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Culture

Roxane Daumas explore les territoires en flottement

Par Stéphanie JACOB | Edition N°:5029 Le 23/05/2017 | Partager
Résidente à Jardin Rouge
L’artiste croque les architectures inachevées
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Un hôtel en construction, qui semble un peu perdu, dans les environs de Marrakech, a inspiré Roxane Daumas. De ses photos, elle réalise au crayon des toiles et dessins d’une savante minutie (Ph. Olivier Monge/Myop)

Elle joue avec les ombres. En résidence à Jardin Rouge, soutenue par la Fondation Montresso, la Marseillaise Roxane Daumas est venue croquer les architectures inachevées de Marrakech. C’est avec son appareil photo que l’aventure commence. Elle shoote d’abord ces squelettes d’immeubles qui pullulent dans la région de Calabre en Italie, avant de continuer la route en Croatie et aujourd’hui au Maroc.

«Ce qui m’a frappée, c’est qu’en regardant ces travaux inachevés en Italie et au Maroc, on sent la différence de territoire». De retour à l’atelier, elle passe au dessin à la pierre noire, inspirée par ses images. Arrive alors la noirceur, qui révèle des lignes et suggère des intentions avortées qui s’engouffrent dans la profondeur de l’obscurité. Son travail projette ici le vide et l’absence d’aboutissement. «L’architecture m’a toujours fascinée», explique-t-elle.

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Formée aux Beaux-Arts d’Aix en Provence, Roxane Daumas travaille actuellement sur les architectures inachevées (Ph. Olivier Monge/Myop)

«J’ai beaucoup travaillé sur les non-lieux dans les espaces fonctionnels par exemple. Cette pensée fonctionnelle des lieux, qui fait que les hôpitaux ou les écoles sont imaginés sur les mêmes principes et les mêmes schémas. Sur la similitude des espaces publics, des trente glorieuses aussi et des extensions de villes, que ce soit à Paris ou à Marseille, avec les mêmes codes de construction».

Résultat, cette facture très réaliste du dessin qui se pose sur des aplats, où seule la lumière compte, donne à son travail un aspect irréaliste. Alors que pour les grands formats, le spectateur entre dans une minutie de détails. «Ici, je peux aller encore beaucoup plus loin qu’avec la photographie. Tous les noirs sont amplifiés, tout comme les contrastes». Le dessin est une passion, qui est restée quelques années en sommeil, avant de s’imposer de nouveau à elle. Notons que toute petite, Roxane dessinait Modigliani et Egon Schiele. Pas banal.

Ses «Architectures inachevées» s’inscrivent dans la lignée d’une recherche plastique sur les territoires en flottement. Un projet destiné à se développer ailleurs, dans d’autres paysages. Rongés par le temps, stigmates d’une époque de spéculation immobilière déraisonnée, ces squelettes bétonnés deviennent les temples, les témoins, le paradigme de nos incohérences contemporaines.

 

 

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