Analyse

Textile: Devenir le «tailleur en chef de l’Europe»

Par Ali ABJIOU | Edition N°:4956 Le 08/02/2017 | Partager
Le secteur resserre les rangs dans le Nord et cherche à sortir de la sous-traitance
Réduire les coûts et augmenter la compétitivité, le challenge

L’industrie manufacturière, la confection en particulier a longtemps été considérée comme l’un des plus importants employeurs de la région. L’avènement de l’automobile et de ses équipementiers a réduit cette hégémonie, même si le textile continue d’être en première position. Mais la confection est passée par bien des étapes parmi lesquelles la menace chinoise et les différentes crises économiques pour en ressortir aujourd’hui affaiblie et ankylosée, réduite au statut de sous-traitant alors qu’elle a les atouts pour devenir le tailleur en chef de l’Europe, selon Omar Moro. «Mais il faut bien qu’un changement d’esprit intervienne», avertit le responsable de la Chambre. La situation est actuellement très fragile, et la région en entier dépend du bon vouloir d’un seul donneur d’ordre, Inditex pour ne pas le nommer. Ce dernier s’accapare 80% des commandes des entreprises travaillant pour l’export. Cela suppose environ 150 millions de pièces pour cette seule entreprise et ses différentes enseignes. Un chiffre qui a pratiquement doublé lors des dix dernières années mais qui ne suppose pas une amélioration de la situation car en parallèle, les marges ont fondu comme neige au soleil mettant en péril la situation de nombreuses unités de petite ou moyenne taille. Mais c’est surtout une absence d’esprit d’unité qui fait défaut, note Moro. «Depuis la Chambre, nous avons à maintes fois sensibilisé à l’idée des consortiums, un concept qui a aidé de nombreuses régions en Italie ou en Espagne. Il s’agirait de s’inspirer du secteur automobile avec ses équipementiers où chacun se spécialiserait dans un entrant particulier afin de réduire les coûts et d’augmenter la compétitivité du secteur en entier. Cela permettrait aussi de dépasser les tares qui entravent le développement du secteur à Tanger comme l’intersaison où la demande baisse ou s’arrête totalement ce qui mène de nombreuses unités à mettre leurs employés au chômage technique. 
D’autre part, le secteur s’est trop spécialisé dans l’aval, c’est-à-dire la confection, sans investissements dans la fabrication d’intrants, comme le tissu par exemple, note la délégation de l’industrie et du commerce. De fait, la valeur ajoutée du secteur reste faible avec une faible exploitation du potentiel qu’offre le marché local.
Ce dernier connaît actuellement un important développement, les enseignes étrangères, autrefois inaccessibles commencent à pousser comme des champignons et le comble est que pour une grande majorité, elles offrent des produits qui ont été fabriqués au Maroc. 
Une nécessité d’autant plus impérieuse que la fluctuation des marchés locaux impacte de façon négative le secteur, surtout en matière d’intrants comme le tissu. 
D’autres aspects entrent en ligne de considération aussi comme les coûts logistiques. Le gain que suppose la proximité de l’Europe est en partie masqué par les coûts de la traversée du Détroit qui continuent de peser sur les marges. 

Forces et faiblesses de la région 

• Les «+»
- Proximité de l’Europe
- Forte tradition en matière d’industrie manufacturière
- Un tissu important d’opérateurs bien implanté
- Une offre foncière en développement 
 
• Les «-»
- Forte dépendance d’un seul donneur d’ordre
- Marges en forte érosion
- Volatilité des prix des intrants.

 

Retrouvez dans la même rubrique

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc