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    International

    Les banques européennes dans la tourmente

    Par Soufiane NAKRI | Edition N°:4892 Le 07/11/2016 | Partager
    Les taux bas rognent leurs marges
    Les créances douteuses atteignent 1.200 milliards d’euros
    Aucune visibilité pour les investisseurs
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    Depuis la crise des subprimes, les prêts octroyés  par les banques européennes ont stagné. En revanche, les actifs ont enregistré un recul

    La rentabilité des banques européennes se porte mal et la situation n’est pas près de s’améliorer. C’est ce qui ressort de l’analyse du cabinet de conseil KPMG.  Les institutions financières du vieux continent détiennent 1.200 milliards d’euros de créances douteuses. Après la crise des subprimes, l’encours des prêts non performants (voir encadré) des banques européennes  a enregistré une hausse de 3,5 points depuis 2013. Il est passé de 1,5% des crédits octroyés dans l’Union européenne en 2006-2007 à plus de 5%. Selon l’Autorité bancaire européenne, en mars 2016, l’encours s’élevait à 5,7% de tous les prêts accordés dans l’UE. Une révision de qualité des actifs menée par la Banque centrale européenne  en 2014 a fait ressortir 880 milliards d’euros  de créances douteuses dans les principales banques de la zone euro. Les analystes soulignent que pour se débarrasser de ces créances, il faudrait «des décennies plutôt que des années».  
    Par ailleurs, la répartition des créances douteuses diffère d’un pays à l’autre. Les pays les plus fragiles de la zone euro-comme la Grèce, l’Italie et l’Espagne, sont les plus concernés. En 2016, le ratio de prêts non performants par rapport au total des crédits s’établit respectivement à 18%, 6,3% et 34,7%. En revanche, la situation est «sous contrôle» en France et en Allemagne. La part de ces prêts s’élevait à 4,2% et 2,3% en 2014.
    Un autre facteur qui plombe la rentabilité des banques européennes concerne la  faiblesse des marges d’intérêts qui s’élèvent en moyenne à 1,2% en Europe contre 3% aux Etats-Unis. Ce qui reflète la non-compétitivité du secteur bancaire européen. Les taux d’intérêts proches de zéro figurent parmi les facteurs qui exercent une forte

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    pression sur les marges des banques. A cela s’ajoute la concurrence entre banques qui donne plus de liberté aux emprunteurs de choisir la meilleure formule.
    En plus de la pression des  marges d’intérêts, le ratio coût/revenu demeure très élevé dans toutes les banques européennes depuis la crise financière. En moyenne, il atteint plus de 60%.  
    Face à cette fragilité et au manque de visibilité, les investisseurs se montrent beaucoup plus méfiants. Ils s’inscrivent dans une logique de désengagement et de vente des titres. Ce qui explique la contre-performance des marchés financiers.  A titre d’exemple, l’Euro Stoxx Banks 600 a reculé de 17% depuis le début de l’année contre 6% pour l’Euro Stoxx 50.
    Pour rétablir la confiance du marché, les banques doivent se pencher davantage sur l’innovation financière. Elle peut offrir des possibilités de réduire les coûts à plus long terme, malgré le pessimisme de certaines banques. «Cet horizon semble lointain et incertain pour de nombreuses banques de l’UE» citent les analystes de KPMG.

    Prêt non-performant synonyme d’une créance douteuse

    Selon la Banque centrale européenne (BCE), un prêt est considéré comme non-performant  (ou créance douteuse) «lorsque plus de 90 jours se sont écoulés sans que l’emprunteur ait versé les tranches prévues». En fonction du degré de gravité, la banque peut corriger la valeur du prêt accordé, et même la réduire à «zéro».

     

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