×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Société

    Anouar Zyne: «Le changement passera par vous»

    Par Amine BOUSHABA | Edition N°:4968 Le 24/02/2017 | Partager
    L’UPF-Maroc organise son deuxième «Tea Time»
    Changer, un mouvement qui veut réveiller les consciences
    Son fondateur plaide pour une vigilance publique
    anouar_zyne_068.jpg

    Les membres de l'UPF Maroc et leurs invités, venus échanger, autour d’un thé au Four Seasons Hotel Casablanca, avec Anouar Zyne, fondateur du mouvement «Changer.ma», sur son concept d’éveil citoyen (Ph. Khalifa)

    «Sommes-nous devenu une société de l’humeur?» D’emblée, Anouar Zyne interpelle l’assemblée de journalistes et d’invités, réunis au Four Seasons Hotel Casablanca,  pour le deuxième «Tea Time» de la section marocaine de l’Union de la presse francophone. Le fondateur du mouvement «Changer.ma» était en effet invité par l’UPF-Maroc pour y présenter son mouvement pour un réveil citoyen. Mais pourquoi Zyne nous parle d’humeur? «Nous sommes constamment sollicités à exprimer nos humeurs et de moins en moins nos idées», explique-t-il en préambule de sa présentation. «Nous likons, nous sommes tristes, nous vivons des situations “compliquées”… autant  de sentiments que nous exhibons sur les réseaux sociaux et qui prennent le pas sur les vrais débats». Dans l’humeur, il y a également  la colère.

    Une colère que l’invité de l’UPF-Maroc ressent envers l’Administration! «Nous sommes les enfants de l’Etat, quand les Européens, par exemple, sont les enfants du droit».  Ce besoin constant que nous avons d’un tuteur de l’autorité, pour faire de la médiation ou tout simplement  faire respecter la loi dans nos moindres actes est un frein à l’exercice de la citoyenneté. Un exercice que le mouvement «Changer.ma» veut  justement promouvoir. Comment y arriver? Le mouvement a identifié quatre leviers dont le premier est le plus simple: la collaboration avec les élus! Mais avant cela, les connaître (et se faire connaître). Le deuxième levier d’action proposé est le recours à la justice.  Le troisième est le plaidoyer public et enfin le dernier et le plus important reste la possibilité nouvelle donnée aux citoyens de présenter des pétitions et motions au gouvernement.

    Maintenir une vigilance publique de tous les jours

    Une batterie de mesures qui offrent une excellente opportunité de pression citoyenne et dont on fait très peu usage. Une méthodologie de la participation citoyenne, argumentée, documentée qui permet à des individus, des groupes ou des collectivités de se prendre en main, d’exercer  une pression sur les élus et «maintenir une vigilance publique de tous les jours», affirme cet ancien membre du bureau politique de l’Union constitutionnelle, reconvertit en activiste du changement. Les exemples ne manquent pas, à l’instar des riverains de la place Chaouia à Casablanca qui ont imposé l’aménagement d’un parc de jeux pour les enfants à la commune  qui a financé les travaux, ce citoyen de Rabat qui, à force de constatations par huissier de justice et de plaintes, a réussi à obtenir un jugement rendant illégal l’immobilisation des véhicules à l’aide d’un sabot, le plaidoyer de l’association Insaf pour l’abolition du travail domestique pour les mineures, ou encore ce médecin qui forme des sages-femmes à des gestes et techniques très simples mais qui peuvent sauver la vie à des nouveau-nés.

    upf-maroc_068.jpg

    L’équipe de l’UPF-Maroc se propose d’inviter une personnalité du monde politique, économique, social ou culturel pour son «Tea Time» mensuel. Ici, Meriem Oudghiri, présidente de l’UPF-Maroc, en compagnie de Anouar Zyne et des membres du bureau (Ph. Khalifa)

    Le rôle de la presse en tant qu’acteur du changement a également été donné en exemple, particulièrement les enquêtes sur les dossiers de spoliation immobilière, qui ont valu aux deux journalistes Fayçal Faqihi de L’Economiste et  Mohamed Ezzouak, fondateur du site Yabiladi.com le Prix de la presse citoyenne, mais surtout de mettre la lumière sur toutes les victimes dépossédées illégalement de leurs biens immobiliers. Le partage d’idées, d’exemples et surtout de méthodologie, c’est exactement ce que propose «Changer.ma». Il s’agit en fait d’accompagner les individus, les initiatives, les associations citoyennes en mettant à leur disposition des outils et en faisant la promotion de leurs actions. Un concept novateur, que beaucoup, y compris parmi les invités de ce «Tea Time», ont du mal à intégrer.

    «Ne croyez jamais un homme politique qui vous dit j’ai la solution à vos problèmes!»

    «Concrètement, qu’est-ce que vous faites? Qu’est-ce que vous proposez?» demande une partie de l’assistance: De la méthode, répond imperturbable le spécialiste de la communication publique et politique, avant de développer: «Ne croyez jamais un homme politique qui vous dit j’ai la solution à vos problèmes!» prévient  Anouar Zyne, qui sait très bien de quoi il parle. «La solution ne peut venir que de vous», insiste-t-il, à condition qu’il y ait une réelle aspiration au changement grâce à une exigence citoyenne, et une vigilance publique sur le fonctionnement de nos institutions. «Pour cela, il faut discuter, débattre, dénoncer et ne pas hésiter à aller en justice, faire des pétitions citoyennes pour des projets… Le tout, en dehors des temps électoraux».

    Hommage aux «Justes»

    A mi-chemin entre l’autobiographie et le programme politique, «Changer. Debout le Maroc des justes», le livre d’Anouar Zyne, est surtout le cri de cœur d’un repenti. Un repenti de la politique partisane, mais qui se garde d’insulter l’avenir. Cet avenir qu’il voit justement  aux mains de ces héros du quotidien, véritables acteurs du changement  à qui son mouvement rend hommage.  Des jeunes qui donnent bénévolement des cours de soutien à leurs pairs, qui montent des bibliothèques éphémères en plein désert, qui traversent le monde en faisant la promotion d’un Maroc moderne et ouvert… L’ouvrage donne à lire une réflexion tout au long de ses dix dernières années de militantisme politique et d’observation.

     

     

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc