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Ecoles turques: Le dispatching des élèves commence

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:4955 Le 07/02/2017 | Partager
Une opération psychologiquement difficile pour les enfants!
Un groupe privé se porte candidat pour la reprise de la gestion de tout le réseau
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Au total, 666 élèves sont concernés par la fermeture du groupe turc Mohammed Al Fatih à Casablanca, 430 à El Jadida, 1.185 à Tanger-Tétouan et 229 à Fès. Tous ont manifesté leur colère après la décision du ministère de l’Intérieur. Les parents ont déposé un recours en justice pour annuler l’interdiction, sans succès (Ph. Jarfi)

Les 2.513 élèves des 8 écoles du groupe turc, Mohammed Al Fatih, au Maroc intègreront bientôt leurs nouveaux établissements. Après le refus du tribunal administratif de Casablanca d’annuler la décision de fermeture du réseau, les délégations provinciales de l’Education nationale continuent de s’activer pour placer les enfants dans de nouvelles écoles. «Les parents ont eu accès à la carte de l’offre éducative. En fonction de leurs choix, nous intervenons auprès des établissements privés sélectionnés afin de faciliter l’intégration des enfants», déclare-t-on au ministère de l’Education nationale. «Nous sommes entièrement mobilisés pour les familles. Dans certaines écoles, à Fès et à Tétouan, elles ont été dédouanées des frais d’inscription», poursuit-on.

L’opération de redéploiement est, cependant, mal vécue par les enfants, séparés de leurs écoles, camarades et professeurs, en plein milieu de l’année scolaire. Beaucoup ont manifesté, en pleurs, en compagnie de leurs parents, devant leurs écoles respectives, pour faire part de leur protestation. «Nous avons été très émus par les réactions des enfants qui nous ont témoigné leur attachement, chacun à sa manière», confie, non sans regrets, la direction de l’école Essafwa, l’un des deux établissements sommés de fermer leurs portes à El Jadida. Le deuxième, Essafwa 2, même s’il n’a démarré son activité qu’en 2016-2017, sans aucun partenariat avec le groupe Turc, a également été obligé de mettre la clé sous la porte. Après avoir résisté au début, il a finalement dû se plier à la décision de l’administration. Un grand nombre des élèves des deux établissements sera accueilli dans une même école privée à El Jadida, en vue de minimiser l’impact de la «déchirure» pour les enfants. 
«Nous allons faire appel à la décision du tribunal», avance, pour sa part, l’un des représentants des parents, constitués en association, Slimane Bouslimi. «En attendant, un investisseur marocain est prêt à reprendre la gestion de tout le groupe au Maroc. C’est pour nous la solution idéale», poursuit-il. En effet, selon des parents d’élèves, une réunion a eu lieu, il y a plus de deux semaines, entre les représentants du groupe privé et ceux de Mohammed Al Fatih à Tanger, dans le but de négocier un contrat de gestion du réseau. Le ministère de l’Education nationale, quant à lui, assure n’avoir reçu, pour l’heure, aucune demande dans ce sens. Le dispatching des élèves donc continue. Cela dit, qu’adviendra-t-il des enseignants et équipes administratives qui se retrouvent, du jour au lendemain, au chômage? «Avec le déficit en ressources humaines dont souffrent les écoles privées, ils seront très rapidement réembauchés», rassure Abdeslam Amor, SG de l’Alliance de l’enseignement privé au Maroc.
Pour rappel, la décision de fermeture du groupe Mohammed Al Fatih, proche du prédicateur turc Fethullah Gülen, a été annoncée début janvier dernier. Selon le ministère de l’Intérieur, le groupe scolaire, présent au Maroc depuis 1994, diffuse des idées «contraires aux principes du système éducatif et religieux marocain». Des idées qui découlent de l’idéologie du mouvement «Hizmet», dont Gülen, l’ennemi numéro un du régime turc, est le leader. L’interdiction prend effet, à partir de ce début février.

Les parents de l’école de Lissasfa dans l’impasse

Contrairement aux autres établissements du groupe Al Fatih, celui de Lissasfa (Casablanca) enseignait les matières scientifiques en anglais au secondaire. Même au primaire, le calcul était dispensé dans la langue de Shakespeare. Les élèves sont donc plus anglophones que francophones. Aucune autre école n’adopte ce modèle à Casablanca. Les parents estiment que le redéploiement de leurs enfants est impossible, et continuent de militer pour garder leur établissement, ne serait-ce que jusqu’à la fin de l’année scolaire. L’Education nationale, pour sa part, minimise la situation. «Dans le secondaire, uniquement une vingtaine d’élèves sont concernés. Au lycée, il y a la solution du baccalauréat international disponible dans plusieurs établissements. Tandis qu’au collège, il est possible de recourir à des cours de renforcement du français», explique une source au ministère. A Casablanca, deux autres écoles ont dû cesser leur activité, à Anfa et Aïn Chock.

 

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