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    Régions

    Meknès en panne d’industrie

    Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:4969 Le 27/02/2017 | Partager
    Seuls 3,4% des projets en 2016 concernent cette activité
    Manque d’attractivité, foncier, enclavement… les maux de la région

    A peine 3,4% du montant global des investissements projetés en 2016 concernent le secteur de l’industrie au niveau de la région Fès-Meknès. En effet, c’est ce qui ressort du bilan du Centre régional d’investissement (CRI). Présentée récemment en présence du wali et des gouverneurs de toutes les provinces de la région (même les plus enclavées), l’activité de l’établissement chargé de l’investissement ne fait pas l’unanimité. «Le CRI s’approprie des projets finalisés depuis longtemps ne relevant pas de ses compétences comme l’extension de l’aéroport Fès-Saïss ou la construction de l’université Euromed.

    Ou des projets jamais réalisés comme celui de la chaîne de restauration Quick, dont le terrain est octroyé par la commune», font remarquer les opérateurs. Bon nombre d’intervenants ont saisi l’occasion de la présence des autorités pour soulever les vieux problèmes toujours non résolus. En tête, le manque d’attractivité économique, l’enclavement de la région, l’état déplorable des zones industrielles, et l’absence de foncier industriel. «La région ne bénéficie pas autant que les autres des investissements publics», déplore Abdallah Bouano, maire de Meknès, région qui souffre  «d’un des taux les plus élevés de chômage au niveau national (18,2%)».

    Ne présentant pas d’avantages comparatifs, Meknès est boudée par les investisseurs qui lui préfèrent Tanger, Kénitra ou Casablanca. Outre l’absence d’une ouverture directe et rapide sur la mer, la région Maroc Centre n’est pas compétitive sur le plan des plateformes industrielles. D’ailleurs, la demande exprimée par les membres de l’Association marocaine de l’industrie et le commerce de l’automobile (Amica) n’est toujours pas satisfaite. Pour rappel, son président, Hakim Abdelmoumen, avait souligné en décembre dernier, lors d’une rencontre à la wilaya, «que pour encourager les constructeurs automobiles à s’installer dans la région, il faut disposer d’une zone industrielle dédiée d’au moins 400 ha».

    Les décideurs avaient promis d’étudier cette demande dans les plus brefs délais, mais apparemment sans suite. Mohand Laenser, président de la région, rectifie: «l’Amica n’est pas repartie sans réponse. Bien au contraire, nous avons étudié plusieurs possibilités de placement». La plus remarquée est celle d’une parcelle de 414 ha à Ras El Mae (province de Moulay Yacoub). Pourvu qu’elle ne connaisse pas une fin aussi mystérieuse que la superficie similaire réservée en 2011 pour abriter une plateforme industrielle intégrée aménagée par la CDG, mais abandonnée en 2013.

    Saïd Zniber, wali de la région rassure. D’importants projets étatiques sont prévus et seront présentés lors d’une prochaine rencontre. En attendant, les opérateurs de la région sont échaudés par les promesses surtout en l’absence de projets structurants, qui serviraient de locomotive à l’investissement privé.

    Une signature pour la forme?

    En décembre 2014, la région de Fès-Boulemane se dotait d’un comité pour l’environnement des affaires «CREA-FB». Instaurée en présence du coordinateur des affaires économiques à l’Intérieur, le wali et les gouverneurs des différentes provinces de la région, cette instance a pour mission principale de prendre toutes les décisions susceptibles d’améliorer l’environnement des affaires. «Ce comité est un outil efficace pour relancer les investissements et identifier les contraintes que rencontrent les différents investisseurs», soulignait Khalid El Yaacoubi, coordinateur des affaires économiques au département de Hassad. Deux ans plus tard, le CREA FB est remplacé le CREA Fès-Meknès (FM), sans qu’aucun bilan de l’ancienne charte n’ait été donné. Normal, car elle n’avait tout simplement pas fonctionné. Elle devait pourtant évaluer l’impact sur les secteurs concernés pour assurer un bel essor à la région. «Ce comité des affaires, serait-ce une nouvelle coquille vide?», ironise un industriel.

    De notre correspondant,
    Youness SAAD ALAMI

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