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    Economie

    Education: Le titanesque chantier de la qualité

    Par Ahlam NAZIH | Edition N°:4987 Le 23/03/2017 | Partager
    De nouveaux programmes testés auprès de 50.000 élèves
    Introduction de l’approche «syllabique» pour la lecture et l’écriture
    La formation des enseignants ouverte aux bacheliers dès la prochaine rentrée
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    Rachid Benmokhtar, ministre de l’Education nationale: «S’il y a un endroit où il faut faire des expérimentations, c’est bien dans les écoles. Car mieux vaut se tromper sur une petite masse et corriger, que de se tromper sur l’ensemble sans pouvoir rectifier le tir. C’est ce que nous avons fait dans les années 80, nous avons généralisé la réforme en 7 mois, et nous nous sommes trompés pendant 30 ans» (Ph. Bziouat)

    Le Maroc a réussi le pari de la généralisation de la scolarisation au primaire, mais sur le volet qualité, l’échec est total. En témoignent les résultats décevants du dernier Programme national d’évaluation des acquis des élèves (PNEA). Cela entraîne des déperditions énormes (jusqu’à 400.00 abandons par an).
    Pour la préparation de la stratégie 2015-2030, le ministère de l’Education nationale s’est attelé au diagnostic des failles de l’école en 2014. Les travers constatés expliquent en grande partie le rendement médiocre du système. L’analyse des manuels scolaires a, par exemple, permis de relever la prédominance de termes abstraits (78%) que les enfants ont du mal à conceptualiser. La fréquence de répétition des mots est également très faible, soit une moyenne de 3 fois, alors qu’il faudrait les répéter 13 à plus de 70 fois (en fonction de leur complexité) pour que les élèves puissent se les approprier.

    Cela engendre notamment des retards en matière d’apprentissage des langues. L’approche utilisée pour la lecture, quant à elle, est celle dite globale (partant des mots pour ensuite déboucher sur des syllabes), héritée du modèle français. Or, elle a depuis longtemps montré ses limites. Les dernières études en matière de neurosciences confirment que la méthode inverse, dite syllabique, est plus appropriée (partir de syllabes pour ensuite former des mots et leur donner des sons).

    Dès 2015, le ministère a démarré la révision des programmes des 4 premières années du primaire, avec de nouveaux kits pédagogiques pour les enseignants. Pour la lecture et l’écriture, c’est l’approche syllabique qui a été retenue. Basée sur la participation de l’enfant, elle requiert le recours à des outils captant son attention (images, théâtre, travail en équipe…). Cela implique un changement de «logiciel» côté enseignants. «Nous leurs donnons désormais la liberté absolue pour organiser leurs activités en classes en fonction du rythme des élèves», précise le ministre de l’Education nationale, Rachid Benmokhtar. L’enveloppe horaire hebdomadaire est également passée de 30 à 24 heures de cours, afin de consacrer plus de temps aux activités parascolaires et à la formation continue des enseignants. Depuis la rentrée, 50.000 élèves dans 168 écoles testent les nouveaux curricula, et 6.000 apprennent à lire et à écrire selon la nouvelle approche.

    En matière de formation des professeurs, l’accent a été mis sur l’aspect social et psychologique. Les profs sont appelés à changer d’attitude, à apporter de l’attention aux enfants, de l’écoute, à détecter leurs problèmes,… Dès la rentrée 2017-2018, ils seront sélectionnés pour la formation initiale dès le baccalauréat et non sur la base d’une licence.
    Dans leurs missions, les enseignants seront coachés par des «accompagnateurs», qui ne seront autres que des profs formés pour aider leurs collègues à affronter les difficultés pédagogiques rencontrées. En termes d’évaluation, exit les notes des inspecteurs. «De toutes les façons, les notes sont toujours comprises entre 18 et 20/20! Désormais, l’évaluation de tous les acteurs, y compris les directeurs et les inspecteurs, s’opérera sur la base des résultats obtenus par les élèves», précise Benmokhtar.

    Au niveau de l’apprentissage du français, une nouvelle approche a été introduite de la 5e année du primaire jusqu’au lycée. Elle est actuellement testée dans 2.614 écoles primaires, 447 collèges et 331 lycées, où 2.610 enseignants ont été formés.
    Ces expériences seront ensuite évaluées avant d’être généralisées. Il s’agit là d’un chantier de longue haleine. Les défis à relever sont nombreux: financement, formation des enseignants et des cadres pédagogiques, continuité des actions, autonomie des académies, gouvernance, contenus… Une mobilisation générale autour de l’école est plus que nécessaire.

    Les «liberal arts» intégrés aux curricula

    C’est une petite révolution au Maroc. Les programmes scolaires ne seront plus concentrés sur les compétences techniques. Trois groupes de réflexion ont été formés en partenariat avec l’Académie Hassan II des sciences afin de repenser l’enseignement des sciences, de la technologie, l’ingénierie, les mathématiques, mais aussi les liberal arts, à l’instar du modèle américain. «Nous avons intégré les liberal arts parce que nous estimons que la formation humaine des enfants est tout aussi importante que leur formation scientifique», explique Benmokhtar. Il aura fallu des décennies pour enfin le comprendre… Histoire, littérature, philosophie, rhétorique, sociologie, musique,… A travers de nombreuses disciplines, les liberal arts visent à façonner la personnalité des élèves et à ouvrir leur esprit sur le monde.

     

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