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    Trump promet des annonces sur les impôts

    Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:4959 Le 13/02/2017 | Partager
    Il s’était engagé à ramener le taux de l’IS de 35 à 15%
    Son programme économique pourrait relancer le cycle de croissance
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    Euler Hermes prévoit une accélération de la croissance américaine. Pour assurer une telle reprise, il faudra contenir les éventuelles répercussions négatives des décisions politiques de l’administration Trump sur l’économie américaine. Tout dépendra de leur mise en œuvre

    DONALD Trump a fait de nouvelles promesses pour la réforme des impôts d’ici deux à trois semaines. Des baisses toucheraient à la fois la classe moyenne et les entreprises. Durant sa campagne, le président américain a promis de réduire l’impôt sur les bénéfices à 15%. Le taux d’imposition des sociétés est théoriquement de 35%, mais donne lieu à de très nombreuses déductions. Son équipe travaille aussi sur une réforme de l’impôt sur le revenu, la ressource la plus importante du budget fédéral.

    Une application partielle du programme économique de Donald Trump pourrait relancer le cycle américain de croissance à court terme. «Notre scénario central prévoit une mise en œuvre partielle des promesses électorales faites par le nouveau président, y compris le lancement d’un plan de relance budgétaire pour 2017. La reflation qui en découlera contraindra la Fed à donner un tour de vis monétaire plus régulier au cours des trois prochaines années», explique Ludovic Subran, chef économiste d’Euler Hermes. Il prévoit d’ailleurs entre 2 et 3 hausses des taux par an jusqu’en 2019, qui ramèneront les taux d’intérêt à un niveau proche de la barre des 3%.

    Les mesures budgétaires à venir pourraient inclure des dépenses d’infrastructure de l’ordre de 500 milliards de dollars sur 10 ans. Cela représente la moitié de ce qu’a promis le nouveau président au cours de sa campagne. Même si le déblocage des fonds pourrait être retardé, le temps d’identifier clairement les projets (et d’appeler à la rescousse l’investissement privé et l’endettement), il s’agira d’une décision politique importante, qui devrait soutenir la croissance de la consommation, estimée à +2,8% en 2017 (+2,6% en 2016).

    En ce qui concerne les mesures fiscales, les entreprises pourraient évoluer dans un environnement plus favorable grâce à une baisse du taux d’imposition des sociétés (de 35 à 15%) et à la possibilité d’amortir leurs dépenses d’investissement sur 1 an au lieu de 10 ans. Ces mesures devraient être adoptées conformément aux promesses électorales. Ce qui favorisera la croissance de l’investissement privé, attendue au rebond à +2,8% en 2017 (-0,7% en 2016) et encouragera la mobilisation de l’abondante trésorerie accumulée au bilan des entreprises.

    Le président Trump semble tenté de relancer l’économie américaine par la dérégulation. En témoignent les décrets signés récemment, ordonnant la révision de la réglementation financière et bancaire mise en place au lendemain de la crise de 2008, à savoir la loi Dodd-Frank. «Une telle décision préfigure une baisse des exigences en fonds propres et des ratios de liquidité des banques américaines. Cela pourrait donner lieu à une augmentation des revenus du capital pour les ménages et soutenir un cycle expansionniste de crédit aux Etats-Unis», estime Ludovic Subran. D’autre part, cette dérégulation devrait favoriser les entreprises américaines, mais pourrait créer des déséquilibres dans l’économie mondiale.

                                                                         

    ■ Métamorphose des relations commerciales: Si les promesses électorales sont tenues, il faudrait s’attendre à une véritable métamorphose des relations commerciales, qui passeront du multilatéralisme et des traités régionaux aux accords bilatéraux. Les relations avec la région Pacifique (TPP) et l’Europe (TAFTA) seront mises entre parenthèses. En même temps, une politique commerciale plus restrictive affectera les pays ayant d’importants excédents commerciaux avec les Etats-Unis, avec à leur tête la Chine et le Mexique. «Les droits de douane de 45% annoncés au cours de la campagne semblent fantaisistes, mais ceux de 15% sur les marchandises importées de Chine et des mesures non conventionnelles telles que le renforcement de la loi sur la préférence nationale, la différenciation par le régime fiscal et le protectionnisme sur les services sont parfaitement envisageables», estime Ludovic Subran. Enfin, même si la renégociation de l’Alena semble peu probable en 2017, des barrières non douanières (renforcement des normes, par exemple, en matière de conditionnement) et des incitations à relocaliser les activités pourraient être mises en œuvre. Cela aurait des conséquences négatives sur les entreprises américaines fabriquant une partie de leurs produits au Mexique (l’industrie automobile, par exemple).
    ■ Alerte sur les défaillances d’entreprises: Le programme de Donald Trump pourrait s’avérer à double tranchant pour les entreprises américaines. L’impulsion donnée à la demande et les baisses de l’impôt sur les sociétés favoriseront la génération de liquidités, alors que les incitations fiscales concernant les dépenses d’investissement assureront la productivité future. D’un autre côté, l’inflation et la hausse des taux d’intérêt pourraient accroître le coût du financement et rendre plus difficile l’accès à l’emprunt. Sans parler des mesures protectionnistes qui mettront sous pression les coûts de production et pèseront sur les bénéfices et les flux de trésorerie d’exploitation. «En fin de compte, ces trois facteurs combinés (croissance de l’activité, incertitude sur les coûts de production et financement plus coûteux) pourraient accroître les besoins en fonds de roulement des entreprises et le risque de crédit», expose le chef économiste d’Euler Hermes. Selon ses estimations, les défaillances d’entreprises aux Etats-Unis pourraient augmenter de 1% en 2017 et de 5% en 2018, après la stagnation enregistrée en 2016.
    ■ Impact sur les secteurs: A l’échelle sectorielle, les conséquences du plan de Donald Trump seront contrastées. Les secteurs nationaux non délocalisables, comme la distribution et la construction, sont ceux qui devraient profiter le plus de l’impulsion donnée à la demande. Certains secteurs délocalisables pourraient également bénéficier d’une amélioration de la compétitivité et d’un soutien délibéré de l’Etat, comme des mesures antidumping dans la métallurgie. A l’inverse, dans d’autres secteurs comme le textile ou l’électronique, les répercussions négatives de la politique commerciale de l’administration Trump pourraient effacer largement les effets externes positifs de la relance budgétaire.

     

     

     

     

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