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Analyse

Bourse: Le Masi perd pied après les résultats annuels

Par Franck FAGNON | Edition N°:4989 Le 27/03/2017 | Partager
L’indice affiche une baisse annuelle de 1,22%
Malgré la bonne tenue des bénéfices, les dividendes déçoivent
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Les distributions de dividendes annoncées par les entreprises du Masi ont été globalement mal accueillies par les investisseurs et cela se ressent sur le comportement du Masi. Par ailleurs, la ruée vers certaines actions en début d’année n’était pas forcément justifiée. Aujourd’hui, les investisseurs réajustent leurs positions

Après avoir tourné en rond pendant plusieurs semaines, le Masi a effacé la totalité de ses gains à la clôture du marché vendredi 24 mars. «Le marché semble tout simplement corriger le mouvement euphorique qu’il a connu en décembre et janvier. Cette correction a été initiée par des publications de résultats qui ont globalement déçu», résume un analyste. Les secteurs banques (hors BMCE Bank of Africa), télécoms, assurances et ciment ont ensemble réalisé un chiffre d’affaires de 105 milliards de DH, en hausse de 3,6%. Les bénéfices, eux, ont reculé de 4% essentiellement sous l’effet de la perte de Ciments du Maroc.

Dans le détail, les profits ont stagné dans les télécoms et les assurances et légèrement augmenté dans le secteur bancaire. «Au vu des résultats publiés à ce jour, il ressort que le marché est tout aussi sensible aux distributions de dividendes qu’à la croissance des résultats. Beaucoup de sociétés, pourtant réputées pour leur générosité avec les actionnaires, ont décidé cette année de réduire le niveau de dividende», remarque un professionnel de marché. Cela explique en partie les ventes sur le marché. Par ailleurs, d’un point de vue fondamental, la ruée vers certaines valeurs en début d’année, ce qui a fortement profité au Masi, n’était pas forcément justifiée. En ce moment, les investisseurs réajustent donc leur position.

■ Banques
En attendant la publication des résultats de BMCE Bank of Africa cette semaine, les banques cotées ont dégagé un bénéfice de 8,6 milliards de DH, en hausse de 6% sur un an. Attijariwafa bank, BCP et Crédit du Maroc ont tiré la croissance des profits alors que BMCI et CIH Bank l’ont ralentie. Pour la filiale de BNP Paribas, la baisse du résultat se justifie en grande partie par un redressement fiscal. Malgré la bonne tenue des résultats 2016, les cours en Bourse des groupes bancaires affichent des performances mitigées. L’indice sectoriel perdait plus de 3% à la clôture le 23 mars. Les propositions de dividendes de certains établissements semblent en dessous des espérances des investisseurs.

Mais au-delà, la conjoncture sur le marché marocain reste difficile dans un contexte de baisse des taux et de contraction des marges d’intermédiation. Les revenus d’intérêts, qui représentent au moins 2/3 du chiffre d’affaires des banques, devraient rester sous pression à court terme. Par ailleurs, la production de crédit à des taux faibles dans un marché où dominent les prêts à mensualités fixes fait peser un risque de taux pour les banques en cas de remontée du coût de refinancement. Cela dit, le développement de la finance participative, de la bancassurance, mais également des opérations de marché dans la perspective de la transition vers le régime de change flexible ouvrent des opportunités nouvelles de revenus aux banques.

■ Télécoms
Habitué à ouvrir le bal des résultats annuels, Maroc Telecom, qui a réalisé un bénéfice stable à 5,6 milliards de DH en 2016, n’a pas jusqu’ici commenté ses chiffres. Rare! Hors impact d’une provision de 255 millions de DH relative au plan de départ volontaire, les profits auraient été en hausse de 3,2% à 5,8 milliards de DH. Le groupe a achevé une année plutôt de bonne facture marquée notamment par le rebond des revenus sur le marché domestique. Ils y ont augmenté de 1% à 21,2 milliards de DH. Le chiffre d’affaires du segment mobile a ralenti sa baisse. A l’étranger, les filiales nouvellement acquises sont les moteurs de la croissance.

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Malgré des charges d’impôts exceptionnelles pour certains ou le risque de change défavorable pour d’autres, les résultats du noyau de la Bourse ont plutôt bien résisté. Cependant, les propositions de dividendes d’un certain nombre d’entreprises ont refroidi les investisseurs

Malgré un chiffre d’affaires attendu en hausse de 2,5% à 36,1 milliards de DH, un résultat d’exploitation et des bénéfices en légère hausse, CDG Capital est récemment revenue à la vente sur le titre en Bourse. Pour les analystes, la valorisation du groupe Maroc Telecom sur la base du modèle DCF (flux de trésorerie actualisés) ressort à 131 DH l’action, soit un  potentiel de baisse de 8,5% par rapport au cours du 6 mars. En séance le 24 mars, le titre affichait une contre-performance annuelle de 3%.
■ Assurances
Les bénéfices des assureurs ont plutôt bien résisté à la vague de contrôles fiscaux qui s’est abattue sur le secteur. Le résultat net sectoriel est resté stable à 1,3 milliard de DH. L’année a été marquée par une nette amélioration des performances techniques pour les opérateurs et d’une bonne tenue du résultat des placements sur fond de rebond de la Bourse. Au niveau commercial, les opérateurs ont émis 15,4 milliards de DH de primes, en hausse de 13%. La forte croissance de l’activité vie a fait la différence en 2016. Les craintes sur les retraites publiques poussent les ménages à mieux préparer les vieux jours en recourant à des produits complémentaires.

Cette prise de conscience stimulera en partie la branche vie les années à venir. Par ailleurs, le renforcement des acteurs comme Saham Assurance sur ce segment et la montée en régime de la captive de la BCP, Attaamine Chaabi, ont soutenu la croissance des revenus. Dans la branche non-vie, l’automobile se comporte bien. Par ailleurs, l’entrée en vigueur de nouvelles polices obligatoires (tout risque chantier et responsabilité civile décennale) représente des opportunités d’accroissement du business pour les opérateurs. Au niveau des règles prudentielles, les compagnies se préparent à l’entrée en vigueur du calcul de la solvabilité basée sur les risques. Les changements à venir pourraient notamment influer sur leur politique de placement.  

■ Ciment
Les résultats des cimentiers ont chuté de 38% à 1,9 milliards de DH. La contre-performance est essentiellement imputable à la perte enregistrée par Ciments du Maroc. La provision de 1,3 milliard de DH pour dépréciation d’actifs suite à la dévaluation de la livre égyptienne a plombé les résultats du cimentier. Malgré cet élément exceptionnel, l’industriel prévoit la  distribution de 938 millions de DH, soit un dividende en hausse de 18% à 65 DH par action. Le résultat déficitaire cache un exercice marqué par une hausse de 3,3% du chiffre d’affaires et une amélioration de 6,5% de l’excédent brut d’exploitation. Chez LafargeHolcim, numéro 1 du marché, le chiffre d’affaires est resté stable sur un an à 8,2 milliards de DH. Le résultat d’exploitation s’améliore de 4% et les bénéfices de 1,6%.
Pour les opérateurs, l’année n’a pas démarré dans les meilleures dispositions. Les ventes de ciment ont baissé de 4% en janvier puis 10% en février.

 

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