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    Climat: Ce que recommande la Banque mondiale

    Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:4892 Le 07/11/2016 | Partager
    Politiques climato-intelligentes, «Verdir» le secteur financier…
    S’orienter vers les énergies renouvelables
    L’analyse des risques climatiques sera étendue
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    A la veille de la COP22 (voir notre dossier spécial) et avec l’entrée en vigueur de l’Accord de Paris sur le changement climatique, la Banque mondiale émet ses recommandations. «L’Accord de Paris sur le climat a été ratifié en un temps record par plus de 90 pays à ce jour. Il deviendra l’instrument qui façonnera notre avenir», indique Jim Yong Kim, le président du groupe de la Banque mondiale. Malgré les engagements pris à Paris et les actions prometteuses, nous ne parviendrons pas à limiter le réchauffement à 1,5 °C. Pour espérer pouvoir atteindre les objectifs consacrés par l’Accord de Paris, il faudra agir sur au moins quatre axes prioritaires, recommande la Banque mondiale:

    ■ Des politiques climato-intelligentes
    Au cours des quinze prochaines années, les investissements d’infrastructure dans le monde se chiffreront à plus de 90.000 milliards de dollars. Ces investissements concerneront en majeure partie les pays en développement. En veillant à ce qu’ils soient sobres en carbone et résilients au changement climatique, la croissance économique durable sera favorisée. Ce qui permettra de mettre fin à l’extrême pauvreté. Les pays pourront à présent utiliser le cadre fourni par l’Accord de Paris pour déployer les politiques climato-intelligentes. A l’instar de la tarification du carbone, elles permettront d’attirer les bons investissements d’infrastructure.

    ■ Accélérer la transition énergétique
    La semaine dernière, l’Agence internationale de l’énergie a revu à la hausse ses prévisions de croissance à cinq ans pour les énergies renouvelables. Et ce, en raison de l’appui soutenu dont elles font l’objet de la part de pays de premier plan et de la forte diminution des coûts qui leur sont associés. En 2015, la capacité de production d’électricité à partir des énergies renouvelables a dépassé le charbon. Il faut poursuivre cette dynamique et porter en particulier l’attention et l’action sur l’Asie où, alors que la demande d’énergie s’accroît, des pays continuent de privilégier le charbon. Si ces pays adoptaient en revanche un modèle énergétique décarboné, tout en éliminant progressivement les hydrofluorocarbones, ce virage serait déterminant. Les pays doivent faire le bon choix: «Délaisser les sources d’énergie à forte intensité de carbone au profit des alternatives renouvelables». Il est conseillé aussi de «suivre le carbone à la trace» et diriger les financements concessionnels là où ils auront le plus d’impact.
    ■ Renforcer la résilience aux chocs climatiques
    Comme mis en avant à Paris, plus de 100 millions de personnes pourraient basculer de nouveau dans l’extrême pauvreté d’ici 2030 en l’absence d’une action climatique d’ampleur. C’est pourquoi il est impératif de renforcer la résilience des populations, des économies et des écosystèmes. Il faut améliorer l’approvisionnement en eau, promouvoir une agriculture climato-intelligente et généraliser les systèmes d’alerte précoce. Sans oublier de favoriser la réduction des risques de catastrophe et renforcer la protection sociale.

    ■ «Verdir» le secteur financier
    Le système financier mondial doit être en mesure de prendre en compte les risques et les opportunités associés au changement climatique. C’est une condition indispensable pour mobiliser auprès du secteur privé les milliers de milliards de dollars nécessaires pour faire face au changement climatique. Les grands investisseurs institutionnels sont de plus en plus nombreux à incorporer les enjeux climatiques dans leur processus de décision. Il n’en demeure pas moins que nombre de pays en développement continueront d’avoir besoin d’un volume considérable de financements concessionnels pour pouvoir respecter leurs plans pour le climat. A Paris, les pays donateurs se sont fortement engagés dans ce sens. Il faudra à présent transformer ces engagements en action.

    ■ L’analyse des risques climatiques
    Le dérèglement lié au changement climatique freine considérablement le développement. Les inondations, la sécheresse, la montée du niveau des mers, les menaces pesant sur l’eau et sur la sécurité alimentaire, ainsi que la fréquence des catastrophes naturelles, vont s’intensifier, ce qui risque de faire basculer 100 millions de personnes de plus dans la pauvreté au cours des 15 prochaines années. Conformément au Plan d’action sur le changement climatique, le groupe de la Banque mondiale mènera une réflexion sur les risques et les opportunités découlant du changement climatique, pour tous ses cadres de partenariats-pays. L’analyse des risques climatiques est déjà appliquée aux projets financés par l’Association internationale de développement (IDA), le Fonds de la Banque mondiale pour les pays les plus pauvres, et sera étendue à d’autres opérations au début 2017.

     

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