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Les biologistes médicaux veulent de nouveaux tarifs

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5042 Le 09/06/2017 | Partager
Un projet de nomenclature actualisée déposé au ministère de la Santé
Ils lorgnent aussi des partenariats avec les hôpitaux publics
Les laboratoires d’analyses médicales pullulent sans logique sanitaire!
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Le projet de nomenclature a été élaboré en fonction de plusieurs paramètres (progrès scientifiques, prix des réactifs, marché…). Le document prévoit des hausses de tarif, mais également des révisions à la baisse (Ph. Bziouat)

Dans le secteur des analyses médicales, tout n’est pas parfait. De nombreuses contraintes restent encore à lever. Pour les biologistes médicaux, la première est celle des tarifs. La nomenclature des prix, fixée par un arrêté, contient certains tarifs datant des années 70. Comme celui relatif à la tuberculose, plafonné à 50 DH.

Le test actuel se base sur une technique de diagnostic vieille de 40 ans, reposant sur une méthode de coloration et utilisant des produits hautement toxiques. Elle nécessite une période de culture bactérienne allant de 6 à 8 semaines, pour un résultat peu fiable. Aujourd’hui, de nouvelles méthodes permettent de diagnostiquer la maladie dans un délai entre 24 et 72 heures, pour une fiabilité proche de 100%.

En partenariat avec les acteurs du secteur, dont l’Ordre des biologistes, la Chambre syndicale des biologistes, le Syndicat régional de Rabat, l’Association marocaine de biologie médicale (AMBM), le Collège marocain de biologie, des professeurs de médecine et de pharmacie… le SBM du Grand Casablanca a travaillé pendant 18 mois sur le projet d’une nomenclature actualisée. Le document a été présenté par l’Ordre au ministère de la Santé il y a de cela un an.

Si des tarifs y ont été revus à la hausse, tels que celui de la tuberculose, dont le prix proposé se situe entre 700 et 800 DH (132 euros en France), d’autres ont été revus à la baisse. Le prix du marqueur tumoral a, par exemple, été ramené de 400 à 300 DH.

La tutelle ne s’est pas encore prononcée. En attendant, les laboratoires casablancais, dans un souci de transparence, ont décidé d’afficher l’ensemble des tarifs dans leurs locaux. Autre contrainte, celle de l’absence d’une carte sanitaire. L’ouverture de nouveaux laboratoires d’analyses répond à des impératifs purement économiques.

Certaines régions se retrouvent ainsi «surpeuplées» de laboratoires (l’axe Casablanca-Rabat), tandis que d’autres en manquent terriblement. «Dans la préfecture de Hay Hassani-Oulfa à Casablanca, par exemple, 5 nouveaux laboratoires ont ouvert leurs portes en une année. Cela n’apporte rien à la population. Au contraire, cela crée un environnement malsain», fustige Saïd El Hafiane, président du Syndicat des biologistes médicaux (SBM) du Grand Casablanca. «Aujourd’hui, nous travaillons à 30% en dessous de nos capacités, alors que d’autres régions ne sont même pas couvertes. Nous avons besoin d’un chaînage, à l’instar des pharmaciens», poursuit-il.

Contrairement aux cabinets médicaux, les laboratoires d’analyses opèrent des investissements plus ou moins lourds en matériel. En mutualisant leurs moyens dans le cadre de plateaux techniques partagés, ils pourraient réaliser des économies considérables et gagner en efficacité. En France, par exemple, les membres d’une profession libérale peuvent s’organiser en Société civile de moyens (SCM), et bénéficier d’une fiscalité adaptée. Au Maroc, ce n’est pas encore le cas, au grand regret des laboratoires. C’est là un autre frein pour les opérateurs. Mais ils souhaitent tout de même aller de l’avant. 

Les professionnels ambitionnent, par exemple, de nouer des partenariats avec les hôpitaux publics, en accueillant leurs patients pour des analyses, notamment ceux souffrant de maladies chroniques. Ce qui permettrait d’alléger la pression sur les hôpitaux. Ou encore, de participer à des campagnes de dépistage de diverses maladies.

Afin de mieux structurer la profession, les biologistes médicaux tentent de s’organiser en syndicats régionaux. Deux ont vu le jour à Casablanca et Rabat. D’autres sont prévus, mais l’initiative semble compliquée. Le syndicat de Marrakech, en projet depuis 2013, n’a toujours pas vu le jour.

Côté ressources humaines, un projet pilote de formation de techniciens de laboratoire, premier du genre, a été lancé à Casablanca. Une licence professionnelle a été élaborée en partenariat avec la faculté des sciences de Aïn Chock.

Les fournisseurs bientôt notés?

Les importateurs de matériel médical bénéficient souvent d’une exclusivité sur le Maroc. «Certains se permettent ainsi de pratiquer des prix trop élevés, parfois 50% plus chers qu’ailleurs. Cette situation est difficilement supportable, surtout que nous n’avons pas le droit d’importer directement du matériel ou des produits», décrie Saïd El Hafiane. Le Syndicat des biologistes médicaux du Grand Casablanca prévoit de répertorier les fournisseurs et de les noter. Cela permettra d’en identifier les plus «sérieux» et de limiter les abus.

 

 

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