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    Société

    Transparency: Le Maroc s’enlise dans une corruption endémique

    Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:4948 Le 27/01/2017 | Partager
    Le pays fait du surplace dans l’indice de perception depuis 17 ans
    La stratégie nationale de lutte contre la corruption est restée lettre morte
    Faible score en matière de transparence budgétaire
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    A défaut d’avancer, le Maroc stagne dans le classement de l’Indice de perception de la corruption, avec un score variant entre 36 et 37 points sur 100, en dépit des différentes mesures annoncées pour atténuer l’impact de ce fléau

    Comme nous l’avons annoncé sur nos colonnes dans l’édition d’hier, le Maroc arrive à la 90e place dans l’Indice de perception de corruption de Transparency international. Malgré une légère amélioration par rapport à 2015, le Maroc fait du surplace depuis plusieurs années. Ce qui témoigne de l’échec du gouvernement à combattre ce fléau. Pourtant, la lutte anti-corruption était le cheval de bataille de certains partis, en tête le PJD, lors de la campagne électorale de 2011.
    Aujourd’hui, la stratégie nationale de lutte anti-corruption, annoncée en grandes pompes l’année dernière, est restée lettre morte. «Rien de concret n’a été entrepris en termes d’exécution de cette stratégie», a déploré Fouad Abdelmoumni, secrétaire général de Transparency Maroc. Pourtant, l’un des objectifs centraux de ce programme est de passer d’un score de 36/100 à 60/100 à l’horizon 2025.

    Ce qui signifie de gagner 24 points sur 10 ans. Et c’est lors des premières années de lancement d’une stratégie que les plus grands efforts doivent être menés, rappellent les responsables de cette ONG. «C’est au début que nous sommes censés faire de grands pas. Si nous continuons au même rythme, même avec une évolution positive, comme cette année, nous n’allons pas atteindre l’objectif», a mis en garde Abdelmoumni. Ce qui pousse les responsables de Transparency à conclure que «le Maroc a du mal à sortir de cette tendance, malgré les mesures prises et les discours qui n’ont pas eu un impact sur le terrain». Aujourd’hui, le pays «stagne à un niveau de corruption de type systémique», selon Azzedine Akesbi, membre du bureau exécutif de cette ONG. Après une amélioration au début des années 2000, avec un score de 4,7 points, «le Maroc est entré dans une phase d’enlisement à un niveau de corruption endémique», a estimé ce professeur d’économie. Un constat qui s’est confirmé durant les 17 dernières années, selon les conclusions de Transparency. A partir de 2012, qui a été marquée par un passage de l’échelle de score de 1 à 10 à 1 à 100, le Maroc a réalisé les mêmes performances, avec un score qui n’a pas connu une grande évolution. Depuis cette date, il a stagné à des niveaux entre 36 et 37 points. Ce qui le place dans «le niveau supérieur du tiers des Etats les moins bien classés», selon Transparency.

    La situation peu reluisante du Maroc au niveau de l’IPC est confirmée par d’autres indicateurs. C’est le cas notamment du baromètre de la corruption 2016, effectué sur un échantillon de 1.200 personnes. «Les résultats sont basés sur l’expérience des personnes et non pas uniquement sur la perception», a précisé Akesbi. Il en ressort que la justice, la police et la santé arrivent en tête des secteurs les plus corrompus. Sur les 1.200 personnes sondées, 49% ont déclaré avoir vécu une expérience de corruption dans le domaine de la justice, 39% au niveau de la police et 38% dans les hôpitaux publics. Pareil pour l’enquête sur le budget ouvert. «Depuis 2006, le Maroc n’a jamais dépassé le score de 38 points», a déploré Akesbi. Il a souligné que le pays est classé 74e sur 102 Etats, dans l’avant dernière zone, offrant un accès minime en termes de transparence budgétaire. Selon cette enquête, «l’indice de participation du public au processus est très faible, ne dépassant pas un score de 2 sur 100». Idem pour le contrôle budgétaire. «Le score du Parlement s’élève à 21 sur 100 au moment où celui de la Cour des comptes s’est limité à 17 sur 100».

    Recul

    Plusieurs mois après son lancement, la stratégie nationale de lutte contre la corruption n’a pas encore été dotée des mécanismes de mise en œuvre, selon les responsables de Transparency Maroc. Son implémentation «a besoin d’un chef d’orchestre, capable d’assurer la coordination entre les différents départements», est-il indiqué. Azzedine Akesbi a rappelé qu’il «ne s’agit pas de la 1re expérience officielle dans ce domaine». Mais, «nous avons l’impression que tout s’arrête après l’annonce de la stratégie». Ce qui pousse, selon lui, à «s’interroger sur la volonté politique en matière de lutte anti-corruption». D’autres responsables de cette ONG, ont déploré les promesses non tenues, surtout après les grandes ambitions nées des avancées consacrées par la Constitution de 2011. Aujourd’hui, «nous sommes plutôt face à des lois qui font marche arrière», a martelé Fouad Abdelmoumni. Par exemple, «la nouvelle loi sur l’ICPC a consacré les anciennes faiblesses, notamment en termes d’absence de pouvoirs réels et d’indépendance de cette instance», a-t-il dit. Idem pour la loi sur le droit d’accès à l’information, qui a, à l’inverse, limité l’accès des citoyens à une série de données.

     

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