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    Les dossiers noirs du sport

    Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:4908 Le 30/11/2016 | Partager
    Règles comptables bafouées, surfacturation, dépenses fictives, transferts nébuleux...
    Le foot champion toutes catégories
    Un diagnostic qui explique bien des déconvenues
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    Le manque de transparence financière concerne la majorité des fédérations et associations sportives. Au moment où la Constitution a consacré le droit des citoyens à l’accès à l’information, peu d’entre elles se conforment à la loi, en mettant à la disposition du public des données relatives à leur gestion comptable et financière

    Opacité, manque de transparence, pratiques malsaines… la gestion du secteur sportif au Maroc est loin d’être «fair-play». C’est ce qui ressort d’une étude réalisée par Transparency Maroc. «L’idée n’est pas de prétendre qu’il y a des détournements, mais plutôt de pointer les dysfonctionnements et pousser vers une plus grande transparence, en conformité avec le droit d’accès à l’information, consacré par la Constitution», a expliqué Moncef El Yazghi, consultant ayant travaillé sur l'étude. Le constat dressé par cette ONG est alarmant. «Les fédérations et associations sportives ne se conforment pas à la loi, notamment en termes de publication d’une série de documents relatifs à leur gestion financière», a noté Fouad Zirari, membre de Transparency Maroc.
    La gouvernance du secteur sportif est réglementée par la loi 30-10, relative à l’éducation physique. Elle prévoit une série d’obligations pour assurer une bonne gestion financière (voir encadré). Sauf que ses dispositions sont rarement respectées par les parties concernées. Les dysfonctionnements identifiés concernent tous les intervenants. A commencer par le ministère de la Jeunesse et des Sports, qui constitue l’autorité de tutelle. Ce département «ne publie pas des statistiques précises concernant le nombre de titulaires de licences au niveau des 45 fédérations sportives. Les données publiées sont toujours approximatives», relève l'étude. Idem pour «l’absence d’informations sur les infrastructures sportives relevant de ce ministère et sur les formes juridiques de leur gestion».
    Les fédérations souffrent également des mêmes maux. «Elles ne respectent pas les délais légaux pour l’envoi des rapports financiers et moraux aux responsables des clubs représentés à l’assemblée générale».Au niveau des clubs, le manque de transparence est beaucoup plus prononcé. Il y a quelques semaines, Mohamed Boudrika, ex-président du Raja de Casablanca, a défrayé la chronique en menaçant Fouzi Lakjaâ, président de la Fédération royale marocaine et du club RSB, de dévoiler des dossiers compromettants. Un épisode d’un long feuilleton d’accusations mutuelles, qui rythme la vie du football marocain. Le WAC, dont le président dirige la Ligue professionnelle du football, est pratiquement le seul club qui n’a pas encore tenu son assemblée générale dans les délais légaux. Les multiples reports ont été justifiés par une expertise demandée par le nouveau bureau concernant la gestion financière de l’équipe sortante. Piètre image pour les deux clubs locomotives au niveau national. Globalement, les assemblées générales des clubs de football sont souvent marquées par une série de défaillances de gouvernance. «Les rapports financiers, rédigés de façon compliquée, sont généralement distribués aux adhérents à l’entrée de la salle des réunions, alors que la loi prévoit un délai de 15 jours. Surtout que l’examen de ces documents nécessite du temps et un grand effort de compréhension, parfois en ayant recours à un expert-comptable», a expliqué El Yazghi. Ce consultant a mis l’accent sur certaines pratiques malsaines, qui accentuent le manque de transparence. «Plusieurs clubs inscrivent des montants, souvent très élevés, dans la rubrique dépenses diverses, afin de couvrir des frais injustifiés», selon El Yazghi. Les montants des transferts des joueurs ou des entraîneurs, ainsi que les salaires versés à certains d’entre eux, «constituent un véritable secret pour certains dirigeants», a rappelé ce consultant. L’opacité a marqué plusieurs transferts, ayant défrayé la chronique. Il y a quelques années, les spéculations allaient bon train concernant le salaire réel de l’ex-sélectionneur national, Eric Gerets, ou celui de l’ex-entraîneur du WAC, John Toshack.

    Le Comité olympique en veilleuse

    Le Comité olympique se prépare à la tenue de sa prochaine assemblée générale en décembre prochain. La précédente date de 2005. «Pour l’instant, nous ne disposons pas d’informations concernant la gestion du budget de ce comité durant ces dix ans», est-il indiqué dans l’étude de Transparency. De son côté, Moncef El Yazghi a mis l’accent sur «le manque de communication autour de l’exécution du budget de 330 millions de DH octroyé par le Roi en 2009, pour la préparation des athlètes de haut niveau participant aux Jeux olympiques».

    Que dit la loi?

    La gestion des activités sportives au Maroc est régie par la loi 30-09 relative à l’éducation physique. Ce texte est clair, notamment en termes d’obligation des fédérations à inclure dans leurs statuts, une série de dispositions qui prévoient «la garantie du fonctionnement démocratique, l’organisation de la tenue de la comptabilité et la publication des rapports moral et financier annuels», selon son article 23. Les ligues professionnelles sont aussi tenues, en vertu de l’article 38, de signer une convention avec les fédérations dont elles relèvent. L’objectif est de préciser notamment «les modalités du contrôle financier et administratif». Dans la pratique, «toutes les fédérations mentionnent dans leurs statuts cette obligation de publication des rapports moral et financier, soit via leurs sites web ou dans les journaux. Cependant, le statut de base des associations sportives, adopté en mai 2016, ne comporte aucune disposition dans ce sens», a déploré Moncef El Yazghi.

    Les gâchis du Fonds national de développement sportif

    Mis en place pour assurer un soutien aux sélections nationales et appuyer la préparation des athlètes de haut niveau, le Fonds national de développement sportif souffre d’une série de défaillances en termes de gouvernance. Ses ressources sont prélevées à hauteur de 30% des recettes publicitaires générées dans les stades, en plus des montants injectés par les sociétés de paris sportifs. Sauf que la loi, qui a prévu plusieurs bénéficiaires de l’aide de ce fonds, n’a pas fixé une répartition précise. En France, les choses se passent différemment. Les montants de ce fonds sont répartis de façon claire. D’un côté, l’Etat a droit à 65% de ces ressources, dont 95% sont versés aux fédérations. Les 35% restants sont répartis sur les associations (10%), les disciplines sportives (5%), les populations (40%) et les titulaires de licences sportives (45%). Résultat: une véritable dynamique économique est créée grâce à ce fonds. En 2008, il a permis la création de 3.000 emplois.

     

     

     

     

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