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    Analyse

    Diplomatie du foot: «En finir avec la logique événementielle à la CAF»

    Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:4988 Le 24/03/2017 | Partager
    Les aspects opérationnels pourraient être pris en charge par le privé
    La Confédération doit se concentrer sur le développement de la pratique dans le continent
    Lakjaâ pressenti à la vice-présidence du comité exécutif
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    «Entre le football et le volet professionnel, l’équilibre est déjà rodé. Le comité exécutif ne demande pas beaucoup de temps et de mobilisation. Ce sont des réunions trimestrielles pour fixer la stratégie», a souligné Fouzi Lakjaâ au sujet de ses différentes casquettes (Ph. Bziouat)

    - L’Economiste: Le nouveau président de la CAF sera au Maroc du 27 au 29 mars. Quels enjeux derrière cette 1re visite à Rabat?
    - Fouzi Lakjaâ:
    Sa première visite à l’étranger cible le Maroc. C’est un bon coup de promotion pour notre pays, perçu comme une destination des grands rendez-vous. Le président Ahmad Ahmad sera là pour discuter du comité exécutif de la CAF. Il me propose la première vice-présidence et la présidence de la commission des finances. Le programme de développement du football, dans les détails, lui sera présenté. L’objectif est d’attirer la CAF pour financer ce programme, avec le Maroc comme leader, en partenariat avec les autres pays d’Afrique.

    - Comment va se décliner votre élection au comité exécutif?
    -Le poste de membre du comité exécutif va se traduire par une forte présence du Maroc, avec  la présidence de certaines commissions. D’autres personnes du monde du football marocain iront là-bas, en plus d’une cellule administrative qui va intégrer les rouages de la CAF pour assurer ce relais. Cela dépendra du contenu de l’approche managériale qu’il faut mettre en place.

    - Qu’en est-il de l’assainissement de la CAF?
    - Lorsque nous ne mettons pas en place un système managérial qui permet d’absorber les évolutions ou d’intégrer les changements progressivement, nous pouvons toujours nous attendre à subir un jour des ruptures. Ce système, renfermé, sclérosé, ne pouvait pas durer pendant 30 ans, avec les mêmes personnes qui ont perdu tout contact avec les fédérations locales. Il n’appartenait plus au monde du football. Tout ce dispositif était appelé à éclater un jour. Si ce n’était pas à Addis-Abeba, cela pourrait se produire dans quelques mois. Toutes les conditions étaient réunies pour un changement brutal. Un scénario similaire à ce qu’a connu la Fifa, la Concacaf avant. Le monde du football génère beaucoup d’argent. Il faut qu’il y ait des approches capables d’inclure les changements de mentalités, les demandes de fédérations, des jeunesses,… Nous assistons à une transformation radicale au niveau de la CAF. Une autre approche sera mise en place. D’ailleurs, le Maroc a présenté un programme basé sur le positionnement du football en direction des jeunes.

    - La CAF se contente de l’organisation de compétitions. Qu’en est-il de son rôle stratégique pour le développement du football dans le continent?
    - La formation de la jeunesse africaine doit constituer le centre d’intérêt de cette CAF. Il faut cesser de transformer cette institution en une agence événementielle qui organise tous les 6 mois une compétition. C’est bien de le faire, mais cela ne suffit pas. Elle doit s’occuper du développement, puisque l’organisation d’évènements est prise en charge par des sociétés privées. Les aspects opérationnels sont délégués à d’autres structures. La Fédération royale marocaine doit se pencher sur les aspects stratégiques de formation, d’infrastructure, de création d’une logique de développement du football. Nous y consacrons beaucoup de temps et de moyens. La CAF ne le fait pas. Nous essayons d’inculquer cette culture au niveau de cette confédération.
    Le challenge est que la CAF fasse du développement, se penche sur le petit centre de formation en Guinée Conakry, aille aménager une petite ou grande pelouse à Lesotho, surtout appuyer les petites fédérations qui n’ont pas les capacités ni les moyens de le faire pour effectivement développer le football. Il est malheureux de voir aujourd’hui les centaines de joueurs qui évoluent dans les championnats européens et asiatiques de haut niveau alors que le football en Afrique continue d’être pratiqué sur la terre battue et dans des conditions de précarité profonde. C’est ça le dilemme. Cela veut dire que le potentiel existe, il arrive à s’exprimer en Europe. En Afrique, entre l’expression du potentiel brut et l’élite, il y a le vide.
    - Comment y remédier?
    - Logiquement, l’argent collecté par le football doit revenir en grande partie à ces opérations.  Aujourd’hui, nous ne pouvons pas consacrer 15% des ressources de la CAF à la réunion des commissions. C’est énorme. Nous voulons transformer le modèle de management sur la base d’une vision et des règles scientifiques. C’est d’ailleurs ce qui a fait la force de notre programme. Lors du vote pour le comité exécutif, il y a eu pratiquement l’unanimité, le véritable score étant de 47 contre 7. Les 6 bulletins nuls étaient dus au fait que les électeurs se sont trompés sur les quatre autres candidats. Dans notre stratégie électorale, nous avions ciblé les 53 pays, du camp d’Ahmad ou de Issa Hayatou, cela ne nous posait aucun problème. La veille du vote, j’ai tenu une réunion avec les deux séparément. Nous avions des voix dans les deux camps.

    - Membre du bureau exécutif de la CAF, président de la FRMF, directeur du budget au ministère des Finances,… Ce n’est pas trop pour un seul homme?
    - Entre le football et le volet professionnel, l’équilibre est déjà rodé. Avec la restructuration institutionnelle de la Fédération et le renforcement de l’administration, le travail se fait au quotidien. Au ministère, la même chose. Physiquement,  le comité exécutif ne demande pas beaucoup de temps et de mobilisation. Ce sont des réunions trimestrielles pour fixer la stratégie. L’important est de tracer la vision. Pour le reste, la CAF a ses instances administratives. Bien sûr, cela demande des sacrifices pour pouvoir dégager 14 heures de travail par jour. Ce n’est pas nouveau.

    Assistance

    Fouzi Lakjaâ a inscrit la politique de la Fédération dans la nouvelle politique africaine du Maroc. La stratégie du Souverain comprend l’économie et le social. Le football, sport très populaire, qui touche des millions de jeunes est introduit dans cette vision. Des pays africains sont demandeurs d’une assistance. «Nous avons mis à la disposition de l’équipe du Burkina Faso un terrain à Casablanca pour s’entraîner. Cela ne coûte rien mais c’est énorme en termes d’impact», indique le président de la Fédération.

    Propos recueillis par
    Mohamed CHAOUI

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