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Economie

Une recette du CESE pour le rural

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:4948 Le 27/01/2017 | Partager
Appel à la mise en place d’une entité pour la coordination des actions sectorielles
Les centres ruraux doivent bénéficier d’un plan d’aménagement
Des mesures incitatives pour encourager la valorisation des produits agricoles dans les campagnes
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Le rapport du CESE considère que les mutations qu’a connu la campagne marocaine poussent vers un changement de paradigme. Le rural ne doit plus être confondu avec l’agricole, de même que l’impact social des infrastructures réalisées est le seul indicateur de la réussite des programmes mis en œuvre (Ph. Bziouat)

Faible niveau du développement humain, persistance des inégalités économiques, enclavement, marginalisation… le monde rural souffre de plusieurs maux. Or, c’est aussi un espace pourvoyeur de capitaux humains et qui renferme des gisements de richesses qu’il convient de mobiliser au service du développement, selon le projet de rapport du CESE, présenté hier à Rabat. Ce document, préparé en auto saisine, propose une série de mesures qui ambitionnent d’inverser la tendance. L’objectif est d’éviter que «l’émergence socio-économique durable ne soit entravée par l’absence d’un ancrage du monde rural dans la dynamique nationale».

Pour le Conseil présidé par Nizar Baraka, «les nouvelles mutations qu’a connu la campagne marocaine requièrent un changement de paradigme et d’approches». L’idée est «qu’ils soient centrés plus sur l’humain». Dans ce changement de vision, «le rural ne doit plus être confondu avec l’agricole». De même, la réalisation des infrastructures et des services sociaux et économiques, «ne doit plus être considérée comme une fin en soi». C’est plutôt «un moyen, dont la mesure de l’impact sur les citoyens et leur développement, est le seul indicateur de la réussite des programmes mis en œuvre».

Globalement, ce rapport du CESE appelle à adopter une loi-cadre relative au développement du monde rural. Cela doit s’accompagner de la mise en place d’une entité dédiée au développement de ces zones. Celle-ci sera chargée de «la coordination des actions sectorielles», avec «un renforcement de la gouvernance déconcentrée». Le CESE propose de reconsidérer profondément les modes d’affectation, de gestion et de motivation des ressources humaines des différentes administrations dans le monde rural. Parallèlement, le lancement d’une réforme en profondeur des statuts juridiques des terres doit également être pris en compte dans cette dynamique. Cela permettra de «répondre aux problématiques croissantes, comme le morcellement des terrains agricoles, la forte urbanisation…». Les centres ruraux devront aussi bénéficier de Plans d’aménagement, «en fonction de leurs dimensions, de l’effectif de la population et de leur proximité des villes».

Au niveau économique, le CESE appelle à «procéder à l’évaluation des retombées du Plan Maroc vert sur les ménages ruraux». L’idée est aussi de mettre en place des mesures incitatives pour encourager l’installation des unités de valorisation des produits agricoles en milieu rural. Cela devra passer par le renforcement de l’interaction entre les opérateurs de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de l’administration. D’autres mesures sont aussi proposées, notamment en matière de promotion du tourisme rural et de valorisation des ressources naturelles.

 

 

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