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Economie

Mémorandum de la Banque mondiale: L’intégration économique en panne

Par Hassan EL ARIF | Edition N°:5023 Le 15/05/2017 | Partager
Le Maroc recule dans le commerce international par rapport à ses concurrents
Faible contenu technologique des exportations, coûts de production élevés, logistique…
Le rapport officiellement présenté aujourd’hui
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Les équipes de la Banque mondiale présentent officiellement ce lundi 15 mai les conclusions de leur rapport «Le Maroc à l’horizon 2040: capital immatériel et les voies de l’émergence économique» à Rabat. L’Economiste avait publié en exclusivité les grandes lignes du rapport dans l’édition n°5008 du 21 avril 2017. Eco-Médias est associé au lancement officiel du mémorandum de la Banque mondiale.

L’événement sera marqué par les interventions notamment de Saâdeddine El Othmani, chef du gouvernement, Miriem Bensalah Chaqroun, présidente de la CGEM, Marie-Françoise Marie-Nelly, directrice pays de la Banque mondiale, Jean-Pierre Chauffour, économiste et auteur principal du rapport… Parmi les nombreuses thématiques traitées dans le document figure la faible intégration du Maroc au commerce mondial.

Ainsi, et bien qu’il ait ouvert son économie au cours des deux dernières décennies, la part du Maroc dans le commerce mondial ne cesse de reculer. Pendant ce temps, ses principaux compétiteurs voient leur part augmenter. Une contreperformance qui s’explique par le faible niveau de valorisation et de sophistication de son offre exportable.

Selon une enquête réalisée en 2014 par la CGEM, 70% des consommateurs marocains trouvent le «Made in Morocco» de qualité moyenne. C’est d’ailleurs ce qui explique que les consommateurs fassent plus confiance aux produits d’importations.
De plus, les exportations intermédiaires de haute technologie marocaines accusent un sérieux retard par rapport à la concurrence.

Le nouveau positionnement du Maroc sur de nouveaux secteurs tels que l’automobile, l’aéronautique et l’électronique reste une bonne stratégie du fait que ces secteurs présentent un potentiel de revenus plus importants que les exportations classiques. Pourtant, l’engagement du Royaume dans ces secteurs est jugé faible par la Banque mondiale.

A l’origine de la faible performance commerciale du Maroc, les coûts trop élevés des facteurs de production tels que l’énergie, des prix domestiques trop rigides ainsi que le taux de change fixe. La Banque centrale s’apprête à élargir la bande de fluctuation du dirham pour le rendre plus agile. En cause également, l’inadéquation entre les qualifications des ressources humaines et les besoins réels du marché de l’emploi.

Le prix n’est pas le point fort de la production nationale. Ainsi, une récente étude sur la compétitivité-prix de l’offre exportable, réalisée en 2014 par la CGEM, indique que le Maroc reste généralement moins compétitif par rapport aux pays comparables les plus performants. «Le différentiel de prix à l’export entre le produit marocain et le produit concurrent le plus compétitif pouvant aller de 10% à près de 100% selon les secteurs considérés», lit-on dans le rapport.

L’autre frein qui plombe la compétitivité de l’offre exportable tient aux coûts de la logistique et à sa faible efficience. L’indicateur de Doing Business (critère de la distance à la frontière hors droits de douane) montre que le Maroc a amélioré son classement par rapport à la région Mena, mais reste en dessous du niveau de performance de ses principaux concurrents, notamment d’Europe centrale et orientale. Ainsi, en 2016, sur un total de 160 pays, le Maroc s’est classé à la 86e place dans l’indice de performance logistique (Banque mondiale), en repli de 24 places par rapport à son classement moyen pendant la période 2007-2014.

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Pour diversifier son économie, le Maroc a lancé plusieurs stratégies sectorielles, qui présentent un plus gros potentiel de revenus. Sauf que le taux d’intégration reste encore faible

Bien que le Maroc dispose d’infrastructures de qualité, il reste pénalisé par une série de dysfonctionnements sur toute la chaîne des intervenants du commerce extérieur. En effet, le Royaume se classe, par exemple, 124e en termes de rendement des services douaniers alors qu’il était au 73e rang pendant la période 2007-2014. Il est 122e sur le plan du suivi et de la traçabilité des flux de marchandises.

Le manque de diversification des exportations explique également le faible arrimage du Maroc à l’économie internationale. L’analyse de l’export montre que les entreprises exportatrices ont tissé des relations stables avec leurs donneurs d’ordre. C’est une très bonne chose, mais cela a tendance à les inhiber. Elles n’osent pas s’aventurer dans la recherche de nouveaux débouchés ni le développement de nouveaux produits.

Ainsi, comme le confirme un rapport du ministère de l’Industrie et du Commerce, entre 1998 et 2014, la croissance des exportations a été essentiellement portée par la «marge intensive», c’est-à-dire les produits commercialisés sur les marchés habituellement explorés. C’est la raison pour laquelle le niveau d’innovation de l’offre exportable en termes d’entrées et de sorties des entreprises reste limité.

Une faiblesse que le gouvernement essaye de pallier à travers la création d’écosystèmes autour de l’automobile, de l’aéronautique, de l’électronique, des phosphates, du textile… Sauf que pour le moment, la valeur ajoutée locale reste faible. La Banque mondiale estime que nos entreprises sont moins en mesure de fournir les chaînes de valeur mondiale que les filiales locales des multinationales.

«La part des intrants locaux fournis aux multinationales est parmi les plus faibles d’un groupe de pays similaires», affirment les experts de la Banque mondiale. Ainsi, le taux d’intégration dans l’industrie automobile reste inférieur à 30% malgré les hypothèses de départ.

Le Maroc est encore obligé d’importer les intrants nécessaires à la construction automobile en attendant l’installation de nouveaux équipiers, capables d’approvisionner dans une première étape Renault, puis la future usine Peugeot-Citroën, dont l’entrée en service est prévue pour 2019. C’est un défi mais aussi un challenge pour l’attraction de nouveaux investisseurs. Ce qui permettra au Maroc de faire partie du club très fermé des plus grands constructeurs automobiles.

Services: Une offre à faible valeur ajoutée à l’export

Le Maroc a beaucoup misé sur l’exportation de services pour se positionner  sur l’externalisation des processus d’affaires et le marché des technologies de l’information en ciblant le marché francophone. Cependant, la part des services dans la valeur ajoutée n’a pas beaucoup évolué au cours de la dernière décennie. Preuve que le Maroc s’est plutôt cantonné dans des métiers de services peu sophistiqués. Or, dans de nombreuses chaînes de valeur internationale, la valeur ajoutée consiste en des activités intangibles situées soit en amont de la chaîne (activités de pré-production telles que la R&D de base et appliquée, la conception et la commercialisation), soit en aval de la chaîne (activités de post-production telles que le marketing, la logistique, le service après-vente…).

 

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