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    International

    Accord de Paris sur le climat Retrait des Etats-Unis et après?

    Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5038 Le 05/06/2017 | Partager
    Avec ou sans Trump, la lutte continue
    Un pays souhaitant dénoncer le texte doit patienter trois ans
    L’inquiétude est réelle concernant les financements
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    Le retrait des Etats-Unis de l’accord de Paris ne serait pas si dramatique qu’on ne le pense. Pour de nombreux experts qui misent sur l'émergence d'un leadership UE-Chine: «un retrait d’un pays vaut mieux qu’un mauvais élève à la table des négociations». Toutefois, l'inquiétude est grande concernant les financements.

    A la fois pour la Convention climat de l'ONU (23% du budget apportés par les Américains) et l'aide internationale aux pays les plus pauvres, à l'instar du Fonds vert pour le climat. Affichant sa volonté de négocier un «nouvel accord» ou de renégocier l'accord existant, Donald Trump est resté extrêmement évasif sur les engagements que son pays serait prêt à prendre. Aux Etats-Unis, de nombreuses figures du monde économique et des affaires ont fait part de leur déception et ont insisté sur l'urgence d'agir face au réchauffement. Juridiquement, le retrait de l’accord est beaucoup plus compliqué.

    ■ Un long chemin à parcourir: Donald Trump devrait invoquer l'article 28 de l'accord de Paris, qui permet aux signataires d'en sortir. Pour se retirer de l'accord, un pays doit le notifier par écrit au secrétariat de la Convention-cadre climat de l'ONU (CCNUCC), mais il ne peut le faire que trois ans après l'entrée en vigueur du texte, effective depuis le 4 novembre 2016. Ensuite, il y a un préavis d'un an avant de pouvoir réellement sortir de l'accord.

    Donald Trump ne pourra donc dénoncer officiellement le texte qu'à partir du 4 novembre 2019 et la décision s'appliquera au mieux le 4 novembre 2020. Or, la veille, le mardi 3 novembre 2020, aura eu lieu la prochaine élection présidentielle américaine. Dans l'hypothèse où celle-ci serait remportée par un candidat pro-climat, ce retrait pourrait être remis en cause et ne jamais entrer en vigueur.

    ■ Pour aller plus vite: Un pays peut se retirer de la Convention-cadre climat de l'ONU (qui compte 196 Etats membres): cela prend un an. Mais Donald Trump n'en a pas fait mention dans son discours de jeudi 1 juin, évoquant même une «renégociation» de l'accord, ce qui implique son maintien dans la Convention.

    Pour le Centre interprofessionnel technique d'études de la pollution atmosphérique (Citepa): «Les Etats-Unis se retireront de l'accord de Paris mais ils démarreront des négociations, soit pour le réintégrer, soit pour intégrer un tout autre cadre, dans des conditions qui soient équitables pour le pays». Trump n'a pas pour autant précisé les modalités qu'il a choisies pour en sortir. Ceci dit il y a bien des procédures à respecter avant de suspendre l'application d’un accord, sinon ce serait une violation du droit international. A noter que deux pays ne font pas partie de l'accord à savoir la Syrie et le Nicaragua.

    ■ Impact environnemental: D’après le Centre interprofessionnel technique d'études de la pollution atmosphérique: «Ce retrait ramènera la part des émissions mondiales de GES couvertes par les Parties ayant ratifié de 83,59% (au 1er juin 2017) à 65,7%, les Etats-Unis représentant 17,89%, deuxième pays émetteur après la Chine (selon les données d'émission officielles de la CCNUCC). 

    D’ailleurs, le Secrétariat de la Convention-cadre climat de l'ONU a réagi à cette annonce, en disant qu'il est «prêt à engager un dialogue avec l’administration américaine concernant les conséquences». Tout en soulignant que «le texte ne peut pas être renégocié sur la base d'une demande en ce sens par une seule partie».

    Salaheddine Mezouar déçu!

    Le président de la COP22, Salaheddine Mezouar, a exprimé via communiqué sa déception suite à la décision de retrait des Etats-Unis de l'Accord de Paris sur le climat. Les efforts collectifs de lutte contre le changement climatique doivent se poursuivre et notamment pour la mise en œuvre de l’accord, confirmé dans la proclamation de Marrakech (COP22). «Les nations du monde, les acteurs étatiques et non étatiques, gouvernements, société civile, entreprises, ONG, villes, ou universités, sont déjà pleinement engagés dans la transition vers un futur propre et durable, riche en emplois et en opportunités économiques, tout en étant respectueux de l’environnement», a affirmé. Plus de 6 mois après la tenue de la COP22 à Marrakech, le Maroc maintient la mobilisation (cf. notre édition N°5033 du 29/05/2017). A ce jour, 147 Etats ont ratifié l’accord de Paris, dont 36 pays après la clôture du sommet de Marrakech. L’objectif fixé par Rabat est de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 42% à l’horizon 2030.

     

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