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    Economie

    Etat d’urgence pour la filière des légumineuses

    Par Jamal Eddine HERRADI | Edition N°:4951 Le 01/02/2017 | Partager
    Superficie, rendement à l’hectare, production, consommation.... un tableau de bord bien mitigé
    Du statut de 2e exportateur mondial, le Maroc est devenu un simple importateur
    La contrebande pousse de nombreux opérateurs à fermer boutique
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    Les lentilles, plat du pauvre? C’est malheureusement ce que pensent de nombreux Marocains. En effet, nos concitoyens n’ont consommé en moyenne que 8 kg/ha/an au cours des 5 dernières années. Au Maroc, la superficie dédiée à la culture des légumineuses reste encore faible: 400.000 ha. Elle ne représente que 6% de la superficie agricole utile. Les zones de culture sont concentrées dans le Saïss, le Rif, le Gharb et la Chaouia, principalement dans les environs de Settat. La production moyenne annuelle est d’à peine 3,2 millions de quintaux. Et le rendement moyen à l’hectare est de seulement 8 quintaux.

    En outre, le Maroc importe en moyenne annuelle 290.000 quintaux de légumineuses essentiellement les lentilles. Des chiffres qui en disent long sur l’état d’une filière que l’on a du mal à faire redécoller. Faut-il rappeler que le Maroc était, jusqu’à la fin des années 1970, le deuxième exportateur mondial de légumineuses alimentaires? A cause d’années successives de sécheresse, de la suspension des exportations, de la concurrence d’autres pays (Turquie, Australie, Mexique, Canada…), le Maroc a perdu ses clients traditionnels et le pays est passé dès 1992 d’une position d’exportateur à celle d’importateur.

    Solide opportunité de renforcer durablement la sécurité alimentaire

    Pourtant, la filière des légumineuses alimentaires au Maroc joue un rôle important à plusieurs niveaux. Elle équilibre la ration alimentaire, améliore la fertilité du sol, offre une durabilité des systèmes de production et de l’emploi de la main-d’œuvre agricole. C’est pour cette raison que beaucoup d’économistes (et de nutritionnistes) estiment que les légumineuses constituent, aujourd’hui plus que jamais, une solide opportunité de renforcer durablement la sécurité alimentaire tout en améliorant les apports nutritionnels. Toutefois, cela ne peut se faire sans passer par l’intensification et la diversification des systèmes de production agricole.

    Mais force est de constater qu’au cours de cette dernière décennie, et bien loin de leur potentiel, les niveaux de production des légumineuses n’ont pas cessé de régresser dans notre pays. Et pour cause! Selon la loi 12-94, le commerce des légumineuses est libre, mais la contrebande gangrène chaque jour davantage cette filière en mal de décollage. Et c’est un véritable cri de détresse que poussent les importateurs de légumineuses. En effet, leur chiffre d’affaires a enregistré une baisse de plus de 70%. Aujourd’hui, sur les 25 importateurs (employant chacun directement au moins 40 personnes), certains ont déjà mis la clé sous la porte. Les raisons qui ont conduit à cette situation sont à chercher du côté des taux de douane très élevés et de la contrebande. En fait, les premiers entraînent inéluctablement la montée en puissance de la seconde. Explication: en imposant fortement des produits, on encourage systématiquement la contrebande.

    Aucun régime de commercialisation

    La filière des légumineuses ne bénéficie d’aucun régime de commercialisation. L’intervention de l’Etat consiste essentiellement à mettre en place des droits de douane permettant la protection de la production nationale et la priorité de son utilisation, sans lutter efficacement contre la contrebande. C’est ce qui fait que les prix sont déterminés en fonction de l’offre et de la demande et demeurent influencés par le niveau de production et les prix des légumineuses d’importation. A cela, il faut ajouter un faible niveau d’intégration de la chaîne de valeur (commerçants détaillants et grossistes,  collecteurs auprès des agriculteurs…).  C’est pour toutes ces raisons que beaucoup de voix prônent aujourd’hui que les légumineuses alimentaires doivent  retrouver leur place dans les systèmes de culture.  Le Maroc a le potentiel et le savoir-faire pour produire plus de légumineuses alimentaires et même en exporter, soutient un économiste-agronome.

    Il rappelle dans ce cadre qu’un plan a bien été mis en place par le département de tutelle. Ce plan devait permettre, à l’horizon 2016 (nous sommes déjà en 2017), une augmentation de 20% de la production des légumineuses, la création de 100 entreprises de semences, l’accroissement de 10% de la consommation des légumineuses par habitant, ainsi que la création de 2.500 emplois. Le plan en question aurait coûté pas moins de 64 millions de dirhams, sans que, malheureusement, ses objectifs n’aient été atteints.

    Vulgarisation

    La Fédération nationale de la minoterie (FNM) a organisé le 18 janvier, et à l’occasion  de la célébration de la Journée mondiale des légumineuses (Global Pulse Day), une journée d’information et de dégustation des produits fabriqués à partir des légumineuses (couscous, gâteaux et plats préparés à base de blé et de légumineuses).  Cette manifestation, organisée à l’Institut de formation de l’industrie meunière (IFIM) de Casablanca, a été une occasion pour rappeler l’importance des légumineuses tant pour le régime alimentaire que dans l’alternance des productions céréalières.

     

     

     

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