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Economie

Chômage: El Othmani évite de s’engager

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5042 Le 09/06/2017 | Partager
Aucune annonce de créations d’emplois prévus durant ce mandat
La stratégie nationale, élaborée par l’équipe sortante, sera activée
Refonte des programmes d’insertion et d’intermédiation
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En dépit de l’importance du sujet de la lutte contre le chômage et de la redynamisation du marché de l’emploi, Saâdeddine El Othmani a fait son intervention dans un hémicycle quasi vide. Ce qui en dit long sur la mobilisation politique autour de ce dossier (Ph. Bziouat)

Après sa première sortie devant les députés, c’était le grand oral pour Saâdeddine El Othmani à la Chambre des conseillers, mercredi dernier. Il a été interpellé sur «l’efficience des politiques d’emploi». Un véritable casse-tête, au moment où la courbe du chômage poursuit sa hausse.

En face, les besoins sont énormes. Près de 400.000 personnes se retrouvent dans une situation d’inactivité à cause de la déperdition scolaire, comme l’a rappelé Abdelilah Hifdi, chef du groupe de la CGEM à la 2e Chambre. Au total, plus de 700.000 jeunes sont à la recherche d’emploi chaque année, a-t-il dit. Sans oublier le grave problème des NEET (ou ni-ni) que L’Economiste a régulièrement dénoncé.

Le HCP estime à 1,7 million ces personnes qui ne sont ni à l’école, ni en emploi, ni en formation. Les politiques publiques adoptées ces dernières années n’ont pas réussi à doper l’employabilité des jeunes. Le chef du gouvernement a reconnu les enjeux que pose la nécessité de donner un coup de fouet à la dynamique du marché du travail. D’abord, «au niveau de l’offre, à travers la nécessité de réaliser des taux de croissance à même d’absorber les nouvelles demandes de travail», a estimé El Othmani.

Or, jusqu’à maintenant, «les taux réalisés ne permettent pas de faire un bond en matière de réduction du chômage», selon lui. Parallèlement, plusieurs rapports ont mis à nu le faible contenu en emplois de la croissance au Maroc. «Le chômage est une véritable bombe à retardement, menaçant le pays», a averti, pour sa part, Aziz Benazzouz, chef du groupe parlementaire du PAM à la 2e Chambre.

Au niveau de l’offre d’emplois, El Othmani a pointé une série de défaillances, dont l’inadéquation des diplômes avec les besoins réels des entreprises, la faiblesse de la gouvernance du marché du travail, notamment en matière d’intermédiation. Les programmes lancés durant les années précédentes ont montré leurs limites, selon plusieurs conseillers. Le groupe du PAM a critiqué l’échec des plans d’insertion comme Idmaj, Taehil et Moukawalati. «Certains se sont retrouvés en prison à cause de ces programmes», a déploré Benazzouz.

Face à l’ampleur des attentes, El Othmani s’est contenté de promettre «d’activer la stratégie nationale de l’emploi 2025». Celle-ci, préparée par le gouvernement sortant, elle sera «peaufinée et actualisée», selon le chef du gouvernement. Une commission interministérielle sera chargée du suivi de sa mise en œuvre. El Othmani a également promis de mettre en place un système d’information offrant toutes les données disponibles sur la situation du marché de l’emploi.

Les programmes d’insertion et les mécanismes d’intermédiation, très critiqués, feront aussi l’objet d’une refonte. Sur le dossier de la révision du code du travail, le chef du gouvernement s’est montré peu convaincant. Après l’avoir annoncé comme étant l’une des mesures pour redynamiser le marché du travail, El Othmani a fait preuve d’hésitation lors du débat. Craignant une levée de boucliers, il a justifié cette annonce par la volonté des syndicats «qui avaient proposé de réviser le code lors de notre première rencontre».

Développement rural

C’est l’un des sujets ayant suscité une grande tension au sein de la majorité sortante. Le programme national de développement du monde rural, doté de 50 milliards de DH, avait fait l’objet d’un bras de fer entre le PJD et le RNI. Aujourd’hui, Saâdeddine El Othmani plaide pour «une nouvelle approche» pour le développement de ces territoires enclavés. Plus de 20.800 projets seront lancés dans le cadre de ce programme au profit de 12 millions de citoyens. Des plans d’action ont été élaborés au niveau régional pour résorber les différences territoriales et sociales dans le monde rural. Ces documents sont actuellement en cours d’examen au niveau central, comme l’a indiqué le chef du gouvernement. Durant l’année en cours, les projets ayant déjà fait l’objet d’études connaîtront le démarrage des travaux. Un programme 2018-2022 sera aussi préparé durant les prochains mois, en prenant en considération les capacités de financement et d’exécution.

 

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