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    Politique

    Gouvernement: Rappel à l’ordre royal

    Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:4893 Le 08/11/2016 | Partager
    Le Souverain met le chef du gouvernement face à ses responsabilités
    Dépasser la logique de partage du butin pour former une majorité avec des priorités claires
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    «Nous aspirons à ce que la future politique du gouvernement soit globale et intégrée vis-à-vis de l’Afrique». La prochaine équipe de Abdelilah Benkirane est appelée à adopter une nouvelle approche pour être en phase avec la dynamique lancée par le Souverain dans les relations avec les pays du continent (Ph. MAP)

    C’est une première dans l’histoire du Maroc. Le Roi a adressé le discours de la Marche verte de la capitale sénégalaise Dakar. Le Souverain qui poursuit sa tournée africaine a expliqué que ce choix est lié à «la place particulière qu’occupe le Sénégal en Afrique, grâce à son modèle démocratique, à sa stabilité politique et sociale et à son dynamisme économique». A travers ce discours, le Roi a lancé deux grands messages forts. Le premier est lié à l’actualité nationale. Au moment où Abdelilah Benkirane semble dépassé par les tractations pour la formation du gouvernement, le discours royal sonne comme un rappel à l’ordre. L’idée est de rappeler chacun de ses responsabilités, et éviter l’enlisement de la situation. Un mois après les élections du 7 octobre dernier, les Marocains n’ont pas encore de visibilité sur la composition de la majorité. Et les attentes sont énormes. Le Souverain l’a bien précisé en soulignant que «le Maroc a besoin d’un gouvernement sérieux et responsable». Pour l’instant, les discussions portent essentiellement sur la garantie d’une majorité numérique et la distribution des portefeuilles ministériels. Ce qui remet les attentes des citoyens au second rang. Le discours royal l’a bien relevé: «La formation du prochain gouvernement ne doit pas être une affaire d’arithmétique, où il s’agit de satisfaire les desiderata des partis politiques et de constituer une majorité numérique, comme s’il était question de partager un butin électoral», a mis en garde le Souverain. Jusqu’à aujourd’hui, le chef du gouvernement semble plus préoccupé par le nombre de sièges de ses alliés que de leurs propositions économiques et sociales. C’est dans cette logique que s’inscrit le rappel à l’ordre royal. «Le gouvernement, c’est plutôt un programme clair et des priorités définies concernant les questions internes et externes. Un gouvernement apte à aplanir les difficultés héritées des années passées», a insisté le Souverain. Abdelilah Benkirane est mis face à ses responsabilités. Surtout que la tension commence à monter, notamment dans ses relations avec des alliés potentiels, comme le RNI et le MP. Cette animosité risque de compliquer la formation du gouvernement et empêcher l’instauration d’une réflexion autour des axes prioritaires du programme gouvernemental.
    Le Roi a été on ne peut plus clair. Il s’est engagé à «veiller à ce que la formation du gouvernement se fasse conformément à des critères bien définis et suivant une méthodologie rigoureuse». Le Souverain, en tant que garant du choix démocratique, en vertu de la Constitution, a indiqué qu’il ne tolérera aucune tentative de s’écarter de ce schéma. Plusieurs chantiers sont en attente. Cela concerne à la fois les domaines politique, économique et social. La mise en place de la nouvelle équipe gouvernementale est une urgence pour se mettre au travail. Mais cela doit se faire selon une «structuration efficace et harmonieuse, qui s’adapte au programme et aux priorités», peut-on lire dans le discours royal. Et c’est ce qui a manqué au gouvernement sortant. Plusieurs incidents avaient laissé apparaître des fissures au sein de la majorité précédente, notamment sur des dossiers stratégiques comme le fonds de développement rural. Autre défaillance à dépasser par le nouvel exécutif: le casting des ministres et la conception de l’architecture gouvernementale. Le premier mandat du gouvernement Benkirane a été marqué par la multiplication de ministères et de ministères délégués pour répondre aux exigences des partis de la majorité. Un scénario qui risque de se reproduire, vu les difficultés auxquelles fait face le patron du PJD pour former la majorité. A part certaines exceptions, des ministres du gouvernement sortant avaient laissé l’impression d’une faible maîtrise des dossiers qu’ils gèrent. Aujourd’hui, le Souverain appelle à rompre avec cette logique basée sur des calculs politiciens et de mettre l’accent sur la méritocratie. Le prochain gouvernement est appelé à s’articuler autour de «compétences qualifiées, avec des attributions départementales bien définies».

    Faire entendre la voix de l’Afrique

    L’orientation africaine du Maroc se confirme de plus en plus. Le Souverain, qui poursuit sa tournée africaine par l’étape du Sénégal, se rendra prochainement en Ethiopie. Une dynamique qui devra aboutir à l’officialisation du retour du Maroc à l’Union africaine, qui «n’est pas une décision tactique», comme l’a précisé le Souverain. Le discours de Dakar a été marqué par des signaux forts, à l’égard de certains pays qui s’entêtent à vouloir entraver l’installation d’une véritable coopération intra-africaine. Rabat ne demande la permission de personne dans cette démarche. En actant son retour à cette organisation panafricaine, le Maroc fera entendre la voix du continent dans les forums internationaux. En tête, la COP22, qui se tient actuellement à Marrakech. Celle-ci connaîtra la tenue d’un sommet africain «en vue de mettre au point une vision commune pour défendre les revendications du continent, notamment en termes de financement et de transfert des technologies».

     

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