×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    International

    Trump président ressemblera-t-il à Trump candidat?

    Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:4943 Le 20/01/2017 | Partager
    C’est le jour J, une investiture en grande pompe
    Ses promesses de campagne scrutées par les analystes
    Des défis pour le futur gouvernement
    trumps_043.jpg

    Supprimer la réforme de la santé mise en place par Barack Obama (Obamacare) et certaines réglementations, expulser des clandestins, annuler des traités commerciaux ou encore, construire un mur à la frontière mexicaine. Pour son premier jour ce vendredi 20 janvier à la Maison Blanche, Donald Trump devrait symboliquement lancer la concrétisation de ses promesses de campagne.

    ■ L’Obamacare en ligne de mire:
    La réforme du système de santé adoptée en 2010, surnommée «Obamacare», devra être abrogée et remplacée. L'entourage du milliardaire a indiqué qu'il signerait dès son arrivée des décrets liés au démantèlement de la loi, afin d'annuler par exemple les amendes infligées aux Américains ayant refusé de souscrire à une assurance maladie légalement obligatoire. Mais le problème est le vote ultérieur, par le Congrès, d'une nouvelle loi redéfinissant le système de santé. Trump voudrait que ce texte soit voté presque simultanément avec l'abrogation.

    ■ Traque aux clandestins:
    En campagne, le candidat Trump avait promis d'expulser en priorité les clandestins délinquants qu’il estime à deux millions de personnes. L'administration Obama a déjà rendu prioritaire l'expulsion des sans-papiers représentant un risque ou ayant un casier chargé. Le républicain pourrait en revanche annuler via une simple signature le programme administratif «Daca» créé par Barack Obama en 2012 et qui a permis à plus de 750.000 clandestins arrivés jeunes sur le territoire d'obtenir des permis de séjour et de travail.
    ■ Un mur avec le Mexique:
    Le président Trump s'est également engagé à proposer un projet de loi pour financer la construction de murs qu'il veut ériger pour compléter les barrières et murs existants à la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique. Le Congrès devra voter le financement. Il aura aussi le pouvoir de suspendre immédiatement l'accueil de réfugiés syriens, ainsi que des immigrés en provenance de «régions sujettes au terrorisme» où les dossiers des candidats aux visas ne peuvent, selon lui, être correctement vérifiés.

    trumps_1_043.jpg

    ■ La guerre dans le commerce:
    Donald Trump pourrait annoncer qu'il retire les Etats-Unis du partenariat transpacifique (TPP), négocié pendant une décennie par Washington avec onze pays de la région Asie-Pacifique, soutenu par Barack Obama mais jamais approuvé par le Congrès. L'Accord de libre-échange nord-atlantique (Aléna) avec le Mexique et le Canada est également dans le viseur du républicain, qui veut le renégocier pour empêcher des délocalisations vers le voisin du sud. Et il a promis d'ordonner à son secrétaire au Trésor de condamner la Chine comme un pays qui manipulerait sa monnaie, une étiquette lourde de conséquences et qui pourrait déclencher la colère de Pékin.

    ■ L’Europe doit se secouer:
    Une Alliance atlantique «obsolète», une Union européenne qui pourrait se fragmenter encore davantage après le Brexit … Les dernières déclarations de Donald Trump renforcent le sentiment d’une période de grande incertitude pour l'Europe. D'où l'urgence pour les dirigeants européens de s'unir pour avoir une voix plus forte, plus assurée sur la scène internationale, comme l'ont fait remarquer, Angela Merkel et François Hollande. L’essentiel est de mettre en avant le «besoin de sécurité» des citoyens face à l'afflux migratoire et au terrorisme. Un des plus hauts gradés de l'Otan, le général Petr Pavel, a défendu d’ailleurs l'utilité «incontestable» de l'Alliance atlantique face aux nouvelles menaces.

    ■ Créer des emplois:
    Depuis son élection en novembre, les annonces plus ou moins précises de grands groupes sur l'ouverture d'usines ou la création d'emplois sur le territoire américain se succèdent: Carrier, Ford, Fiat-Chrysler, SoftBank/Sprint, Wal-Mart, et surtout Amazon qui a promis 100.000 nouveaux emplois... Le constructeur automobile américain General Motors a rejoint le mouvement en annonçant un plan d'investissement d'un milliard de dollars et la création de jusqu'à 5.000 emplois aux Etats-Unis. Le groupe d'agrochimie allemand Bayer lui a emboîté le pas avec la promesse de créer 3.000 emplois aux Etats-Unis et de conserver les quelque 9.000 de Monsanto qu'il s'apprête à racheter.

    trumps_2_043.jpg

    Le comité d'organisation a annoncé que Donald Trump prêterait serment sur sa Bible personnelle ainsi que sur celle d'Abraham Lincoln, utilisée en 2013 par Barack Obama. Entre 700.000 et 900.000 personnes devraient assister à la prestation de serment, y compris 99 groupes de manifestants. Une partie des 28.000 membres des forces de l'ordre qui assureront la sécurité de l'événement étaient déjà visibles dans les rues. Ils auront pour tâche d'encadrer les milliers de manifestants qui déferleront sur Washington vendredi et samedi. Le tout accompagné de défilés, de bals et de concerts outre des cérémonies religieuses. Trump signera quelques ordonnances ou décrets dès vendredi, une journée qui sera aussi dominée par des actes protocolaires. Le week-end sera calme, et il faudra s'attendre à plusieurs activités lundi, véritable début de l'ère Trump avec de premières décisions sur les grands sujets. Quant à Barack Obama, il a donné sa dernière conférence de presse mercredi dernier à la Maison Blanche et s'envolera vendredi pour Palm Springs, dans le sud de la Californie, pour des vacances en famille, juste après avoir assisté à la prestation de serment de son successeur

