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Une jeunesse «frustrée» même après le printemps arabe

Par Jihad RIZK | Edition N°:4989 Le 27/03/2017 | Partager
10.000 Marocains, Algériens, Tunisiens, Egyptiens... sondés
Un sur cinq veut immigrer pour motif économique
Des urnes boudées et la nationalité comme 1er repère

Un sentiment général de «frustration» mine une partie de la jeunesse de cinq pays du sud de la  Méditerranée, selon une enquête commanditée par la Commission européenne. Elle a été menée auprès de 10.000 jeunes Marocains, Algériens, Tunisiens, Egyptiens et Libanais. L’étude a été lancée après les contestations populaires ayant marqué le monde arabe à partir de fin 2010. Six ans après le «printemps arabe», un résumé du rapport Sahwa («L’éveil» en arabe) vient d’être publié. Que ressort-il des 10.000 entretiens menés entre 2014 et 2016 en Algérie, au Maroc, en Tunisie, en Egypte et au Liban? Un jeune sur cinq dont «les plus diplômés» déclare «vouloir émigrer». «Le principal motif est économique: trouver un emploi digne et de meilleures conditions de vie», résume le CIDOB, le centre d’analyses basé à Barcelone, qui a coordonné l’enquête au niveau régional.

L’on relève aussi une très préoccupante «désaffection pour la politique». Près de 60% des jeunes en âge de voter ne l’a pas fait aux dernières élections. «Ce n’est pas le principal problème pour eux. C’est plutôt la sensation de ne pas pouvoir arriver à devenir adulte», explique à l’AFP coordinatrice de l’enquête, Elena Sanchez-Montijano. Cette politologue espagnole évoque «un sentiment général de frustration et d’exclusion sociale» parmi ces jeunes représentant les deux tiers de la population de leurs pays. «Ils ont le sentiment de ne pas pouvoir être autonomes très rapidement: travailler, quitter la maison familiale et se marier. Ce qui risque de retarder leur passage à l’âge adulte», relève l’enquête. La dernière enquête L’Economiste-Sunergia a constaté que «la famille pour les jeunes est un berceau, une banque et aussi une prison et ce, pour des raisons socioéconomiques» (cf. L’Economiste du 11 juillet 2011 n° 3570). 

Temps libre? La mosquée d’abord...

Le «niveau de vie» est en tête des problèmes cités (28%), devant la situation économique (22%), l’emploi (12%) et le système éducatif (10%). Après la révolution du Jasmin en 2011, les jeunes Tunisiens avaient l’espoir d’être davantage représentés dans la sphère publique. «Ce qui n’a pas été le cas. La situation économique s’est encore détériorée. Même pour ceux qui ont un niveau universitaire élevé. Ce qui a rendu les jeunes frustrés, voire désespérés», commente Fadhila Najah, correspondante de l’enquête Sahwa.

L’étude s’est intéressée aussi au rapport à la religion et l’identité en général. La nationalité est le premier repère identitaire cité par les jeunes Marocains, Libanais.... Elle est suivie par l’appartenance religieuse.  Les jeunes ont été également interrogés sur leur temps libre: «aller à la mosquée est apparu comme la seconde activité la plus importante après les sorties avec les amis». Ils sont 18% des enquêtés à déclarer «aller prier chaque jour».
Les systèmes éducatifs sont perçus comme «rigides, trop théoriques et déconnectés du marché du travail».

 

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