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Tribune

Mondialisation, crises, nationalisme…: Comment penser l’Afrique aujourd’hui

Par Youssef AMRANI | Edition N°:5042 Le 09/06/2017 | Partager

Licencié en sciences économiques à l’Université Mohammed V de Rabat, diplômé de la Boston University School of Management, Youssef Amrani a fait ses classes politiques à l’UGEM. Il entre aux Affaires étrangères. Son premier poste d’envergure fut celui de consul à Barcelone où il modernise le consulat et lui donne un volet d’affaires, perdu depuis. De 1996 à 2003, il est ambassadeur auprès de 10 pays d’Amérique latine. Après un passage comme haut fonctionnaire aux AE, il en assume le Secrétariat général. En plein printemps arabe, il part pour l’Union pour la Méditerranée, où il ne reste que 6 mois, car il est appelé ministre délégué auprès du ministère des AE, en tant qu’istiqlalien au sein du premier gouvernement Benkirane. L’année suivante, l’union casse et Amrani devient chargé de mission au Palais royal, poste qui a la réputation de «mise en réserve» d’une responsabilité plus importante. C’est effectivement ce qui arrive puisqu’il part en Afrique du Sud, pays en crise profonde avec qui le Maroc a des relations difficiles, bien qu’il ait offert l’asile à Mandela (Ph. YA)  

La montée des nationalismes, l’avenir de la mondialisation qui bouleversent la géopolitique traditionnelle, interpellent l’Afrique. Face à une situation volatile, il faut une réponse collective. Nous devons penser une refondation où l’Afrique s’imposerait comme le continent des progrès. Grâce à ses multiples potentialités humaines et naturelles, permettant une intégration outillée, notre continent fera face aux enjeux conjoncturels et de compétitivité internationale.

Les relations entre l’Afrique et le reste du monde sont à reconstruire, avec des instruments novateurs et efficients, à la faveur de nouveaux partenariats, compatibles avec l’émergence du continent africain, tant sur les plans économique, politique que social et humain. Car il convient aujourd’hui de regarder vers l’Afrique avec une approche à la fois ambitieuse et courageuse.

Pour S.M. Mohammed VI, l’Afrique est une question existentielle: nous partageons des expériences historiques similaires et une destinée commune. La politique africaine du Royaume, dont les contours ont été dessinés par le Souverain, ne saurait se réduire à des schémas traditionnels. C’est une politique cohérente, pragmatique et volontariste, basée sur un partenariat pour construire du co-développement, dont la valeur ajoutée s’appuie sur la création de richesses partagées. C’est  un modèle nouveau appuyé sur le triptyque: paix et sécurité, croissance partagée et devoir de solidarité.

Notre Souverain veut que le continent devienne un acteur mondial de plein droit. Cette insertion se concrétisera avec de  profonds changements structurels, à la faveur d’une gouvernance efficiente et performante. Alors les  générations futures tireront profit d’une mondialisation partagée.

Le Maroc est déterminé à accompagner ses partenaires africains dans leurs démarches souveraines pour ce projet commun, en respectant les fondamentaux que sont la résolution pacifique des différends, la non-intervention dans les affaires intérieures et le respect de la souveraineté territoriale des Etats.

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L’émotion que le Souverain a su faire partager, à Addis-Abeba, lors du Sommet de l’UA en janvier 2017,  souligne la profondeur et l’humanité du projet intégré continental porté par le Maroc. L’Histoire, elle, a voulu que ce discours-là soit prononcé devant une immense affiche pour la promotion de l’investissement dans la jeunesse (Ph. AFP)

Respectueuse de l’impératif de paix et de sécurité, attentive et agile face aux changements, ainsi que le souhaite notre Souverain,  l’Afrique constituera une réelle opportunité pour la croissance du commerce et de l’investissement international. Et ce, bien que la mondialisation, dans sa forme actuelle, soulève encore des inquiétudes.

