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    Régions

    Pourquoi Salé a été noyée

    Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:4969 Le 27/02/2017 | Partager
    Une pluviométrie exceptionnelle
    Pour les citoyens, l’état des infrastructures a aggravé la situation
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    Les habitants de Salé ont vécu un véritable cauchemar à cause des inondations, jeudi dernier. Plusieurs personnes ont souffert pour rejoindre leurs domiciles après une journée de travail. Une grande partie des artères de la ville étaient bloquées à cause de l’augmentation du niveau de l’eau, obligeant plusieurs personnes à garer leurs voitures à la sortie de Rabat pour poursuivre leur trajet à pied (Ph. Bziouat)

    Comment quelques heures de pluies ont suffi pour noyer une grande ville comme Salé sous les eaux, jeudi dernier. Les responsables locaux ont été très critiqués par les citoyens pour leur «manque de mobilisation» le jour des inondations. La commune a certes mis en place une cellule de crise, en coordination avec la préfecture, la protection civile et autres intervenants. Mais cela n’était pas suffisant vu l’importance des dégâts. Plusieurs quartiers de la ville se sont transformés en véritable zone sinistrée. Principale coupable: la forte pluviométrie, qui a dépassé 80 mm en seulement quatre heures. Toutefois, plusieurs citoyens mettent en cause la responsabilité de la canalisation au niveau de certains quartiers.

    Cela concerne particulièrement les quartiers qui connaissent une grande présence des habitations réalisées en auto-construction. «Redal a été alertée à plusieurs reprises concernant ce problème. Mais aucune mesure n’a été prise», a expliqué l’une des victimes de ces inondations. Suite aux inondations qu’a connues la ville jeudi dernier, Redal a reçu plus de 890 réclamations des citoyens. Du côté du Conseil de la ville, Jamaâ Mouatassim, maire de Salé et chef du cabinet de Abdelilah Benkirane, a également pointé la responsabilité des pluies. Son adjoint, Abdellatif Soudou, a annoncé qu’une commission mixte a commencé à recenser les zones sinistrées. «Cette opération concernera tous les quartiers de la ville», a-t-il dit.

    Selon lui, l’objectif est «d’évaluer les dégâts afin de lancer les travaux de réparation. Cela permettra de remettre en marche les différentes artères bloquées de la ville». Au-delà des interventions a posteriori, les citoyens ont pointé la responsabilité des élus locaux, à cause de l’absence de mesures préventives. Surtout que plusieurs rapports avaient mis en garde contre l’évolution de la pluviométrie au Maroc, liée aux effets des changements climatiques. Selon une étude réalisée par le cabinet Derbigum, «les précipitations annuelles au Maroc sont devenues très variables et irrégulières d’une année à l’autre». Son évolution «ne suit aucune loi», est-il précisé.

    De leur côté, les membres de la commune de Salé, dirigée par le PJD, ont préféré la fuite en avant. Au lieu d’être à l’écoute des doléances des citoyens, ils ont plutôt essayé de se décharger de toute responsabilité, estimant que leur parti «vient de prendre en charge la responsabilité de la gestion de cette ville». Or, les élus du PJD étaient présents en force dans les compositions précédentes de la commune de Salé.

    Quelle couverture pour les victimes?

    Au moment où les habitants de Salé énumèrent les dégâts, la possibilité de leur indemnisation n’a pas été évoquée par le Conseil de la ville. Le système de couverture est encore en cours d’implémentation. Une loi modifiant le Code d’assurances est entrée en vigueur en septembre dernier, suite à sa publication au Bulletin officiel. Il prévoit l’institution d’un régime de couverture et d’indemnisation des dommages corporels et matériels des victimes des catastrophes naturelles. Ce texte prévoit aussi la mise en place d’un fonds de solidarité au profit des personnes ne disposant d’aucune couverture. Cette nouvelle réglementation devra mettre en place le dispositif encadrant cette opération, notamment en termes d’identification des victimes éligibles, les conditions et les modalités de recours au fonds, le montant à attribuer aux victimes...

     

     

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