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    Analyse

    Exclusif/Capital immatériel: L’école, un gouffre à fragilités

    Par Ahlam NAZIH | Edition N°:4943 Le 20/01/2017 | Partager
    L’amélioration du nombre moyen d’études de 2 ans seulement aurait un immense impact
    Elle augmenterait aussi la richesse immatérielle de 81%
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    Le Maroc a certes dépensé des sommes considérables dans l’enseignement et amélioré le taux net de scolarisation, mais en parallèle, la qualité du système ne cesse de se dégrader. En témoignent les scores obtenus par les écoliers dans les classements TIMSS et PIRLS, qui ont baissé entre 2003 et 2011 (Source: Unesco)

    Le capital humain fait partie des principales composantes du capital immatériel. Son impact sur la richesse globale est considérable. Malheureusement, au Maroc, il demeure peu qualifié. Malgré les efforts fournis pour la généralisation de la scolarisation, qui frise aujourd’hui les 100% au primaire, la qualité n’a pas suivi. Le taux d’abandon reste aussi très élevé. Selon le ministère de l’Education nationale, 70% des élèves quittent l’école avant d’obtenir leur baccalauréat. L’analphabétisme touche, par ailleurs, encore près de 32% de la population.

    Dans leur rapport sur la richesse globale au Maroc entre 1999 et 2013, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) et Bank Al-Maghrib (BAM) relèvent justement cette «fragilité» du capital humain. A titre d’exemple, le nombre moyen d’années de scolarisation des 25 ans et plus atteignait à peine 4,4 années en 2012. Un score bien en dessous de la performance mondiale et de celle des pays arabes (voir illustration). Or, selon le rapport, «si un pays comparable au Maroc se fixait pour objectif d’améliorer de deux ans le nombre moyen d’années d’études par adulte de 25 ans et plus, la richesse immatérielle du pays augmenterait de 81%. La richesse globale, elle, bondirait de 56%».

    Cela aurait, par ailleurs, un effet positif sur le niveau de vie. En 2013, par exemple, l’augmentation d’une année d’études améliorait la rémunération moyenne d’un salarié de 9,6%. Toutefois, cela reste tributaire du redressement de la qualité du système éducatif, qui peine à se mettre à niveau depuis plusieurs décennies, malgré les sommes colossales englouties (près de 6% du PIB investis chaque année).

    De 1999 à 2012, environ 400.000 élèves ont abandonné l’école chaque année. A cela s’ajoute une moyenne annuelle de plus de 760.000 redoublements, soit le double de la moyenne mondiale. En termes d’acquis de base et de compétences, les élèves marocains occupent les derniers rangs des classements

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    Le nombre moyen d’années de scolarisation des 25 ans et plus est d’à peine 4,4 ans au Maroc (contre 3,4 ans en 2000). Un niveau bien en dessous de la moyenne mondiale (7,7 ans) et de celle des pays arabes (6,3 ans)

    internationaux en matière de lecture et de sciences (PIRLS et TIMSS). Ce faible niveau débouche sur une inadéquation entre les profils formés et les besoins du marché de l’emploi, qui se traduit par de forts taux de chômage (19,1% des 15-24 ans).

    «L’objectif visé ambitionne d’élever au rang de priorité nationale l’investissement dans le développement du capital humain», estiment BAM et le CESE. «De manière à élargir la base sociale de la production, d’assurer l’égalité des chances et des opportunités, d’introduire la culture de la productivité et de la créativité, et d’améliorer les conditions d’accès à l’économie de la connaissance et du savoir», poursuivent-ils dans leur rapport. Plusieurs recommandations ont ainsi été élaborées, à commencer par la transformation de l’école en «pilier de l’égalité des chances et en vecteur de mobilité sociale».

    Le rapport insiste également sur plusieurs leviers de la vision 2015-2030 pour la réforme de l’enseignement, dont le développement de l’attractivité de l’école, la lutte contre l’abandon scolaire, le renforcement des compétences du corps pédagogique, l’autonomie des académies régionales… il insiste aussi, entre autres, sur la nécessité d’élever au rang de «cause nationale majeure» l’acquisition par tous d’un socle garanti et partagé de connaissances de base et d’éducation fonctionnelle. Ceci dans le but d’élever le niveau général de connaissances de la population. Le document appelle, en outre, à renforcer la capacité d’adaptation et d’innovation du capital humain, en améliorant les conditions d’accès à la société de la connaissance et du savoir.

     

     

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