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    Economie

    Medays : Commerce intra-africain: Copiez l’Europe!

    Par Ali ABJIOU | Edition N°:4915 Le 09/12/2016 | Partager
    Doper les échanges domestiques dont le niveau est à peine de 10%, contre 70% dans l’UE
    Des pré-requis sont nécessaires, bonne gouvernance et surtout des infrastructures routières
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    L’Afrique est un continent riche en matières premières. Il est le premier producteur mondial de cacao avec 73% de la production mondiale mais la tiédeur de ses échanges domestiques ne lui permet pas de décoller (Ph OMC)

    L’union de l’Afrique, au niveau économique reste encore loin d’accès. Le commerce intra-africain en est le parfait exemple. Selon des chiffres issus de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), l’Afrique est le continent qui commerce le moins avec lui-même. Les échanges intracontinentaux ne représentant qu’environ 12 % du commerce africain, contre approximativement 55% pour l’Asie et plus de 70% pour l’Europe. Et c’est ce continent qui s’accapare l’essentiel des échanges africains avec 36% du total. Dans un contexte marqué par le ralentissement de la croissance du commerce mondial, une tendance à la baisse des prix des matières premières, et l’émergence d’accords commerciaux régionaux, le continent africain se trouve face à de grands défis. «Si nous voulons profiter du développement, nous devons nous intéresser de plus près aux échanges domestiques», assure Yonov Frederick Agah, directeur général adjoint de l’OMC qui intervenait lors de la 9e édition des Medays, qui ont démarré ce jeudi à Tanger. Les pays du continent noir doivent veiller à mettre en place des structures dédiées au commerce et aux échanges internationaux tournées vers leurs voisins, qui demeure d’ailleurs l’un des plus fragmentés avec 54 pays. Les pays doivent aussi se tourner vers le secteur privé, qui est le seul à pouvoir assurer le développement de l’économie.
    Selon Agah, les performances commerciales sont profondément impactées par les conditions locales même si elles restent sous l’influence des facteurs externes, très souvent difficiles à contrôler, tant pour les entreprises privées que pour les gouvernements des pays eux-mêmes.
    Le commerce tout comme l’investissement a besoin d’un environnement favorable et prévisible pour prospérer, un rôle dévolu aux autorités de chaque pays. Les pays africains devraient donc s’efforcer de mettre en place un tel environnement domestique en s’axant sur plusieurs éléments dont les infrastructures et la bonne gouvernance. «Il ne sert à rien de produire du riz si on ne peut le transporter», constate Carole Kariuki, directrice de l’alliance du secteur privé au Kenya.
    En effet, les pays doivent mettre en place des infrastructures appropriées, qui font actuellement défaut dans nombre de pays africains, afin d’encourager les échanges entre les pays du continent. Ces infrastructures, qui comprennent notamment les routes, les chemins de fer, ainsi que les réseaux électriques et de télécommunications, nécessitent d’énormes investissements financiers. Le Maroc a été pionnier dans ce sens en lançant divers projets de connexion par voie maritime dont le port TangerMed est le principal acteur. Mais l’un des plus gros défis reste la création d’emploi. L’Afrique présente un taux de croissance démographique de 2% par an, selon Karim Helal, directeur au sein du cabinet Adib Capital, soit le double de la moyenne mondiale. Et pour compliquer encore plus la donne, près de 40% de sa population est formée de jeunes de moins de 15 ans. Ce qui est sa plus grande richesse et en même temps sa plus grosse tare car il suppose de former et ensuite de créer des emplois, conclut Helal.

    L’Afrique, continent des contrastes

    EN Afrique, les équations ne sont pas toujours faciles à résoudre. Le continent noir dispose à lui seul de près des deux tiers des terres arables du monde, or c’est celui qui affiche le taux de malnutrition le plus élevé avec 21%. C’est aussi en Afrique où l’on retrouve les gisements les plus importants de matières premières, surtout des minerais, mais c’est aussi le continent qui produit le moins de produits manufacturés, l’essentiel de ces richesses sont exportées sans aucune valeur ajoutée.

                                                                      

    L’économie africaine rattrapée par la réalité

    EN 2015, l’activité économique a ralenti en Afrique subsaharienne avec en moyenne une croissance du PIB de l’ordre de 3%, au lieu des 4,5% enregistrés en 2014. Il s’agit du taux de croissance le moins élevé depuis 2009, selon un rapport de la Banque mondiale. Les prévisions de croissance pour 2016 restent moroses  et s’établissent à 3,3%, bien en-dessous du fort dynamisme que la région a affiché de 2003 à 2008 avec un taux de 6,8%. La croissance économique devrait rebondir en 2017 et 2018 pour atteindre 4,5%.
    La mauvaise performance de 2015 tient à l’effondrement des cours des matières premières –en particulier ceux du pétrole qui ont chuté de 67 % entre juin 2014 et décembre 2015– et à l’atonie de l’économie mondiale.
    En revanche, l’embellie économique s’est poursuivie dans d’autres pays qui affichent toujours une croissance robuste. C’est le cas des pays importateurs de pétrole tels que le Kenya, le Rwanda et la Tanzanie, ou encore la Côte d’Ivoire, qui a bénéficié d’un contexte économique favorable et d’une augmentation des investissements. Alors que d’autres, surtout les producteurs de pétrole comme l’Algérie sombrent dans les chiffres rouges.

     

     

     

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