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    Soigner par le cheval: L'équithérapie, un traitement alternatif

    Par Priscilla BUSCAGLIA | Edition N°:5052 Le 23/06/2017 | Partager
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    Les sessions de psychothérapie ont lieu près d’un cheval, et non en selle

    «Le cheval est un être capable de soigner au travers des émotions et du langage corporel, comme un miroir de l’âme humaine». De plus en plus, la fonction thérapeutique du cheval commence à être utilisée dans le cas de maladies combinant un handicap physique et mental.

    Plusieurs peuples anciens avaient compris que le cheval était plus qu’un animal à leur service pour la guerre, le transport ou le travail. Ce n’est cependant qu’au XIXe siècle que la fonction thérapeutique du cheval a commencé à être étudiée et utilisée dans le cas de maladies combinant un handicap physique et mental.
    L’Argentine a été pionnière dans la mise en œuvre de ce type de thérapie. Celle-ci n’était connue, sans grande reconnaissance, qu’en Europe et aux Etats-Unis lorsque Maria de los Angeles Kalbermatter se lance dans cette voie, il y a 38 ans. Amputée d’une jambe à 27 ans, elle décide de se rééduquer grâce à l’équitation – une approche sans précédent. Au fil des ans, elle parvient non seulement à prouver l’efficacité de sa méthode, mais également à l’appliquer à des enfants souffrant de différentes maladies, avec le même succès.
    Aujourd’hui, plus de 250 centres pratiquent l’équithérapie dans le pays. Tout d’abord réservée aux patients souffrant de graves troubles moteurs et neurologiques, cette méthode thérapeutique a obtenu d’excellents résultats avec l’autisme.
    «L’équithérapie se base sur trois principes simples: la transmission de la chaleur corporelle, des pulsations rythmiques et des mouvements de locomotion, proches de la démarche humaine. Le cheval est un être capable de soigner au travers des émotions et du langage corporel, comme un miroir de l’âme humaine», explique Julieta Malleville, directrice de l’école d’équithérapie La Paloma de Tandil, à 300 kilomètres de la capitale fédérale.
    Depuis une quinzaine d’années, l’équithérapie a évolué pour s’appliquer également au traitement de troubles tels que le stress, la dépression, les phobies, les addictions, les troubles obsessionnels compulsifs et alimentaires. Appelée «psychothérapie par le cheval», cette approche complète la médecine et les thérapies conventionnelles.
    Les sessions de psychothérapie ont lieu près d’un cheval, et non en selle. Aucune expérience équestre n’est nécessaire car la relation avec l’animal se base sur différentes activités proposées par un thérapeute en fonction des besoins du patient.
    Pour Veronica Settepassi, médecin depuis 15 ans à l’école d’équithérapie Hipocampo à Palermo, un quartier de Buenos Aires, cette méthode aide les gens à contrôler leurs peurs et à se connecter à leur environnement. «Les mouvements du cheval réconcilient une personne avec son corps, la font se sentir bien. J’ai vu des signes d’amélioration rapide dans des cas de dépression ou de troubles alimentaires. Le plus difficile, pour promouvoir cette thérapie complémentaire, est que les familles bien souvent ne choisissent ce traitement qu’en dernier ressort. Or il est essentiel que ce type de soin soit régulier et constant sur la durée. Si le patient n’a pas l’accompagnement nécessaire, il part tout de suite», déclare-t-elle.

    Teresa BUSCAGLIA

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