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    Analyse

    Parité: Un coup d’épée dans l’eau?

    Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:4977 Le 09/03/2017 | Partager
    Après quatre ans de mise en œuvre, les ONG pointent un «bilan alarmant»
    Impossible de réaliser une évaluation méthodique du plan faute d’indicateurs chiffrés

    C’est l’une des plus grandes avancées de la Constitution de 2011. La consécration de la parité en tant que principe constitutionnel avait laissé espérer une meilleure protection des femmes et un plus grand appui en faveur de l’égalité des sexes. Un programme gouvernemental dédié a été lancé en 2012. Or, dès son lancement, les ONG sont montées au créneau pour dénoncer une série de défaillances, qui allaient limiter sa portée. Les annonces du gouvernement concernant la parité seraient-elles finalement un coup d’épée dans l’eau? C’est du moins ce que laisse entendre un rapport d’évaluation, élaboré par un comité de suivi, composé de 15 ONG, piloté par l’Association démocratique des femmes du Maroc.

    Après quatre ans de mise en œuvre, le constat est sans appel. «Le bilan est alarmant». Le processus de consécration de l’égalité des sexes semble ainsi se limiter aux effets d’annonce, sans aboutir à du concret. Initialement, ce comité devait produire des rapports annuels. Or, «le suivi méthodique des réalisations a été quasiment impossible», selon les responsables de ces associations. Au point que les rencontres devant être dédiées à l’évaluation des résultats se sont transformées en débats sur les contraintes de mise en œuvre de cette stratégie.

    Ils pointent une série de dysfonctionnements qui ont vidé ce plan de sa substance. L’absence d’une vision claire et d’une méthodologie précise de mise en œuvre, de la part du ministère de la Famille et de la Solidarité, s’est traduite par un cafouillage ne permettant aucune effectivité des mesures lancées. Les responsables de ces ONG ne mâchent pas leurs mots. Pour eux, «les actions ont été énoncées pêle-mêle, les indicateurs utilisés ne sont pas chiffrés…». Mieux, celles-ci ne pouvaient être mesurées faute d’une situation de référence, permettant d’évaluer le degré d’atteinte des résultats fixés. Les associations féministes ont également fustigé la dilution de la redevabilité des différents intervenants, dans la mesure où «les responsabilités ne sont pas clairement définies». Elles n’ont pas hésité à tirer à boulets rouges sur Bassima Hakkaoui, avec qui les relations sont tendues depuis le début de son mandat.

    Aujourd’hui, elles l’accusent de rétention de l’information. Leurs demandes d’informations adressées à son département, ainsi qu’à d’autres ministères, sont restées sans réponse. Ce n’est qu’en 2016 qu’un rapport de suivi a été publié sur le site du département de tutelle. Mais il s’agit d’une simple «succession des activités réalisées par les départements ministériels, dont certaines n’ont aucune relation avec celles planifiées dans le cadre de ce plan», peut-on lire dans ce rapport d’évaluation.

    Repères

      •  7 veuves ou divorcées sur  10 sont isolées et ont souvent  des enfants à charge

      •   1 sur 4 d'entre elles est active

       • 62,8% des femmes entre  18 à 64 ans ont été victimes  de violences

       • 55% des cas de violence sont   du fait des époux

       • 12,5% des jeunes sont inactives  à cause du refus des parents

      • 33,2% des jeunes sont inactives  à cause du refus du mari.

     

     

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