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Politique

Gouvernement: El Othmani va bon train

Par Jihad RIZK | Edition N°:4989 Le 27/03/2017 | Partager
Une majorité vite construite et incontestée
Benkirane a la main sur le choix des ministres du PJD
Une commission pour faire converger les programmes
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L’état-major du PJD a compris qu’il fallait être plus flexible pour ne pas perdre la 2e chance qui lui était donnée de construire puis de conduire une majorité.  Saâdeddine El Othmani, le chef du gouvernement désigné, y a fait entrer l’USFP pour arriver  à la majorité, qui comptera donc 240 membres à la Chambre des représentants (Ph. Bziouat)

Saâdeddine El Othmani va vite et rend compte des étapes à l’opinion publique via la presse. Le style personnel est différent de son prédécesseur. El Othmani  se montre concis et ce, juste au moment où un article, visiblement inspiré par Benkirane, est publié sur le site officiel du PJD (voir encadré). Le nouveau chef de gouvernement désigné est en passe de réussir là où Benkirane avait échoué pendant cinq longs mois.

Entrée de l’USFP

La présence de l’USFP (qui a déjà encaissé la présidence de la Chambre des représentants) se remarque,  auprès d’une équipe comprenant le PJD, le Mouvement populaire (au gouvernement sans pratiquement discontinuer depuis l’Indépendance), le RNI (toujours en vedette après la reprise en main par Akhannouch), l’UC (alliée récente du RNI) et le PPS (de tous les gouvernements depuis bientôt vingt ans).
Ces partis détiennent 240  sièges. El Othmani a commenté sa construction  en expliquant «la ferme volonté (de son parti, le PJD)  de dépasser les facteurs de blocage, ayant empêché l’installation du gouvernement durant les derniers mois». On notera qu’il évite de personnaliser ses choix, en faisant référence «au parti», dans son ensemble.

Sont donc dans l’opposition, le PAM et l’Istiqlal. Le premier avait été consulté par El Othmani. Quant à l’Istiqlal, lui aussi consulté, il doit d’abord se reconstruire lui-même, pour résoudre sa crise interne, née autour des hommes et des orientations du parti. Rappelons que l’actuel secrétaire général a été entendu par un juge d’instruction concernant les accusations de meurtres qu’il avait portées. Sans compter les difficultés diplomatiques sorties de ses déclarations sur l’indépendance de la Mauritanie.

Un successeur à Hamid Chabat apparaît, Nizar Baraka, ancien ministre des Finances de Benkirane 1 et actuel président du CESE. Quoi qu’il en soit, il faudra que le Conseil économique, social et environnemental, fasse le travail d’évaluer les résultats du dernier gouvernement.  Exercice périlleux (mais nécessaire) qui, s’il est réussi,  fera beaucoup pour l’institutionnalisation du Conseil. Ou inversement, le détruira pour longtemps.
Pour en revenir à la construction gouvernementale, la rapidité d’El Othmani, dans la première étape,  a favorablement surpris l’opinion publique. Il reste deux gros morceaux:
- fabriquer un programme consensuel entre des sensibilités diverses, mais des hommes qui se connaissent bien;
- choisir les prochains ministres, sans être obligé de grossir hors de raison l’équipe; El Othmani voudrait limiter  son équipe à 30 membres. On remarque que c’est Benkirane qui aura la haute main sur le choix des ministres pjdistes.

Emploi, enseignement et santé

La convergence des programmes, nommée «charte de la majorité», a été confiée à une commission ad hoc, depuis samedi dernier, le 25 mars 2017. Un représentant de chacun des partis de la majorité y siège. C’est ce qu’a annoncé Saâdeddine El Othmani. Il indique aussi que ces mesures seront lancées dans les 100 jours symboliques du début de son mandat. Il a d’ores et déjà posé comme priorités l’emploi, l’enseignement et la santé ainsi que la réforme de l’administration et le renforcement de la politique africaine du Maroc. Certains affirment qu’il y aura  aussi la réforme de la justice.

L’impératif est donc de donner très vite un signal très fort à l’économie du Maroc, première victime de l’indécision politique de ces derniers mois. Cerise sur le gâteau, le chef du gouvernement s’est référé au «discours de Dakar» du Souverain, discours qui demandait une équipe de «compétences, qui mettent en œuvre un programme précis, avec des priorités claires».

Etrange article

Alors que son parti mène les dernières tractations pour la formation du gouvernement, le secrétaire général du PJD «dévoile de nouvelles données concernant le communiqué du Cabinet royal» qui lui avait retiré la charge de constituer la majorité. Dans un article publié samedi 25 mars sur le site du PJD, deux minutes à peine avant la conférence de presse d’El Othmani, Benkirane lance une petite bombe et affirme que «la volonté unanime des instances du parti» d’accepter la décision royale était «surprenante». À l’en croire, le parti aurait tout aussi bien pu la «refuser». «Nous restons libres», a-t-il déclaré avant d’ajouter que «le parti évite toute crispation dans ses rapports avec le Cabinet royal», «que ce soit en s’inclinant face à ses décisions ou en les refusant systématiquement». Pour l’instant, cet article n’a aucune incidence sur les tractations d’El Othmani, mais la question se pose quant à son timing. En affirmant clairement que le PJD aurait pu entrer en conflit avec le Palais, Benkirane donne-t-il un avertissement ? Et à qui ? À El Othmani ? À son parti ou des fractions de son parti ? Aux membres de la coalition ? Au Palais ?… En revanche, l’article, qui a toutes les apparences de venir de Benkirane, ne dit rien sur les raisons de son opposition à l’USFP, opposition aujourd’hui dépassée.

 

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