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Politique

Anti-corruption: El Othmani veut faire du neuf avec du vieux

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5030 Le 24/05/2017 | Partager
Il se contente d’appliquer la stratégie annoncée par l’équipe sortante en 2015
Le décret relatif à la Commission nationale de lutte contre la corruption adopté dans 15 jours
La réforme du code pénal permettra de «durcir le contrôle et la répression»
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Au moment où des ONG comme Transparency international tirent la sonnette d’alarme pour mettre en garde contre «l’installation d’une corruption endémique» au Maroc, Saâdeddine El Othmani s’est contenté d’annoncer l’application d’une stratégie réchauffée, élaborée par le gouvernement sortant, dont les axes se limitent à des slogans vagues .
 

Pour sa première séance mensuelle des questions de politiques publiques, Saâdeddine El Othmani a été interpellé par les députés sur l’épineux dossier de moralisation de la vie publique. Le chef du gouvernement a reconnu l’échec des initiatives lancées jusqu’ici. Celles-ci n’ont pas réussi à venir à bout de la prévarication et de la corruption qui gangrènent plusieurs secteurs. Pour lui, cela est dû au «caractère complexe de ce dossier, qui nécessite l’implication des différentes parties prenantes». Les réponses des gouvernements successifs étaient aussi limitées, selon lui, à cause de «la mise en place de programme à court terme, en l’absence d’une stratégie globale». El Othmani, dont le parti a fait de la lutte contre la corruption l’un des principaux slogans de sa campagne électorale, s’est montré peu convainquant. Au moment où les députés et les citoyens s’attendaient à de grandes annonces, relatives à des mesures d’urgence permettant d’atténuer les effets négatifs de ce phénomène, le chef du gouvernement a opté pour du «réchauffé». Son plan d’attaque: mettre en œuvre la stratégie préparée par le gouvernement sortant, présentée en 2015. Cette stratégie a été critiquée pour son caractère vague, se contentant d’énumérer une série d’axes, avec 239 projets, dont le financement nécessite la mobilisation de plusieurs millions de dirhams. Pour El Othmani, «cette stratégie permettra d’ouvrir une nouvelle page dans la lutte contre la prévarication, car elle est basée sur une vision à moyen terme, sur 10 ans, contrairement aux plans précédents qui se limitaient à 3 ans».

Difficile de venir à bout d’un dysfonctionnement pointé par les différents rapports des organisations internationales, des ONG… Transparency international a mis en garde, au cours de cette année, contre les risques auxquels s’expose le Maroc à cause de l’installation d’une «corruption endémique». Surtout lorsque cette stratégie se contente de slogans vagues, comme «la bonne gouvernance, la prévention, la sensibilisation…». L’une des rares annonces du chef du gouvernement, lors de cette séance plénière à la Chambre des représentants, concerne l’activation de la Commission nationale de lutte contre la corruption. «Son décret sera approuvé dans deux semaines. Elle sera opérationnelle dès son adoption». Il a également promis d’élargir les services du numéro vert de dénonciation des cas de corruption. Durant la 1re année de sa mise en marche, il a permis d’identifier 29 personnes impliquées dans ce genre d’affaires. Il s’est aussi engagé à renforcer l’interaction avec les instances de gouvernance et de lutte contre la corruption. Or, l’ICPC, dont la nouvelle configuration a été consacrée par la Constitution, est encore en stand-by. Elle s’est transformée en coquille vide, en l’absence d’une nouvelle équipe aux commandes. Son ex-président, Abdeslam Aboudrar, a été nommé ambassadeur au Royaume-Uni.
Saâdeddine El Othmani a aussi insisté sur l’importance de certains projets de loi, actuellement en examen au Parlement, dans le processus de moralisation de la vie publique. Il a fait référence au texte sur le droit d’accès à l’information. Or, il s’agit d’un projet contesté, notamment à cause de la multiplication des restrictions qui vident ce texte de sa substance (cf. www.leconomiste.com). Autre projet de loi décisif, selon le chef du gouvernement: la réforme du code pénal, en conformité avec les recommandations des instances internationales. «La nouvelle version devra permettre le durcissement du contrôle et la répression de la corruption dans le privé, de la fraude dans les marchés publics…».

Digitalisation des procédures

Au niveau de la réforme de l’administration, «indispensable dans ce processus de moralisation», El Othmani a insisté sur l’importance de la digitalisation des procédures. Une mesure qui permettra, selon lui, de limiter les cas de corruption. Parmi les projets prévus, «la mise en place d’un process permettant un accès unifié des administrations aux dossiers de CIN, de fiches anthropométriques. Ce qui réduira considérablement les documents pour constituer des dossiers administratifs». Il a annoncé l’existence d’un consensus autour de ce projet. «Les questions techniques seront examinées prochainement pour accélérer son opérationnalisation», a-t-il dit. 

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