    ■ Environnement, énergie:
    La relance du charbon aura lieu. Une promesse qui pourrait se concrétiser par l'annulation du moratoire sur les concessions de charbon et par l'ouverture de davantage de terrains fédéraux aux compagnies minières afin de doper la production de pétrole, charbon et gaz naturel. Donald Trump a exprimé son intention d'approuver l'oléoduc Keystone XL entre le Canada et les Etats-Unis, un projet rejeté par Barack Obama. Il entend aussi annuler le paiement de milliards aux programmes de l'ONU sur le changement climatique, en redirigeant les fonds vers des projets d'infrastructure environnementale.

    ■ La politique étrangère, un grand axe:
    Donald Trump sera observé de près sur sa politique vis-à-vis de l'Iran, en particulier sur l'accord historique conclu en 2015 pour contenir le programme nucléaire de Téhéran en échange d'une levée de sanctions. L'Arabie saoudite et ses alliés du Golfe espèrent qu’il va les remettre en selle face à l'Iran. Mais redoutent qu'un éventuel effondrement de l'accord sur le nucléaire iranien ne déstabilise davantage le Moyen-Orient, selon des experts.
    Les pays arabes du Golfe se sont insurgés contre «l'interventionnisme» de l'Iran en Syrie, au Liban, en Irak et au Yémen et ont très mal vécu le refus de Obama d'agir militairement contre le régime de Damas. La question de l'islam devrait rester sensible dans les relations avec l'équipe Trump, dont certains membres se sont livrés à des amalgames jugés dangereux dans les pays arabes, selon des analystes. Autre pomme de discorde: la loi, dite Jasta, adoptée en septembre par le Congrès américain qui autorise les victimes des attentats du 11 septembre 2001 à poursuivre l'Arabie saoudite en justice. Quinze des 19 pirates de l'air étaient Saoudiens. Enfin, Ryad et Washington ont des intérêts divergents dans le secteur pétrolier qu'ils dominent.

    trumps_3_043.jpg

    ■ Continuité diplomatique avec Rabat:
    A l'annonce des résultats, le Roi Mohammed VI a félicité Donald Trump pour sa victoire. Feu Hassan II l’avait reçu et son épouse lors d’une visite privée à New York. Les relations entre les Etats-Unis et le Maroc resteront fortes. Le Royaume est considéré comme un allié stratégique aussi bien dans la région Mena qu'en Afrique. Il bénéficie aussi des aides de la Millennium Challenge Corporation.  L'accord de libre échange (ALE), en vigueur entre les deux pays depuis 2006, offre des opportunités d'échanges et d'investissements. Le business a cumulé 20 milliards de DH en 2015. Ce qui fait du Maroc le 72e partenaire commercial des Etats-Unis (cf. notre édition N° 4734 du 22/03/2016, ALE Maroc/Etats-Unis 10 ans de business à deux vitesses). L’ALE a eu ses effets sur le climat des affaires et l’attrait d’IDE. L’on parle d’un total de 379 millions de dollars investis par les entreprises américaines à fin 2014. A ce jour, 150 entreprises américaines opèrent au Maroc, pour un total de 50.000 emplois créés.

    La croissance au rendez-vous

    trumps_4_3_043.jpg

    Parmi les économies avancées, la croissance devrait se redresser aux Etats-Unis pour s’établir à 2,2%, sous l’effet du rebond de l’industrie manufacturière et des investissements après une année 2016 morose, selon les perspectives économiques de la Banque mondiale. «Les Etats-Unis jouant un rôle énorme dans l’économie mondiale, tout changement de cap dans ce pays peut avoir des répercussions à l’échelle planétaire. Ainsi, une politique budgétaire plus expansionniste pourrait rapidement stimuler la croissance à l’intérieur et à l’extérieur du pays, mais une réorientation des politiques, notamment dans le domaine commercial, pourrait annuler les gains réalisés», affirme Ayhan Kose, directeur du groupe Perspectives et économie du développement à la Banque mondiale. «Le niveau élevé d’incertitude pesant sur les politiques publiques dans les grandes économies pourrait aussi avoir des impacts négatifs sur la croissance mondiale», dit-il.
    Tout en restant optimiste, le FMI relève aussi sa prévision de croissance en 2017 (2,3%) et 2018 (2,5%) pour les Etats-Unis. «Etant donné la dynamique de l’économie américaine au seuil de 2017 et la variation probable du dosage de la politique économique américaine, nous avons relevé modérément nos projections de la croissance américaine sur deux ans», indique pour sa part Maurice Obstfeld, conseiller économique et directeur du Département des études du FMI. Cependant, au stade préliminaire actuel, «les détails de la future législation budgétaire restent imprécis, de même que le degré d’augmentation nette des dépenses publiques et les répercussions sur la demande globale, la production potentielle, le déficit fédéral et le dollar».

     

     

    Retrouvez dans la même rubrique

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc