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    Economie

    Jouahri: Je veux savoir qui a fait quoi et pourquoi!

    Par Abashi SHAMAMBA | Edition N°:5051 Le 22/06/2017 | Partager
    «Je n’accepte pas que l’on sape la crédibilité de la banque centrale»
    S’il y avait dévaluation, je n’aurais pas attendu la dernière minute
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    Abdellatif Jouahri, wali de Bank Al-Maghrib (Ph. Bziouat)

    Abdellatif Jouahri accuse les banques d’avoir au minimum poussé à la spéculation sur le dirham en pariant sur sa dépréciation. «Je veux savoir qui a fait quoi et qui est responsable de quoi», prévient le gouverneur de Bank Al-Maghrib. Autant dire que la mission d’inspection que la banque centrale va dépêcher dans les banques s’annonce musclée. Elle sera appuyée par une autre conduite par les équipes de l’Office des changes.

    Toutes les opérations, du moins les plus significatives qui ont alimenté la bulle ces dernières semaines dans les salles de marché, seront passées au scanner. Et s’il s’avère que certains ont franchi la ligne rouge, les pénalités vont tomber, confie un responsable à l’Office des changes.

    La réglementation de change est formelle: la spéculation stricto sensu sur une devise est interdite. Toute position doit être adossée à une opération commerciale documentée. La migration imminente du régime de change du dirham a créé de l’effervescence dans les salles de marché des banques.

    Depuis un mois, les transactions se sont emballées sur le marché des changes pour atteindre 1,2 milliard de DH par jour, exerçant une forte pression sur les réserves de changes. Cette fièvre vient des opérateurs qui parient sur une dévaluation prochaine du dirham. Ces derniers ne croient pas, semble-t-il, aux assurances des autorités monétaires qui répètent qu’il n’y aura pas de dévaluation de la monnaie.
     
    - Que se passe-t-il sur le marché des changes? Des importateurs se seraient vus refuser des couvertures ces derniers jours?
    - Une banque centrale et les autorités monétaires basent toute leur intervention sur la crédibilité. Quand on dit ou on annonce quelque chose, nous ne jouons pas avec les mots. Depuis ces trois dernières années, j’ai toujours été transparent lorsque je m’adressais aux opérateurs économiques et à l’opinion publique. Il ne faut pas mélanger régime de change et taux de change. Ce sont deux choses complètement différentes. J’ai toujours expliqué les raisons pour lesquelles le Maroc a choisi d’évoluer vers un régime de change flexible. Le Maroc a fait un choix de globalisation et de mondialisation en signant une cinquantaine d’accords de libre-échange. Par ailleurs, pour accompagner sa stratégie africaine, le Maroc voulait faire de la place financière de Casablanca un hub continental. Nous avons commencé à travailler sur le passage au régime de change flexible depuis 2010, mais la décision dépendait de certains prérequis. Une soutenabilité budgétaire, c’est-à-dire un niveau de déficit budgétaire et d’endettement public acceptable sur le plan international. Il fallait aussi un niveau de réserves de changes adéquat et une maîtrise de l’inflation ainsi qu’un système bancaire résilient.  Lorsque ces prérequis ont été remplis, la décision de migrer au change flexible a été prise.
    Nous avons indiqué que le processus sera progressif. Dans une première étape, la composition du panier de cotation du dirham (60% euro, 40% dollar) restera inchangée, seules les bandes de fluctuation du dirham seront élargies. De toutes les façons, il n’y aura pas de dévaluation. Tous les calculs que nous avons faits à la banque centrale ont confirmé que le dirham n’était pas désaligné. Au contraire, une dévaluation serait contreproductive.
    J’ajouterai à l’intention des opérateurs et des banques que s’il faut dévaluer, je n’attendrai pas le jour de la migration vers le régime flottant pour dévaluer. Ce n’est pas comme ça que ça se passe. Je l’aurais fait depuis longtemps.

    - Comment expliquez-vous que les banques qui sont les plus avisées n’aient pas tempéré les ardeurs de leurs clients?
    - C’est pour cela que je suis hors de moi car cela remet en cause la crédibilité de la banque centrale et des autorités monétaires. Tout ce que je viens de vous dire, je l’ai répété à plusieurs reprises aux banques au cours des 14 réunions que nous avons tenues ensemble. Pour moi, elles étaient les meilleurs porte-parole de cette réforme vis-à-vis de leurs clients. Mais quand ces derniers jours j’ai relevé ce qui se passait, je n’étais pas du tout content parce qu’on spéculait contre le dirham. Je l’ai fait savoir aux présidents de banques et j’ai donné instruction à mes services de leur demander des justifications des opérations de couverture que leurs établissements ont effectuées ces derniers jours. S’il s’agissait d’opérations normales, type paiement de dividendes, des importations, il n’y aurait rien à dire. Mais là, il s’agit d’une spéculation sur le dirham. C’est inacceptable.

     

     

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