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    Symposium UPF/Changement climatique: Le Sud paye la facture du Nord

    Par Stéphanie JACOB | Edition N°:4998 Le 07/04/2017 | Partager
    Moins de 4% des émissions mondiales de CO2 imputables à l’Afrique
    Son empreinte écologique reste inférieure à la moyenne mondiale
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    Les Emirats arabes unis, le Qatar, le Danemark, la Belgique, les Etats-Unis, les Pays-Bas, le Canada, l’Australie, le Koweït et l’Irlande sont les pays à la plus forte empreinte écologique. Si nous vivions tous comme un Américain ou un Émirati, nous aurions besoin d’un peu plus de  4,5 planètes. L’empreinte écologique est toujours exprimée en hectares globaux (hag) par habitant (Source: WWF)

    Le prélèvement effréné des ressources naturelles menace l’Afrique. Qu’en sera-t-il lorsque la population aura doublé? Maria Snoussi, récemment élue présidente du conseil scientifique de l’IRD, l’Institut de recherche pour le développement, est venue faire le point sur la situation à l’occasion du 2e Symposium de l’Union de la presse francophone. Si sa présentation a été unanimement saluée, quelques-uns ont frissonné dans la salle quand elle a qualifié de danger le boom démographique qui se profile sur le continent.

    Appuyant son analyse sur le cas de la Chine, qui a eu un retour de croissance économique après ses mesures de contrôle des naissances. Difficile pour certains de remettre en cause le principe des familles nombreuses, «culturel en Afrique» a-t-on entendu. La pilule passe mal également quand il s’agit de payer et subir pour des dégâts liés à l’industrialisation d’autres pays, le continent n’étant responsable que d’un peu moins de 4% des émissions mondiales de CO2. Il n’empêche que tout le monde est dans le même bateau. Alors, Snoussi tempère.

    «L’Afrique est un continent d’opportunités qui, si elles sont bien gérées et durablement, pourront répondre aux besoins de demain». Sauf que nous sommes déjà face à un constat simple: à cause de la pression humaine en évolution constante, le capital naturel diminue plus vite qu’il ne peut se régénérer. L’Indice planète vivante du WWF, qui mesure l’évolution de la biodiversité, montre une tendance à la baisse persistante. En Afrique, la dégradation des sites naturels a fait chuter la biodiversité de 40%. Et d’après le 4e rapport d’évaluation du GIEC, ce n’est pas fini. D’ici à 2080, une expansion des terres arides et semi-arides est prévue entre 5 et 8%, avec une plus grande fréquence et intensité des périodes de sécheresse.

    ■ S’il est la cause de ce réchauffement, l’homme en sera aussi victime
    L’empreinte écologique de l’humanité, c’est-à-dire la surface de terre et le volume d’eau requis pour produire les ressources renouvelables utilisées par la population sur une année, est un bon baromètre. L’empreinte écologique ayant doublé depuis 1966, si rien ne change dans nos modes de consommation, l’humanité aura besoin de «deux planètes par an» en 2030. L’empreinte de l’Afrique reste largement inférieure à la moyenne mondiale par habitant de 2,7 hag (hectares globaux) mais se rapproche de la biocapacité mondiale disponible de 1,8 hag par personne, ainsi que de la biocapacité disponible en Afrique. Selon les projections démographiques, en 2050, c’est-à-dire demain, la population africaine devrait doubler. En parallèle, la biocapacité disponible pour satisfaire les besoins de chaque individu diminue. De plus en plus de pays vont devoir s’enliser dans toujours plus d’importations pour combler les manques et/ou surexploiter leurs ressources naturelles avec tous les risques que cela comporte. C’est donc maintenant que le continent doit faire les bons choix. Directives politiques, lois et bonne gouvernance pour les dirigeants, mais aussi préservation des ressources, des écosystèmes, changement des modes de consommation, innovation… sont quelques obligations pour se développer durablement.

    ■ Top 10 de l’empreinte écologique
    «Si chaque habitant de la planète vivait comme un habitant moyen des Etats-Unis ou des Emirats arabes unis, il faudrait une biocapacité équivalente à plus de 4,5 planètes pour répondre à la consommation de l’humanité et absorber les émissions de CO2. Par contre, si tout le monde vivait comme le citoyen indien moyen, l’humanité n’utiliserait même pas la moitié de la biocapacité de la planète». Le rapport du WWF révèle que les pays membres de l’OCDE, dont font partie les économies les plus riches au monde, «représentaient 37% de l’empreinte écologique de l’humanité». Les Emirats arabes unis, le Qatar, le Danemark, la Belgique, les Etats-Unis, l’Estonie, le Canada, l’Australie, le Koweït et l’Irlande sont les pays à la plus forte empreinte écologique. La surconsommation du Nord se fait donc à crédit sur les ressources du Sud.

    ■ Mais d’où vient ce «développement durable»?
    La notion de développement durable commence en 1972 avec le Club de Rome, constitué de personnalités de très haut niveau des domaines scientifiques, politiques et des affaires. C’est à eux que l’on doit le rapport sur les limites de la croissance (The Limits To Growth, également connu sous le nom de Rapport Meadows). Pour la première fois, les vertus de la croissance sont remises en cause. Le rapport soutenait une prévisible pénurie des ressources énergétiques et minérales et des conséquences du développement industriel sur l’environnement. Les notions de développement durable et d’empreinte écologique venaient ainsi d’émerger.

                                                                                           

    Photo de famille à la clôture du 2e symposium international de l’UPF

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