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    Culture

    Rabat, capitale africaine et ville universelle, célèbre la diversité du continent

    Par Amine BOUSHABA | Edition N°:4988 Le 24/03/2017 | Partager
    «L’Afrique en Capitale», un événement culturel du 28 mars au 28 avril
    Expo, concerts, street-art, conférences… 18 lieux de la ville investis
    Des artistes majeurs, de nouveaux talents de 34 pays
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    «Le petit lutteur» à Dakar de Othmane Dilami fait partie de l’exposition hommage que rend le MM6 aux artistes disparus. Malik Sidibé avec «L’œil de Bamako», Leila Alaoui à travers sa collection «Les Marocains» et Othmane Dilami avec la série inédite «Les musiciens de la transe»

    Rabat «Ville lumière» met le cap sur l’Afrique et braque ses projecteurs sur les artistes du continent. La capitale du Royaume, inscrite depuis 2012 dans la liste du patrimoine mondial de l’Unesco, mise depuis quelques années déjà sur la culture. Elle est en passe de devenir l’une des ville les plus actives culturellement dans le continent. Un rayonnement qu’elle concrétise avec le lancement d’un événement exceptionnel: L’Afrique en Capitale. Inauguré par le Souverain en présence du Roi Abdellah de Jordanie, jeudi dernier, il ouvre ses portes au grand public à partir du 28 mars.

    Concerts, expositions, projections, conférences... à l’initiative de la Fondation des musées, un mois d’intenses activités culturelles, gratuites et accessibles, qui vont investir 18 lieux de la capitale avec quelque 36 temps. Art contemporain, cinéma, musique, débats d’idées, art urbain et mise en lumière du patrimoine, l’événement se veut une célébration de la convivialité, la création et la culture.

    «C’est un souhait royal qui met en exergue le discours de Sa Majesté, prononcé à l’occasion du 28e Sommet de l’UA à Addis Abeba, qui a consacré le retour du Maroc dans sa famille africaine», précise le président de la Fondation nationale des musées, Mehdi Qotbi. Pour réaliser cette grande manifestation, le président de la Fondation s’est déjà entouré d’une équipe rompue au montage des grands évènements culturels. C’est le cas de Brahim El Mazned, directeur fondateur de Visa for music et directeur artistique du festival Timitar, qui assure la coordination générale de «L’Afrique en Capitale».

    La mobilisation est générale, puisque seront associés à l’évènement plusieurs opérateurs culturels et institutionnels de la capitale: le ministère de la Communication, le ministère de la Culture, le Conseil national des droits de l’homme, le Théâtre Mohammed V, le Musée Bank Al-Maghrib, la Bibliothèque nationale du Royaume du Maroc, l’Institut des études africaines, l’Institut supérieur des métiers de l’audiovisuel et du cinéma, la Fondation CDG, la Fondation ONA et la Fondation Montresso. «Accueillir l’Afrique au cœur de Rabat sera l’affaire de tous!», confirment les organisateurs.

    «Il y a une véritable volonté politique de faire de Rabat une capitale culturelle africaine. Un tel évènement est important pour donner écho à la création africaine contemporaine dans la continuité du débat autour de la politique marocaine en Afrique», explique Brahim El Mazned.
    Une programmation riche et dense dont voici un avant-goût:

    ■ Arts plastiques: Au cœur de la capitale, un parcours  d’art contemporain relie les galeries Bab Rouah et Bab El Kébir aux espaces d’exposition de la CDG, de la Fondation ONA et du Musée Mohammed VI d’art moderne et contemporain.
    La Villa des Arts propose «Gaia à travers ses miroirs», une exposition  de peintures et d’installations  où une sélection d’artistes majeurs du Maroc, du Congo, du Mozambique, du Benin ou du Sierra Leone, représente la terre dans tous ses états.
    L’espace CDG  accueille l’un des artistes contemporains les plus en vogue du continent: Abdoulaye Konaté et ses œuvres magistrales à base de textile. Le MM6 réunit, lui, deux artistes contemporains de premier plan: le photographe franco-tunisien Wahib Chehata et le peintre franco-congolais Kouka Ntadi. Les deux artistes présentent «Renaissance», le fruit d’une résidence effectuée à Marrakech avec le soutien de la Fondation Montresso. Le MM6 propose également  un hommage à trois artistes photographes disparus: Le Malien Malik Sidibé et les Marocains Othmane Dilami et Leila Alaoui.
     

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    L’artiste ivoirien installé aux Etats-Unis  Médéric Turay habillera les trains navettes Casablanca/Rabat (Crédit fnm)

    ■ Art urbain: Rabat est la ville du street-art par excellence. Les toiles de rues qui habillent les murs de la capitale grâce au festival Jidar seront complétées par 5 œuvres monumentales qui s’afficheront sur les façades du MM6 par l’artiste ivoirien  Médéric Turay, sur la façade de la CDG par le peintre allemand Hendrik Beikirch, la Bibliothèque nationale sera ornée par les calligraphies du Marocain Tarek Benaoum et la caserne des pompiers par le jeune artiste réunionnais Abeilone.
    L’art africain s’empare également de la rue  de la capitale en habillant les rames du tramway par l’artiste Abdoulaye Konaté et les trains navettes Casablanca-Rabat seront aux couleurs afro-américaine avec les traces de l’artistes Médéric Turay.

    ■ Musique: Comment célébrer l’Afrique sans célébrer sa musique? Deux grandes soirées sont prévues pour l’ouverture et la clôture au théâtre Mohammed V. La première réunira Mehdi Nassouli au guembri, Foulane Bouhssine au rebab, le grand musicien ivoirien Aly Keita au balafon, le bassiste mozambicain Childo Tomas et le batteur sénégalais Sega Seck au sein du collectif  Jokko  dans un groove funky qui mélange rythmes gnawa et sonorités d’Afrique de l’Est et de l’Ouest. La deuxième soirée, place aux musiques chaabi, jazz, fusion et musiques africaines sous la houlette de Aziz Sahmaoui et sa formation University of Gnawa. D’autres performances auront lieu à la Villa des Arts chaque vendredi, avec notamment Majid Bekkas ou Kesso Ni Sissi.

    ■ Conférences: L’auditorium du MM6 sera investi par des débats d’idées autour de thématiques concernant le continent: Migration, mobilité ou encore patrimoine commun… Un salon littéraire «Voix des femmes» aura également lieu. Le clou de la programmation reste l’hommage à Léopold Sedar Sengor qui aura lieu le 27 avril dans la prestigieuse Académie du Royaume du Maroc.
    Patrimoine: Deux autres expositions explorent les richesses du patrimoine et les relations culturelles entre le Maroc et le reste du continent. «Patrimoine», une collection unique de manuscrits anciens relevant la subtilité de la calligraphie arabo-africaine, d’iconographie et de philatélie ancienne du continent. L’exposition se déroule à la Bibliothèque nationale du Royaume. Le musée de Bank Al-Maghrib accueille, lui, «L’or de l’Afrique» retraçant la richesse des échanges culturels et commerciaux entre le Maroc et l’autre rive du Sahara, avec pour objet d’échange: l’or.

                                                                         

    ■ Othmane Dilami, le talent dévoilé

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    Les photographies de ce jeune globe-trotter, tragiquement disparu en décembre dernier,  sont un hommage à la «mondialité» si chère à Edouard Glissant (écrivain, poète et essayiste martiniquais disparu en 2001) «L’aventure extraordinaire qui nous est donnée à tous de vivre aujourd’hui pour la première fois, réellement et de manière immédiate, foudroyante, sans attendre, se conçoit comme un monde à la  fois multiple et unique». Les œuvres à mi-chemin entre la photographie d’art et le reportage sont en effet un hymne à la diversité sans qu’on puisse y déceler le moindre voyeurisme, ni misérabilisme. Des images frontales, sans compromis mais qui respirent l’empathie. A partir du 28 mars au MM6.

    ■  Wahib Chehata, la photographie autrement

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    En plus de son exposition commune avec l’artiste franco-congolais, Wahid Chehata présente pour la première fois la série «Renaissance». Une stupéfiante série de portraits réinventant une nouvelle mythologie de l’Afrique. L’artiste photographe, au travail extrêmement plastique, affirme inventer une nouvelle mythologie reconstruite à partir de références communes et détruite à travers les autres. Son objectif saisit le poids des corps et des âmes, et, donne à l’individu une nouvelle humanité. A partir du 28 mars au MM6.

    ■ Konaté, le tisseur des songes

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    Après son exposition à la Galerie 38 à Casablanca, l’artiste malien le plus en vogue de la scène contemporaine investit les cimaises de l’espace d’exposition de la CDG. Fruit d’un travail réalisé avec les artisans de Fès, et particulièrement  avec El Haj Abdelkader Ouazzani, le dernier maître du brocart traditionnel de Fès. Peintre de formation, l’artiste plasticien travaille le textile depuis 1990 afin de réaliser ses œuvres. Habitué à composer avec des languettes en bazin, tissu traditionnel malien, il a innové en le fusionnant avec le textile traditionnel marocain afin de créer des pièces uniques pour cette première exposition personnelle au Maroc. A partir du 28 mars à l’espace d’exposition CDG.

     

     

     

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