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    Entrepreneuriat: La smart economy pour intégrer les femmes

    Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:4977 Le 09/03/2017 | Partager
    TIC, énergies renouvelables, l’agro-industrie… de nouvelles opportunités pour les femmes
    Un moyen d'intégrer les chaînes de valeur mondiales
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    Pour Nabila Freidji, présidente de la commission relations avec les grandes institutions internationales de la CGEM, le défi de l’employabilité féminine est pluriel! Il faut imaginer une solution pour chaque catégorie (Ph.Nabila Freidji)

    - L’Economiste: Vous avez préféré appréhender les questions du genre à travers l’économie. Quel bilan tirez-vous de cette rencontre?
    - Nabila Freidji: J
    ’ai l’impression que la femme ne mesure pas le rôle déterminant qu’elle a à jouer dans l’économie. J’aime appréhender les questions du genre à travers l’économie et à travers le monde de l’entreprise parce que c’est le garant de l’inclusion féminine. Pourtant, il ne peut y avoir de compétitivité des entreprises et des économies sans l’inclusion de la femme. L’étude de McKinsey le confirme d’ailleurs puisqu’elle relève que l’inclusion des femmes permettrait une croissance du PNB mondial de 12 à 25% d’ici 2025.

    - C’est aussi une occasion pour parler des nouveaux métiers.
    - L’innovation va créer de nouvelles opportunités que les jeunes femmes et aussi hommes doivent saisir. Il y a les secteurs des technologies, des énergies renouvelables, l’agro-industrie… qui nous offrent la possibilité d’intégrer les chaînes de valeur mondiales. C’est cela la smart economy. Au sein du patronat, nous avons réalisé que c’est un nouveau modèle économique qui émerge et qu’il fallait intégrer dans le tissu entrepreneurial et surtout interagir.
     
    - 76% des jeunes inactifs sont des femmes. Face au défi de l’employabilité, vous invitez les femmes à créer leurs entreprises et ne pas se confiner dans les métiers ou des secteurs classiques.
    - Le défi de l’employabilité féminine est pluriel. Il faut imaginer une solution pour chaque catégorie. Il faut des solutions pour les régions où il existe une économie de subsistance portée par les femmes mais qui n’émerge pas étant dans l’informel. Il faut des solutions pour les femmes rurales qui ont besoin d’autonomisation. Certes, le microcrédit a réussi à améliorer leur quotidien, mais n’a pas pour autant changé de visage de l’économie. Aujourd’hui, il est nécessaire de monter en échelle et de faire fonctionner l’ascenseur entrepreneurial. Nous invitons ces femmes que le marché du travail n’a pas absorbé et qui ont une fibre entrepreneuriale, à intégrer le monde de l’entrepreneuriat.
    - Quelles sont les contraintes à l’entrepreneuriat féminin?
    - Il ne faut pas ignorer une réalité sociétale peu encourageante. Et les contraintes sont les mêmes pour tout entrepreneur, femme ou homme. Le défi de l’entreprise est l’accès aux marchés, le financement, la compétitivité. Je suis chef d’entreprise et je n’ai pas souvenir que l'on m'ait dit un jour que «parce que vous êtes une femme que vous ne pouvez pas entreprendre». Par contre, on m’a demandé des garanties pour contracter des crédits. Au patronat, nous avons les accompagnements prévus dans le cadre du partenariat Grande Entreprise/PME et nous sommes aussi sur le renforcement des capacités des PME, TPE, des auto-entrepreneurs avec la Banque européenne. Pour l’entrepreneuriat purement féminin, il y a le label RSE, qui intègre l’aspect genre. Enfin, il y a la promotion du leadership féminin au sein des entreprises marocaines et la représentativité des femmes dans les organes et le processus de prise de décision. Les statuts de la CGEM ont introduit la parité en 2012.
     
    - Les mentalités ne changent pas facilement, à votre avis?
    - Tant que le genre restera uniquement une question de femmes, pas vraiment. J’ai assisté à une conférence –lors de la réunion annuelle de la Banque mondiale- où la ministre suédoise des finances expliquait comment son investissement pour les femmes lui avait permis d’élargir l’assiette fiscale. La Suède restera toujours un modèle!

    Propos recueillis par
    Badra BERRISSOULE

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