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    Régions

    Tanger: La mairie au bord de la faillite

    Par Ali ABJIOU | Edition N°:4893 Le 08/11/2016 | Partager
    La saisie sur ses comptes a atteint les 240 millions de DH
    La mairie risque de se retrouver en cessation de paiements
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    La mairie risque une cessation de paiements en cas d’accumulation des saisies sur compte (Ph. Adam)

    La mairie de Tanger tire la sonnette d’alarme. Ses comptes ont été ponctionnés de 240 millions de DH lors des derniers mois. Ils correspondent au paiement de dédommagements prévus dans diverses affaires de justice pour expropriation.
    Ce montant est à des années lumière de ce que les responsables de la ville ont provisionné pour cette année budgétaire, soit 20 millions de DH. Et le danger continue d’être là, un nombre important de dossiers d’expropriations est actuellement en instance.
    A la mairie on affirme être en faveur du respect du droit, mais la multiplication de ces affaires risque de mettre en péril la continuation du service public. L’argument avancé est que l’intérêt de la majorité devrait passer avant celui d’une minorité. La situation est telle qu’elle pourrait empêcher les paiements de la mairie, selon Mohamed Bachir Abdellaoui, le maire de Tanger depuis septembre 2015. Dans ce cas, la mairie, acculée à ne pas honorer ses engagements financiers, pourrait ne plus assurer la continuité des services comme la propreté ou l’éclairage par exemple.
    Abdellaoui a affirmé lors de la session d’octobre du conseil de la mairie que cette dernière était en attente d’une rallonge budgétaire exceptionnelle de la part du ministère de l’Intérieur pour permettre aux comptes de la mairie de sortir du rouge.
    Pour les responsables de Tanger, ces affaires d’expropriation ne datent pas d’hier. Certaines sont le résultat de dossiers ouverts il y a plus de 20 ans. En effet, le suivi des affaires communales à Tanger n’a pas toujours brillé par sa rigueur, surtout lors des années 1990 et 2000. Plusieurs fois, la mairie, à l’époque communauté urbaine, s’était montrée incapable de gérer ses expropriations. Par exemple, Tanger avait failli perdre le droit sur plusieurs lots de terrain prévus comme espaces verts en 2000. La commune avait omis de les intégrer dans les plans d’aménagement et de dédommager leurs propriétaires antérieurs, ce qui avait failli annuler l’opération d’expropriation.  Actuellement, l’opération d’extension du périmètre urbain est elle aussi en train de laisser derrière elle plusieurs cas d’expropriation dont certains, telles des bombes à retardement, risquent de ne se laisser remarquer que dans plusieurs années.
    De notre correspondant, Ali ABJIOU

     

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