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Société

Le Maroc, berceau de l’Humanité

Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5042 Le 09/06/2017 | Partager
L’Homme moderne originaire de la région de Safi
Une découverte exceptionnelle qui fait remonter notre histoire à plus de 300.000 ans
Une équipe de chercheurs internationaux associés à l’Insap
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Nos manuels d’Histoire nous ont longtemps enseigné que les premiers habitants du Maroc étaient les «Banou Mazigh, venus du Yémen et du Sham», une théorie amplement décriée par de nombreux historiens et militants qui se sont insurgés contre ce qu’ils considéraient comme une tentative d’arabiser les origines amazighes des Marocains. 

Une théorie qui vient d’être pulvérisée par la science, l’archéologie et la paléontologie… Il s’agit ni plus ni moins du plus ancien représentant connu de notre espèce, Homo sapiens découvert  à Jebel Irhoud , dans la région de Safi, par une équipe internationale dirigée par le Pr. Jean-Jacques Hublin de l’Institut Max Planck d’anthropologie évolutionnaire (Leipzig, Allemagne) et du Collège de France, et par le Dr Abdelouahed Ben-Nacer de l’Institut national d’archéologie et du patrimoine (INSAP).

Les plus anciennes traces de notre propre espèce connues à ce jour

L’équipe a récemment mis au jour des restes de plusieurs Homo sapiens primitifs ainsi que des outillages de pierre et des restes d’animaux. Ces fossiles humains représentent, aujourd’hui,  les plus anciennes traces de notre propre espèce connues à ce jour.

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Les hommes de Jebel Irhoud possèdent déjà une face et une denture d’allure moderne, et aussi une boîte crânienne de grande taille, mais avec une forme oblongue et par certains aspects archaïque. Reconstitution d’un crâne en composite du plus vieux représentant de notre espèce (© Philipp Gunz, MPI EVA Leipzig (License: CC-BY-SA 2.0))

D’autant plus que la découverte fait considérablement reculer dans le temps nos origines, puisque les premiers ossements humains jusqu’alors unanimement reconnus comme anatomiquement modernes, découverts en Ethiopie, avaient autour de 195.000 ans. L’annonce, qui a fait l’objet d’une publication, dans le numéro du 8 juin 2017 de la revue Nature, est exceptionnelle puisqu’elle déplace nos origines vers le nord-ouest du continent africain, alors que les fossiles les plus anciens trouvés jusqu’alors provenaient d’Afrique du Sud et de l’Est.

«L’Afrique du Nord a longtemps été négligée dans les débats entourant les origines de notre espèce. Les découvertes spectaculaires de Jebel Irhoud démontrent en fait les connexions étroites entre le Maghreb et le reste du continent africain à l’époque de l’émergence d’Homo sapiens», déclare Abdelouahed Ben-Nacer. Il faut préciser qu’à cette époque le continent est complètement vert, le Sahara est absent, et il n’existe encore aucune frontière géologique du nord au sud ou de l’est à l’ouest.

L’homme moderne est-il marocain? La réponse est plus complexe selon les chercheurs. Car, si l’ensemble des données génétiques sur les populations actuelles, comme les trouvailles paléontologiques, désignent sans ambiguïté l’Afrique comme le continent d’origine de notre espèce, Homo sapiens, une majorité des spécialistes considérait, jusqu’à aujourd’hui, que tous les hommes actuels descendaient d’une population qui vivait en Afrique de l’Est.

Or, des représentants de cette première phase évolutive sont présents en divers points du continent, à Jebel Irhoud, Maroc (300.000 ans), à Florisbad, Afrique du Sud (260.000 ans), et à Omo Kibish, Ethiopie (195.000 ans). L’origine de notre espèce résulte donc d’un scénario complexe qui implique sans doute l’ensemble de l’Afrique.

Physiquement, l’homme de Jebel Irhoud, pourrait presque passer inaperçu dans notre ère. Il possède déjà une face et une denture d’allure moderne, une boîte crânienne de grande taille, mais avec une forme oblongue et par certains aspects archaïque. Le Pr. Hublin et son équipe ont utilisé les techniques les plus avancées de la tomographie informatisée et de l’analyse statistique de forme sur des centaines de mesures tridimensionnelles pour montrer que la morphologie faciale des fossiles de Jebel Irhoud est presque indiscernable de celle des hommes actuels.

Des restes d’animaux chassés, parmi lesquels des gazelles, des outils de pierre appartenant au «Middle Stone Age», fabriqués avec du silex de bonne qualité importé dans le site, ont également été découverts. Une industrie similaire est également connue dans d’autres régions d’Afrique vers la même époque. Les innovations techniques  caractérisant cette période ont sans doute favorisé la dispersion de l’espèce à travers toute l’Afrique il y a environ 300.000 ans, résultat de changements à la fois biologiques et comportementaux, avancent les auteurs de l’étude.

 

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