×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste

Politique

Les déterminants du vote pro-PJD

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:4876 Le 14/10/2016 | Partager
La désinformation et la diversion, une tactique qui s’est avérée payante
Ne plus gouverner pour des bilans, un danger pour la nouvelle législature

«Il ne faut pas s’attendre à des changements pouvant favoriser la résolution des grandes problématiques politiques et économiques les cinq prochaines années. Car les choix actuels seront maintenus». L’ancien ministre Aziz Saâdi donne d’emblée le ton. Intervenant lors d’une conférence organisée par le Centre de recherches et d’études en sciences sociales de la faculté de droit Souissi, il a considéré que les partis «ont pratiquement la même orientation, basée sur des slogans, sans une stratégie claire de mise en œuvre». Contrairement à l’emballement d’une grande partie des observateurs, les participants à cette rencontre ont livré une analyse plus rationnelle des résultats du dernier scrutin. La victoire du PJD est la conséquence d’un «vote éminemment idéologique», selon l’économiste Najib Akesbi. Car le bilan du gouvernement sortant devait conduire à un vote-sanction contre cette formation. Surtout que «sur le plan économique, aucun engagement n’a été tenu. Le gouvernement s’est contenté d’aligner des chiffres», a-t-il expliqué. Idem pour les réformes, mises en avant par les dirigeants de ce parti. Pour la décompensation par exemple, «le gouvernement n’a pas mené une véritable réforme. Il s’agissait uniquement d’une libéralisation du secteur des hydrocarbures sans prévoir des mécanismes de régulation», a-t-il dit. Conclusion: «Si on s’en était tenu au bilan de l’équipe sortante, il aurait été difficile d’imaginer un vote positif en faveur du PJD», de l’avis d’Akesbi. Les dirigeants du PJD ont mis en marche une tactique qui s’est avérée payante. Celle-ci s’articule autour de deux axes. D’un côté, «la désinformation, qui s’est focalisée sur la promotion de ce qu’ils considèrent comme des réalisations à l’image des réformes lancées ou encore la bonne santé de l’économie nationale». Elle a été aussi accompagnée de «diversion», notamment avec l’invention d’un nouveau concept, celui du tahakkoum (autoritarisme), «afin d’éviter un véritable débat autour du bilan». Face à cette machine qui a montré son efficacité, le parti de Abdelilah Benkirane est face à de grands risques, en dépit de ses 125 sièges. Cette formation peut être piégée par «une suffisance et une arrogance qui pourraient la paralyser», a estimé Akesbi. Cela est lié à l’effet du «vote idéologique». Les dirigeants du PJD pourraient considérer que «les citoyens ne votent pas sur la base d’un bilan, mais votent pour ce que le parti incarne, c'est-à-dire une image d’intégrité», selon cet économiste. Or, «cette arrogance empêche d’agir», a-t-il ajouté. Akesbi a lancé un véritable rappel à l’ordre. «Il est essentiel de rester vigilants, car faute de réaliser des taux de croissance et des postes d’emploi, le PJD pourrait se rabattre sur des surenchères idéologiques, pouvant menacer les libertés individuelles». D’où l’importance des négociations pour la formation de la majorité. Des partis forts sont nécessaires pour assurer un équilibre au sein du prochain exécutif. Aujourd’hui, «pour éviter des bricolages conduisant à une majorité dont les composantes ne s’accordent ni sur les programmes ni sur les valeurs, il est important de pousser vers plus de cohérence», a noté, pour sa part, Abdelmoughit Benmessaoud Tredano, directeur de la Revue marocaine des sciences politiques et sociales.

Ouverture de la session parlementaire ce vendredi

Au moment où les tractations pour la formation de la majorité sont en cours, la session d’automne de cette nouvelle législature sera ouverte officiellement ce vendredi. Le message royal d’ouverture est très attendu. Il devra définir la feuille de route durant le prochain mandat. Parallèlement, les députés ont du pain sur la planche. Plusieurs textes sont déjà prêts et devront être programmés rapidement. Il s’agit notamment des projets de lois organiques adoptés lors du dernier Conseil des ministres, dont le texte sur le droit de grève. La réforme du code pénal, également en suspens depuis quelques mois, devra aussi être réintroduite dans le circuit.

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc