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Politique

Coopération Sud-Sud: L’impulsion par les parlements

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5031 Le 25/05/2017 | Partager
Les conseillers veulent accompagner le redéploiement de la diplomatie officielle en Amérique latine
Objectif: Elaborer un nouveau modèle de partenariat
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Le Souverain a donné un nouvel élan au partenariat intra-africain. Celui-ci concerne de nouveaux domaines comme l’adaptation aux changements climatiques (sur la photo le sommet africain en marge de la COP22). Une orientation pour la renaissance de l’Afrique, portée  par une nouvelle génération de dirigeants pragmatiques, libérés des complexes idéologiques dépassés (Ph. Mosaïk)

La diplomatie parlementaire se réveille. Elle veut conquérir les continents d’Afrique et d’Amérique latine où elle n’est pas très active. C’est dans ce sens que la Chambre des conseillers a organisé, conjointement avec la Fondation Gabriel Garcia Marquez du Maroc, un séminaire sur le modèle de coopération Sud-Sud, dans le cadre des relations entre les deux continents.

Visiblement, cette initiative s’inscrit dans le sillage du redéploiement de la diplomatie marocaine en Amérique centrale et du Sud, conformément aux orientations royales. Il s’agit surtout de s’inspirer de l’exploit royal à l’origine de la réouverture des relations diplomatiques du Maroc avec Cuba, réalisée en marge d’une visite privée dernièrement à La Havane. Après ce pays, connu historiquement comme soutien de l’Algérie et du Polisario, Rabat est invitée à se rapprocher d’autres pays avec lesquels elle n’entretient pas de coopération. C’est le cas du Nicaragua ainsi que d’autres contrées en Amérique centrale et du Sud.

En tout cas, le président de la Chambre des conseillers Abdelhakim Benchamach n’a pas pu assister à cette journée d’études. Il a été appelé à se déplacer à Fès pour participer à une activité royale. C’est donc son vice-président Abdessamad Kayouh, ancien ministre, qui l’a remplacé au pied levé. Pour lui, l’objectif de cette journée d’études est d’explorer les relations Afrique-Amérique latine en vue d’élaborer un modèle de coopération Sud-Sud.

La contribution de cette fondation vient de la conviction de l’importance de la participation des acteurs non gouvernementaux dans le renforcement du dialogue et du rapprochement des points de vue sur les aspirations et les intérêts des populations dans le développement de leurs continents. Cette croyance partagée au sein de la Chambre des conseillers vient des relations entretenues avec les parlements des deux continents au cours des deux dernières années.

«Nous sommes dans l’obligation d’investir dans la construction d’une confiance en soi et de nos capacités collectives à dessiner un avenir commun», a souligné le vice-président de la Chambre des conseillers, qui était accompagné par le président du Sénat du Rwanda, l’ancien Premier ministre Bernard Makuza.

Selon lui, plus que par le passé, il s’agit aujourd’hui de construire des partenariats sur la base d’une coopération Sud-Sud et lancer des dynamiques de projets intégrés pour garantir une vie sociale prospère, renforcer la démocratie des systèmes politiques et impliquer les citoyens dans la prise de décisions liées à la paix, la sécurité et la liberté. Pour donner plus de relief à cet argumentaire, le discours royal du 17 mars dernier à l’occasion du Crans Montana a été appelé à la rescousse. Pour le Souverain, la réalisation de la renaissance de l’Afrique est liée au degré de confiance en soi et de la croyance dans les potentialités et les compétences  en vue d’une meilleure exploitation.

Ces défis seront relevés d’autant que l’Afrique aujourd’hui est gérée par une nouvelle génération de dirigeants pragmatiques, libérés des complexes idéologiques dépassés. Une orientation que le Maroc applique sur le terrain. Les différentes tournées royales se sont soldées par le lancement de projets concrets. Par exemple, le gazoduc devant relier le Nigeria au Maroc, en passant par plusieurs pays de l’Afrique de l’Ouest, permettra de favoriser une plus grande intégration régionale.

D’autres projets sont lancés, notamment dans les domaines des infrastructures, du raccordement au réseau d’électricité, de construction de logements… Un modèle de coopération Sud-Sud, basé sur une approche win-win, qui pourrait être dupliqué avec les pays de l’Amérique latine.

L’effort de la diplomatie parlementaire s’inscrit dans cette logique. Cela permettra de baliser le terrain aux autres aspects de conquête de ce continent, notamment en favorisant une meilleure connaissance mutuelle. Cela est décisif, particulièrement pour des pays, historiquement plus sensibles à la propagande du Polisario et de son appui algérien.

Dépoussiérer le cadre institutionnel

Comme le doyen des ambassadeurs, le centre-africain a été absent, c’est son collègue du Cameroun qui a représenté le groupe africain. Pour lui, les liens entre l’Afrique et l’Amérique latine sont tellement forts et anciens qu’ils ne pourront jamais couper le cordon ombilical. L’apport des pays d’Amérique latine a été décisif au cours des différentes luttes pour les indépendances.

«Ils sont venus au secours des Africains notamment au Congo, en Angola et au Mozambique pour les aider à se libérer du joug colonial. Che Guevara avait même vécu au Congo. Après les indépendances, des relations diplomatiques ont été ouvertes avec ces pays», a rappelé l’ambassadeur du Cameroun. Ce dernier a cité le sommet Afrique-Amérique latine, tenu en marge de la COP22.

Pour lui, cette journée d’études a pour objectif de «dépoussiérer le cadre institutionnel posé par les chefs d’Etat et explorer des relations parlementaires vers plus de pragmatisme». Il s’agit d’impulser le développement économique et social attendu par les peuples. «Je fais le vœu que la rencontre aboutisse à de nouvelles idées à soumettre aux gouvernements en vue d’orienter la coopération Afrique-Amérique latine vers de nouveaux horizons. Nous disposons de richesses qui doivent être mises en valeur par nous-mêmes dans le cadre de la coopération Sud-Sud», a-t-il dit.

Un nouvel élan en Amérique latine

La visite royale à Cuba marque une nouvelle étape dans la stratégie d’ouverture du Maroc. Après avoir conquis de nouveaux pays, traditionnellement acquis à l’Algérie et au Polisario, Rabat a ouvert un nouveau front en Amérique latine. La Havane ayant constitué, durant de longues années, l’un des plus grands soutiens du mouvement séparatiste. Aujourd’hui, l’idée est de renforcer la présence marocaine dans cette zone, pour favoriser une meilleure connaissance mutuelle.

Un premier pas a été franchi avec la relance des relations diplomatiques entre les deux pays, après plusieurs années de rupture. Des efforts supplémentaires restent à mener dans d’autres pays de la région, notamment le Venezuela, avec lequel la tension est montée, lors de l’examen du rapport du secrétaire général de l’ONU sur le Sahara ces dernières semaines. L’objectif est de contrer la propagande des adversaires du Maroc et d’axer le partenariat sur des projets concrets, selon le modèle qui a fait ses preuves en Afrique.

 

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