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Analyse

Rose à parfum: Une filière juteuse qui peine à décoller

Par Sabrina BELHOUARI | Edition N°:5042 Le 09/06/2017 | Partager
La rose marocaine très prisée pour sa culture biologique
Qualité, volume et prix: principaux défis de la filière
Appâtés par le gain, les fraudeurs nuisent au nom et à l’image de la rose de M’Gouna
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Le prix des pétales de roses fraîches a plus que doublé en à peine 6 ans et est passé de 9 DH le kilo à 20 DH, voire 22 DH le kg selon la demande du marché

La rose à parfum de Kelaât Mgouna est un produit du terroir représentant une grande richesse pour la population de la vallée de Dadès, son territoire d’origine. La rose de M’Gouna jouit en effet d’une excellente réputation, aussi bien au niveau national pour son eau de rose et ses produits dérivés qu’au niveau international pour son huile essentielle ou sa concrète.

Les grandes maisons de parfumerie et de cosmétique dans le monde utilisent l’huile essentielle et la concrète de la rose dans la composition de leurs produits pour leurs facultés chimiques et olfactives particulières. Une forte demande sur ces produits sur le marché international fait que les prix sont très importants.

L’huile essentielle de la rose se vend de 5.000 à 7.000 euros le kilo, alors que la concrète peut aller jusqu’à 1.600 euros le kilo. L’eau de rose, qui est un résidu de l’extraction de l’huile essentielle de rose et non un produit, est très prisée dans la cosmétique et est également très rentable. Le litre se vend aujourd’hui sur le marché national entre 100 et 120 DH, sachant qu’un kilo de pétales de roses peut produire de 1 à 2,5 litres.

Mieux encore, le prix des pétales de roses fraîches a plus que doublé en à peine 6 ans et est passé de 9 DH le kilo à 20 DH, voire 22 DH le kg selon la demande du marché. Néanmoins, malgré ces opportunités économiques prometteuses, les réalités sur le terrain entravent le décollage de cette filière et retardent la modernisation du secteur. La première contrainte vient du facteur humain.

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La culture du rosier à parfum occupe environ 3.250 km, soit 800 ha, et 15% de la superficie agricole utile et est déployée sous forme de haies ou clôtures limitant les parcelles agricoles ou le long des séguias, à l’exception de 30 ha cultivés de façon moderne, soit 4% de la superficie agricole utile

La méconnaissance de la valeur de la rose comme produit du terroir maintient des pratiques qui ne sont pas en faveur de la qualité et de l’image du produit. La négligence des règles de bonne pratique touche toute la chaîne de production, de la cueillette jusqu’à la transformation. ’autre contrainte vient de la culture même du rosier dans la vallée.

En effet, il est important de rappeler qu’au départ, la présence des rosiers dans la vallée de Dadès était surtout destinée à séparer et protéger les parcelles agricoles des céréales et produits maraîchers. Ce qui explique pourquoi aujourd’hui les plants de rosiers sont disposés en linéaire sous formes de haies ou de clôtures, et non en vergers proprement dits. «La rose ne bénéficie donc d’aucune attention particulière, ni pour l’irrigation ni pour l’entretien de la plante.

Chose qui n’est peut-être pas aussi négative qu’on peut le croire, puisque ceci a permis à la rose de M’Gouna de rester un produit 100% issu de la culture biologique», assure Jalal Charaf, président de la Fédération interprofessionnelle marocaine de la rose (FIMAROSE).

L’intérêt pour la filière et sa mise à niveau n’ont donc commencé qu’en 2011 dans le cadre du pilier II du plan Maroc Vert. Des actions ont été entreprises dans l’objectif d’apporter quelques améliorations sur la culture de la rose à parfum dans la vallée de Dadès et enclencher ainsi une réelle stratégie pour cette filière. Le projet de développement de la rose à parfum, chapeauté par l’Office régional de mise en valeur agricole de Ouarzazate (ORMVAO), a été réalisé de 2011 à 2016.

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Les fluctuations de la production des roses n’ont aucunement impacté l’évolution du CA de la filière, qui a dépassé l’objectif du contrat-programme. Ces fluctuations de la production de la rose sont dues essentiellement à celles des conditions climatiques, notamment les gelées printanières qui affectent fortement la production de la rose

Ce projet vise l’augmentation du rendement de l’activité liée à la rose, permettant d’améliorer le revenu des agriculteurs pour passer de 4.000 DH à un peu plus de 10.000 DH. La valeur ajoutée du secteur est ainsi passée de 28 à 68 millions de DH, soit une augmentation de 143%. Avec un budget total de 52,4 millions de DH, les composantes du projet ont d’abord concerné l’extension sur 100 ha des superficies cultivant la rose sur les 400 prévus.

En outre, le projet a visé la réhabilitation des plants existants sur 800 ha et l’aménagement des seguias sur 4,2 km, ainsi que la construction de la maison de la rose qui en est à 85% de sa réalisation. «Concernant l’équipement, 7 unités de distillation d’une capacité de 7.000 litres ont été mises en place au profit des coopératives et associations locales, et 5 ont été acquises, avec un appui technique de la part de l’Office», explique Salah Aghezzaf, de l’ORMVA de Ouarzazate.

En parallèle à ce projet, et avec la création de la Fédération interprofessionnelle marocaine de la rose en 2012, un contrat- programme a été signé avec l’Etat pour un montant de 100 millions de DH s’étalent sur la période 2012-2020, dont 83 millions portés par l’Etat et 17 millions par la profession.

Ce contrat-programme vise l’augmentation de la superficie plantée en rosiers, le volume de production des pétales de roses et celui du marché de l’eau de rose naturelle. Si le rôle socio-économique, touristique et culturel de la rose à parfum de Kelaat M’Gouna est indéniable pour cette région du Maroc, sa professionnalisation reste primordiale pour que la richesse générée soit équitable pour tous, en particulier pour les femmes cueilleuses.

Le marché international

Le marché international des produits de la rose,  à savoir la rose sèche et l’eau de rose, est très faible comparé à celui des huiles essentielles et de la concrète de rose, qui restent les produits les plus générateurs de valeur ajoutée. A travers le monde, c’est la Rosa damascena ou la Rose de Damas, qui est l’espèce la plus utilisée pour la production des huiles essentielles. Les principaux marchés de consommation sont l’Europe, le Japon et l’Amérique du Nord. La Bulgarie et la Turquie sont considérées comme les principaux pays producteurs mondiaux de cette huile, avec plus de 80% de la production mondiale.
Le reste de la production est fournie par l’Iran, le Mexique, la France, l’Italie, le Liban, le Maroc, l’Inde, la Russie et la Chine et plus récemment l’Afghanistan, l’Arabie saoudite et l’Egypte.

 

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