l’aéronautique, l’automobile… Les jeunes n’ont plus à partir à l’étranger pour travailler.

    - Quels sont les défis à relever dans votre métier?
    - Nous avons une charge énorme de travail. Vous savez, la Nasa ne représente que près de 1% du budget des États-Unis. C’est un challenge pour nous de concevoir les missions dont nous avons besoin, car nous devons travailler dans de court délai, mais aussi en minimisant les coûts. D’autre part, nous travaillons dans un environnement qui nous est inconnu. Cela s’avère être très stressant et accaparant. Mais ce genre de challenge revête aussi un aspect amusant et attrayant.

    - Qu’en est-il des femmes à la Nasa. Etes-vous nombreuses?
    - Réellement, nous ne le sommes pas. Seulement 35% des effectifs sont des femmes. Nous aimerions être plus, mais ce qui est sûr c’est que nous sommes mieux représentées que dans le service militaire. Il y a pas mal de femmes dans l’opérationnel, mais plus vous montez dans la hiérarchie, moins il y en a. Car souvent elles souhaitent prendre du temps pour prendre soin de leurs familles. Quand elles reviennent, elles choisissent le temps partiel. C’est vrai pour les hommes aussi. Aujourd’hui, nous devons activement encourager les femmes à intégrer nos équipes. Nous les aiderons et les soutiendrons dans leur progression.

    Parcours académique et professionnel

    Nagin Cox a étudié à l’Université Cornell où elle a obtenu deux diplômes, l’un en recherche opérationnelle et ingénierie industrielle et un second en psychologie. Par la suite, elle a intégré l’armée de l’air américaine en tant qu’officier et décroché durant la même période un master en génie des systèmes d’opérations spatiales de l’Air Force Institute of Technology.
    Pendant 6 ans, Cox a été analyste orbital au Norad, Space Command à Cheyenne Mountain, Colorado Springs, puis un an chez IBM. Ce n’est qu’en 1993 qu’elle rejoint la Nasa où elle a travaillé sur le projet de la Jet Propulsion Laboratory (JPL), et depuis, elle est ingénieure en systèmes et gestionnaire de multiples missions robotiques interplanétaires. «Durant mon parcours, j’ai pu travailler sur d’importants projets spatiaux comme la mission Galileo de la Nasa/JPL à Jupiter, les missions Mars Exploration Rover et la mission du télescope Kepler pour la recherche de planètes identiques à la terre autour d’autres étoiles», indique Nagin Cox. Elle est actuellement membre de l’équipe des opérations de mission du Mars Science Laboratory (MSL) - Mars Curiosity Rover de la Nasa.

    Propos recueillis par
    Tilila EL GHOUARI

     

     

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