×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Economie

    Tabac: La bataille reportée à l’après-loi de finances

    Par Hassan EL ARIF | Edition N°:4931 Le 04/01/2017 | Partager
    La dernière liste ne comporte aucune nouvelle marque de tabac brun
    La Commission d’homologation attend l’adoption d’une norme dédiée
    tabac_031.jpg

    La fiscalité réduite du tabac brun avait pour objectif de protéger la production locale orientée exclusivement vers ce segment. Mais depuis quelques mois, la Société marocaine des tabacs, principal client et industriel, a commencé à résilier ses contrats d’approvisionnement. Ce qui devrait entraîner une reconversion de la tabaculture locale (Ph. L’Economiste)

    Les distributeurs de tabac ne se faisaient pas trop d’illusions. La Commission d’homologation des produits de tabacs, présidée par le ministre des Affaires générales et de la Gouvernance, a publié, jeudi 29 décembre, la liste des prix des produits de tabac en vigueur pour l’année 2017. Les attentes des distributeurs se focalisaient sur l’introduction de nouvelles marques dans le segment du tabac brun. Ils devront s’armer de patience car la Commission n’a autorisé aucun nouveau produit dans cette catégorie. En cause, l’intégration d’une norme dans le projet de loi de finances fixant à 80% la teneur d’une cigarette en tabac noir pour être listée comme telle. Cette définition ne fait pas l’unanimité auprès des opérateurs, dont certains affirment qu’une cigarette avec une aussi grande concentration de tabac noir serait «infumable». Ce qui augure de longues tractations avec l’Administration des douanes pour déboucher sur une vision consensuelle. Pour rappel, l’enjeu est d’ordre économique car la fiscalité de cette catégorie est minorée pour protéger la tabaculture locale.
    Un dispositif qui n’est pas dépourvu de failles puisqu’un distributeur avait homologué une marque de cigarette dans ce chapitre alors qu’elle aurait dû être listée comme tabac blond. Une situation qui a été dénoncée par les concurrents, qui ont fini par obtenir la requalification du produit. La mise en place d’une norme à la faveur du projet de loi de finances a pour objectif, justement, de prévenir ce type de polémique et de clarifier les règles du jeu pour favoriser l’investissement dans l’industrie du tabac. L’adoption est devenue une urgence pour instaurer des règles de concurrence transparentes et favoriser l’arrivée de nouvelles unités industrielles. D’ailleurs, aux côtés de la SMT, un nouvel opérateur, qui produit déjà du tabac destiné au narguilé, s’impatiente pour obtenir le feu vert nécessaire au lancement de ses premières cigarettes à base de tabac noir.
    L’on s’attend à ce que la loi de finances soit adoptée vers le mois d’avril. Du coup, la prochaine liste de tabac, qui devra tenir compte de la norme, ne devrait pas être publiée avant fin juin pour le second semestre de 2017. Certains distributeurs s’attendent à une session exceptionnelle pour statuer sur les marques de cigarettes à base de tabac noir. Mais elle ne devrait pas avoir lieu. L’unique fois où le ministère des Affaires générales et de la Gouvernance avait tenu une commission exceptionnelle pour valider la seule marque Rothmans, il s’est fait taper sur les doigts par le SGG, qui lui a rappelé que la loi ne prévoit que deux réunions par an.
    La nouvelle liste de tabac porte principalement sur des extensions de marques.Ainsi, Philip Morris a décidé de marcher sur les plates-bandes des Winston, commercialisées par Japan Tobacco International (JTI) en introduisant des déclinaisons soft de Marlboro, Chesterfield et L&M. L’objectif étant de grignoter des parts de marché au détriment de la marque phare de JTI qui dame le pion aux Marlboro puisqu’elles sont ex aequo sur le podium des ventes.
    JTI lancera de nouvelles variantes de Winston qui constituent sa principale force de frappe. Elle commercialisera également des Camel Double. Une marque dont la particularité consiste en l’intégration d’un «crush ball» dans le filtre. Une bille que l’on peut écraser si l’on veut passer au goût mentholé.
    Les concurrents qui s’attendaient à ce que la Société marocaine des tabacs (SMT) soit sommée de relever le prix de sa marque de tabac noir controversée Fox à l’image de Philip Morris qui a été amenée à requalifier sa marque Next et d’en augmenter le prix à 20 dirhams au lieu de 15 dirhams. Ils devraient être déçus. La nouvelle star de la SMT a obtenu un répit de plusieurs mois. Et même si, après l’adoption de la norme prévue par le projet de loi de finances 2017, elle venait à être obligée d’augmenter son prix, elle pourra toujours bénéficier d’un délai supplémentaire, le temps d’écouler son stock. Pour le marché, le gouvernement a été tolérant vis-à-vis de la SMT, qui reste pour le moment le seul opérateur industriel du tabac. La marque Fox est très importante pour l’ex-Régie des tabacs car elle lui permet de continuer de faire tourner ses lignes de production après avoir perdu le contrat Marlboro, qui représentait environ 19% de son chiffre d’affaires.

    Un marché miné par la contrebande

    Outre l’introduction de nouvelles marques de cigares, la liste comporte de nouvelles marques de tabac à chicha. Pour l’heure, trois opérateurs dont un industriel (Habanos) se disputent ce créneau. Sauf que les faiseurs de marché sont les cafés, les restaurants et les hôtels. Des points de vente illégaux, puisqu’ils ne disposent d’aucune licence pour ce faire, qui s’approvisionnent dans la majorité des cas via le marché parallèle. Ce qui impacte négativement le chiffre d’affaires des distributeurs.

     

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc