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    International

    Climat: Trump signe le décret sur l’indépendance énergétique

    Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:4992 Le 30/03/2017 | Partager
    Il entraîne un réexamen du «Clean Power Plan»
    Celui-ci impose aux centrales thermiques de réduire leurs émissions de CO2
    Un coup de pouce aux énergies fossiles dont le charbon

    Depuis le siège de l'Agence de protection de l'environnement (EPA), le président américain Donald Trump a signé mardi 28 mars le «décret sur l'indépendance énergétique». Celui-ci ordonne un réexamen de la mesure phare de son prédécesseur Barack Obama le «Clean Power Plan», qui impose aux centrales thermiques des réductions de leurs émissions de CO2. «Mon administration met fin à la guerre contre le charbon», a lancé Trump.

    L'annonce a provoqué plusieurs réactions. Le gouverneur démocrate californien Jerry Brown s'est insurgé contre «un cadeau inconscient du président Trump aux pollueurs». Parmi les chefs démocrates au Congrès, Chuck Schumer a dénoncé un texte qui démontre selon lui que «le lobby des énergies fossiles est de retour aux affaires avec l'administration Trump».

    Annonçant «une nouvelle ère» dans le secteur énergétique aux Etats-Unis, le président veut supprimer les réglementations environnementales «inutiles et destructrices d'emplois». Sa décision a été applaudie par la National Mining Association. Celle-ci a affirmé que l'abrogation du Clean Power Plan (projet pour une énergie propre) allait permettre de sauver 27.700 emplois de mineurs et près de 100.000 sur l'ensemble de la chaîne d'utilisation du charbon. Le «Clean Power Plan» a pour but d'accélérer la transition énergétique. Il impose aux centrales thermiques des réductions de leurs émissions de CO2 de 32% d'ici 2030 par rapport à 2005.

    S'il entrait en vigueur, il se «traduirait par la fermeture de nombreuses centrales à charbon, les plus anciennes et les plus polluantes». Il est cependant, pour l'heure, bloqué par la justice, qui avait été saisie par une trentaine d'Etats, majoritairement républicains. En déclin, le charbon reste cependant une composante importante du paysage énergétique américain, rapporte AFP. En 2015, ce minerai ne représentait que 21% de la génération d'énergie aux Etats-Unis, pour 32% au gaz naturel, 28% au pétrole et dérivés, 11% aux énergies renouvelables et 9% au nucléaire, selon les chiffres de l'Agence américaine pour l'énergie (EIA).

    Sur la seule année 2015, la production de charbon américaine a diminué de plus de 10%, tombant à ses plus bas niveaux depuis 1986. Le nombre d'emplois dans ce secteur est passé de 88.000 en 2008 à 66.000 en 2015, selon le ministère de l'Energie. Ces chiffres en recul n'empêchent toutefois pas les Etats-Unis d'être le deuxième plus gros émetteur de gaz à effet de serre derrière la Chine.

    Le décret signé mardi supprime aussi une demi-douzaine de décisions de Barack Obama liées au climat, telles que celle portant sur l'interdiction de nouvelle exploitation de charbon sur des terres fédérales. Avec son nouveau texte, Trump se met à dos la Californie qui veut défendre sa législation à l’avant-garde du combat écologique aux Etats-Unis. Les normes américaines de pollution de l'air sont fixées par le gouvernement fédéral. Mais la Californie, vu son problème de smog, a obtenu dans le cadre de la loi de 1970 sur la propreté de l'Air (Clean Air Act) une dérogation pour adopter des critères plus stricts.

    Et l’accord de Paris?

    Le «décret sur l'indépendance énergétique» suscite des interrogations sur l'attitude des Etats-Unis vis-à-vis de l'accord de Paris sur le climat signé fin 2015 par plus de 190 pays, que le magnat de l'immobilier n'a à aucun moment évoqué. Selon la Maison-Blanche, les discussions sont toujours en cours sur ce thème. Steve Bannon, proche conseiller de Donald Trump, avait pressé l’administration américaine de sortir de cet accord. Juridiquement, cette hypothèse est tout à fait envisageable (cf. notre édition N° 4978 du 10/03/2017). L’article 28 de l’accord stipule qu’«à l’expiration d’un délai de trois ans à compter de la date d’entrée en vigueur (4 novembre) du présent accord à l’égard d’une partie, celle-ci peut, à tout moment, le dénoncer par notification écrite». Cette dénonciation «prend effet à l’expiration d’un délai d’un an à compter de la date à laquelle le dépositaire en reçoit notification, ou à toute date ultérieure pouvant être spécifiée dans ladite notification». Toute partie qui aura dénoncé la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC)  sera réputée avoir dénoncé également l’accord. La compagnie pétrolière ExxonMobil avait joint sa voix aux défenseurs de l'accord de Paris et demandé à l'administration Trump de le respecter «comme un cadre efficace pour répondre aux risques du changement climatique».

     

     

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