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Politique

El Omari pointe les «faux pas» de Benkirane

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:4903 Le 23/11/2016 | Partager
Il a déploré «le manque de professionnalisme qui a marqué la gestion des tractations»
«Rien ne justifie la situation de blocage», selon lui
Et met en garde contre le coût élevé de la vacance institutionnelle

Au moment où la situation de blocage se confirme de plus en plus, des scénarios commencent à émerger pour dépasser le statu quo. Ils se basent sur des interprétations de certains articles de la Constitution. Parmi les options soumises au débat, la désignation d’un chef du gouvernement au sein du parti arrivé 2e aux élections, si le patron du 1er parti n’arrive pas à former une majorité. Une solution écartée par Ilyas El Omari, secrétaire général du PAM, lors d’une rencontre avec les journalistes, lundi soir. Le patron du parti du tracteur veut couper court aux spéculations. Il a dit qu’il «refusera de diriger le gouvernement» si Abdelilah Benkirane échoue dans les tractations en cours. Il a dénoncé «l’exploitation de ces interprétations par des politiciens pour faire pression sur le chef du gouvernement dans une logique de chantage». Il a aussi nié la tenue d’une réunion avec l’Istiqlal et l’USFP, au lendemain des élections, pour préparer ce que le PJD qualifie de «putsch». «Le seul contact était avec Driss Lachgar concernant la candidature de Habib El Malki à la présidence de la 1re Chambre. Le premier secrétaire de l’USFP avait contacté dans ce sens les autres chefs de partis, y compris Abdelilah Benkirane», a-t-il dit.
El Omari a appelé Benkirane à «assumer la responsabilité de son échec». Surtout que «rien ne peut justifier ce blocage, dans la mesure où la plupart des partis se sont prononcés pour la participation à la majorité», a-t-il rappelé. Il a pointé «l’absence de professionnalisme de Benkirane dans la gestion des négociations, surtout en termes de confidentialité des discussions». La crise politique que traverse le pays est amplifiée par l’ambiance électrique dans laquelle se déroulent les tractations pour la formation du gouvernement.
Le PJD ne rate aucune occasion pour tirer à boulets rouges sur le RNI et son patron, Aziz Akhannouch, alors qu’il s’agit d’une formation qui pourrait constituer le noyau du prochain gouvernement. Le chef du gouvernement «a aussi besoin d’un allié, comme le RNI, capable de mobiliser des compétences sans que cela ne suscite des tensions internes», est-il indiqué. Benkirane avait annoncé que le président du parti de la colombe a posé des conditions pour accepter de rejoindre la majorité, dont notamment l’exclusion de l’Istiqlal de la prochaine équipe. Au lieu de chercher l’apaisement, le chef du gouvernement a opté pour la confrontation, rappelant régulièrement qu’il s’accroche à la participation du parti de la balance. Or, «c’est normal qu’Akhannouch pose des conditions, dans une logique de négociations», a estimé Ilyas El Omari. Pour lui, Benkirane aurait pu procéder autrement, notamment «en oeuvrant pour rapprocher les points de vue, afin d’éviter le blocage». Aujourd’hui, la situation d’attentisme coûte cher au pays. En l’absence du nouveau gouvernement, le projet de loi de Finances ne sera pas adopté par le Parlement, et l’équipe de gestion des affaires courantes devra adopter un décret, qui se limite au déblocage des budgets de fonctionnement. Résultat: «le gel des montants prévus pour l’investissement, avec un impact négatif sur la dynamique économique». Pire, «l’équipe sortante arrivait rarement à dépasser 60% en termes d’exécution des budgets d’investissements, en invoquant le manque de temps. En 2017, nous risquons de nous diriger vers une année blanche», a déploré le patron du PAM. Pour lui, Benkirane assume la responsabilité de ce laisser-aller, dans la mesure où il a centré les négociations sur une logique de nombre de sièges. «Les discussions n’ont pas porté sur le programme gouvernemental, qui devait être au cœur des négociations», a-t-il dit. Surtout qu’il n’y a «pas de clarté dans les positions, particulièrement en ce qui concerne les priorités du prochain gouvernement. D’autant que certaines formations avaient voté contre des projets de l’équipe sortante». El Omari regrette que «ce genre de débats, qui avait marqué le début du gouvernement Jettou en 2002, est absent actuellement». Aujourd’hui, après les tirs croisés entre les futurs alliés, «dans quelle ambiance va travailler la prochaine équipe, dont les patrons ont passé des mois à s’accuser mutuellement?», s’est-il interrogé.
Concernant l’interprétation de la Constitution pour débloquer la situation, le patron du PAM estime que cela «doit être un effort mené selon une approche participative, impliquant les différents intervenants».
Parmi les solutions sur la table, revendiquée notamment par l’Istiqlal: l’organisation de nouvelles élections. Une option coûteuse pour les partis, selon El Omari. Les dépenses électorales du PAM ont atteint 75 millions de DH cette année. «Nous avons dû contracter un prêt de 30 millions de DH auprès du Crédit agricole, pour payer les avances de la logistique électorale», a-t-il fait savoir. La tenue de nouvelles élections va également prolonger la situation d’attentisme. D’ailleurs, El Omari s’est dit surpris par les déclarations de Benkirane, relatives à son «cloisonnement chez lui», alors qu’il est censé diriger un gouvernement de gestion des affaires courantes.

Le PAM se met au travail

Le PAM veut rompre la situation d’attentisme. Après avoir reporté l’organisation de son équipe parlementaire, en attendant l’élection des membres des structures de la première Chambre, le parti du tracteur va se mettre au travail. Il devait lancer, hier, le programme de formation de ses députés. Surtout que 80% d’entre eux sont élus pour la première fois. Cette formation se penche aussi sur la réorganisation de ces structures, notamment à travers une plus grande transparence dans la communication avec les citoyens. El Omari a annoncé qu’il va défendre devant le bureau politique l’idée de la retransmission en direct de ses réunions, afin de couper court aux rumeurs. Le PAM se penche aussi sur l’élaboration d’un rapport détaillé de ses performances électorales. Les dirigeants de ce parti ont aussi promis de publier les détails des dépenses relatives aux élections, factures à l’appui.

 

 

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