Le projet de gazoduc Nigeria-Maroc, fédérateur et prometteur, représente le modèle de partenariat Sud-Sud intégré à très grande échelle. Le Maroc part du principe que l’entrée africaine dans la mondialisation ne peut être tributaire de croissances nationales isolées. Accélérer l’intégration intra-africaine est un vecteur de la mondialisation, tout comme le continent doit prendre en charge ses propres défis, en faisant valoir son développement multidimensionnel.

Grâce à sa maîtrise de ces enjeux, le Maroc s’engage dans une projection continentale franche et assumée, dans un cadre de complémentarité résolument africain. En manifestant sa volonté de passer du statut de simple observateur à la Cédéao à celui de membre, le Royaume confirme la cohérence dans sa démarche d’intégration politique, économique, culturelle et sociale.

L’Afrique dispose d’un énorme potentiel économique et humain à valoriser. Alors le continent fera entendre sa voix sur les grands enjeux internationaux. Il participera aux grandes décisions qui dessinent le destin de l’Afrique et des Africains.
Nous devons travailler ensemble pour développer notre continent.

Refonder la société internationale

IL nous faut une prise de conscience universelle des défis globaux. Il nous faut des réponses concertées et une volonté commune de les mettre en œuvre, en plaçant le développement humain au cœur du projet.
Il est impératif de rendre l’ONU plus représentative des équilibres régionaux et globaux, plus apte à traiter efficacement les questions susceptibles de mettre en péril la paix et la stabilité.
Nous avons besoin d’une action collective pour refonder des instruments obsolètes et dévalorisés de gouvernance de la communauté des Nations et des institutions de Bretton Woods. Cela nécessite une approche intégrée et inclusive, inscrite dans la continuité (et non dans la rupture) et conforme aux réalités contemporaines. Une refondation équilibrée où les pays du Sud retrouveraient leur place, pour un meilleur partage de la valeur ajoutée créée en commun. Le Sud est une partie de la solution (et non un problème): il est  le réservoir de croissance et de productivité pour le monde.

Etats forts et identités

L’Etat-nation fort est le socle pour édifier une communauté internationale stable, pacifique et paisible. La mondialisation non contrôlée peut déboucher sur un système international inefficace où les organisations internationales échouent à trouver des réponses efficaces: Les Nations unies n’ont pas réussi à résoudre des crises régionales au Moyen-Orient ou le conflit israélo-palestinien, pas plus qu’elles n’ont pu s’attaquer au problème mondial des réfugiés.
L’identité est au cœur de la politique du XXIe siècle. Toutes les identités et les cultures doivent s’exprimer et coexister pacifiquement. Voilà pourquoi il nous appartient de protéger la stabilité et la souveraineté des Etats. Nous devons également laisser à chaque Etat, le temps de trouver le meilleur modèle pour répondre aux aspirations des gens.

                                                                       

L’Occident en crise

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Comme des fantômes, des survivants de l’attentat du Bataclan à Paris, en 2015, sont évacués en bus. Le monde occidental présente tous les signes d’une crise identitaire majeure (Ph. AFP)

Divisés, nos voisins du Nord vivent une crise hypothéquant leurs valeurs, sapant les fondements du projet européen. La montée nationaliste produit des fractures dont les conséquences géopolitiques seront irréversibles sur les équilibres structurant les relations Nord-Sud. Cette montée, jouant sur l’islamophobie, n’est pas la solution à une mondialisation déshumanisée.

S’y ajoutent des défis sécuritaires, nourris des fragilités politiques, économiques et des vulnérabilités sociales. Il est urgent de déconstruire les discours djihadistes, en travaillant avec les leaders religieux et sur les mentalités.

Les pays du Maghreb aussi font face aux mêmes défis. Dans un contexte géostratégique plus large, il y a aussi la réalité en Syrie, en Libye, au Yémen et en Irak. Des pays prisonniers d’un statu quo immuable, faisant planer le risque d’une instabilité accrue menaçant la paix et la sécurité internationales.

Autant de crises qui questionnent  la capacité de la communauté internationale, plus particulièrement le Conseil de sécurité, à trouver des solutions.

 

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