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    Académie du Royaume: La consécration de la modernité passe par l’école

    Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:4946 Le 25/01/2017 | Partager
    Les valeurs de liberté et de citoyenneté appelées à figurer dans les programmes scolaires
    La modernité, une construction en perpétuelle évolution
    Les différences entre Orient et Occident s’effacent suite à l’uniformisation des modes de vie
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    Pour Abdeljalil Lahjomri, secrétaire perpétuel de l’Académie du Royaume, «l’appartenance à l’esprit du siècle, l’implication dans les efforts de développement humain et de lutte contre l’extrémisme poussent les penseurs à reconsidérer la finalité de la modernité en tant que mode de pensée et de valeurs» (Ph. Bziouat)

    Dans un monde en perpétuel changement, la question de la modernité se pose avec acuité. Elle interpelle les chercheurs et académiciens, notamment face aux risques de dérives qu’elle peut occasionner. C’est dans cette logique que ce thème était au cœur des travaux de la 44e session de l’Académie du Royaume, qui se tient depuis hier à Rabat. Aujourd’hui, «l’appartenance à l’esprit du siècle, l’implication dans les efforts de développement humain et de lutte contre l’extrémisme et l’exclusion sociale poussent les penseurs à reconsidérer la finalité de la modernité en tant que mouvement de renaissance et un mode de pensée et de valeurs», a expliqué Abdeljalil Lah-jomri, secrétaire perpétuel de l’Académie du Royaume.

    Le modernisme s’est posé historiquement en tant que rupture née de l’émergence d’un nouveau modèle idéologique. Celui-ci ambitionne souvent de réorganiser la société au niveau culturel, économique et social. L’objectif est de rompre avec l’impact de la tradition, basée sur une appartenance à une spécificité culturelle ou à une identité figée. La consécration des apports de la modernité passe par l’implication de l’école, de l’université, des centres de recherche… Ce qui permet de promouvoir des principes comme la liberté, la citoyenneté, le respect de l’autre… comme l’a indiqué Abdeljalil Lahjomri.

    Pour lui, «ces valeurs doivent être intégrées dans les programmes scolaires, afin de favoriser la préparation de citoyens ouverts, en phase avec la culture du siècle, ayant la capacité du dialogue et en mesure de faire des choix libres et des critiques constructives». Il s’agit d’un travail de longue haleine. Surtout que la modernité n’est pas un concept figé. De même qu’elle n’est pas le résultat d’une recette miracle. Elle est plutôt un effort de modernisation continue. En témoignent les différentes évolutions qu’a connues la dialectique entre l’orientalisme et l’occidentalisme depuis le XVIIIe siècle, comme l’a rappelé Henry Laurens, professeur au Collège de France.

    Pour lui, ces deux notions renvoient aux «savoirs sur la société de l’autre, qui se sont développés en parallèle, permettant de créer des comparaisons. Pris dans la temporalité longue de la grande divergence du XVIIIe siècle, où l’Europe s’est séparée des autres sociétés, à la grande convergence actuelle, différentes attitudes contradictoires se sont succédé.

    Elles ont abouti à un conflit des identités à un moment où le narcissisme de la petite différence dissimule une très probable dissolution de l’exogène». Concrètement, «la différence entre l’Orient et l’Occident devient de plus en plus insignifiante», a-t-il estimé. Surtout que «les sociétés se sont rapprochées, vivant pratiquement au même rythme», a-t-il dit. Plusieurs indicateurs confortent ce constat. Il s’agit notamment de l’uniformisation des modes de consommation et des modes de vie. La culture matérielle est de plus en plus dominante partout dans le monde, et «les restaurants chinois ou italiens ont une présence universelle».

     

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