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    Dossier Spécial

    Le laboratoire de la transition démocratique

    Par Jamal Eddine HERRADI | Edition N°:4900 Le 17/11/2016 | Partager
    Aux partis d’assumer leurs responsabilités
    Réconcilier le citoyen avec la politique
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    Le gouvernement de l’alternance est arrivé alors que feu Hassan II s’attendait à «une crise cardiaque de l’économie nationale». En deux mandats, le gouvernement de Abderrahmane Youssoufi a eu le mérite de redresser les fondamentaux macroéconomiques. De même, il a pu reconvertir la dette publique, à raison de 80%, en monnaie locale (Ph. AFP)

    Consolider la normalité politique, renforcer la cohésion nationale et améliorer le système de gouvernance. C’est ce que préconisait, il y a 10 ans, le rapport sur le cinquantenaire de l’indépendance. Des objectifs à atteindre d’ici 2025. Le Maroc s’est-il engagé sur cette voie? S’est-il doté de moyens à la hauteur de ses ambitions d’édifier un Etat de droit? Certainement. Qu’on en juge: une nouvelle Constitution, instauration de la régionalisation avancée, contrôle plus rigoureux des finances des partis politiques, des élections communales et législatives dont la régularité a été reconnue par tous les observateurs nationaux et étrangers, lutte soutenue contre la corruption et la prévarication, plus grand respect des droits de l’homme, plus grande participation des femmes et des jeunes à la gestion des affaires communales et aussi une présence non négligeable dans les deux Chambres du Parlement… Ajoutés à cela, les changements intervenus à la tête des partis n’ont pas manqué d’impulser l’action politique, qui était tant attendue, pour les sortir de la léthargie dans laquelle ils s’étaient installés.
    Voilà donc une étape que l’on peut qualifier de réussie et qui, du coup, en prépare une autre encore plus importante. En effet, le temps est venu pour le Maroc d’achever sa transition vers la démocratie et de s’installer durablement dans la normalité politique. Mais cette transition ne pourra se faire en l’absence d’acteurs profondément attachés à la démocratie. Avec à leur tête, bien sûr, une monarchie constitutionnelle assumant, dans la continuité de son rôle historique et en accord avec les forces vives de la nation, le pilotage des différentes étapes de ce cheminement politique.
    Toutefois, le pays pourrait avancer plus rapidement encore si les différentes formations politiques assumaient de manière plus rigoureuse leurs responsabilités. Et cela, loin des calculs électoraux et des sensibilités primaires. C’est de leur devoir de doter le pays en compétences capables d’en gérer l’évolution. C’est aussi de leur devoir de proposer des projets de développement concrets et non seulement des programmes électoraux ambitieux, mais très difficiles à réaliser. Ce n’est qu’ainsi qu’ils pourront, tout à leur bénéfice, réconcilier le citoyen avec la politique. On l’a constaté lors des législatives du 7 octobre dernier, le taux de participation n’a été que de 43%. Alors que pour participer à l’édification de l’Etat de droit, l’engagement politique doit devenir un acte citoyen. Le rapport sur le cinquantenaire de l’indépendance n’a pas manqué d’appeler à une   réhabilitation du rôle et de la place des partis politiques dans la vie publique.
    Mais il est difficile d’arriver à cette normalité politique sans un rôle reconnu, voire institutionnalisé, pour l’opposition. Un point sur lequel avaient insisté les rédacteurs du rapport du cinquantenaire il y a une dizaine d’années. C’est aujourd’hui chose faite depuis l’avènement de la Constitution de juillet 2011. Cependant, l’on ne peut que constater qu’au lieu de remplir pleinement son rôle, l’opposition est plutôt confrontée à des querelles intestines qui minent toute son action. La prééminence excessive des personnes sur les structures et les groupes partisans se maintient encore. Alors que le temps est au dialogue et à l’efficacité des décisions. Quel gâchis que de voir toutes ces énergies dilapidées à cause de postes, de sièges au Parlement ou encore de nominations à la tête d’administrations ou d’autres offices.
    Pourtant, l’opposition était connue, notamment dans les années 80-90, pour ses prises de position intransigeantes à bien des égards. C’est le cas aussi pour les principaux syndicats. Une opposition qui a également dirigé et participé à de nombreux gouvernements. Mais qui, apparemment, n’a pas su évoluer au même rythme que l’évolution de la société. Elle est, en effet, restée confinée dans le même discours idéologique des années 1970. Discours qui en était la force en ces temps-là. Mais qui est devenu de nos jours et par la force des choses sa principale faiblesse. Et dans lequel peu de citoyens se reconnaissent encore. Pourtant, les principales formations de l’opposition comptent de nombreuses compétences reconnues. A ce niveau aussi se pose donc un problème de gouvernance d’un tout autre genre.

                                                                                       

     

    L’affaire Ben Barka, un point noir

    L’enlèvement, le 29 octobre 1965  à Paris, de Mehdi Ben Barka reste à jamais un point noir dans l’histoire politique du Royaume. Le corps du leader de la gauche et de l’opposition à Hassan II ne sera jamais retrouvé. Mehdi Ben Barka, qui faisait fréquemment des voyages entre la Suisse, la France et l’Egypte où il s’était exilé, est enlevé par deux policiers français, aidés par des truands, devant la brasserie Lipp à Paris, où il devait rencontrer un cinéaste en vue de la préparation d’un film à projeter lors de l’ouverture de la Conférence tricontinentale qu’il était chargé d’organiser. Sa disparition plonge le monde politique marocain et international dans la consternation. L’émoi est total tant chez la population que dans les rangs des dirigeants de la classe politique, notamment de l’UNFP. La censure officielle réprime les articles de journaux sur l’affaire Ben Barka. La famille Ben Barka ne sera autorisée à rentrer au Maroc qu’en 1999, après l’intronisation de SM Mohammed VI,  et le limogeage de Driss El Basri, le puissant ministre de l’Intérieur de Hassan II, en place pendant vingt ans.

                                                                                       

     

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