×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste

Régions

Effondrement de Sbata: Encore une histoire de complaisance…

Par Aziza EL AFFAS | Edition N°:4830 Le 08/08/2016 | Partager
Un R+4 sur une zone où seuls les R+3 sont autorisés
Le drame coïncide avec le renforcement de l’arsenal juridique
effondrement_sebata_030.jpg

Deux ans après, l’histoire se répète. L’effondrement d’un immeuble à Sbata, survenu vendredi 5 août, n’est pas sans rappeler un drame dont le souvenir reste encore vivace dans les esprits. Celui de Bourgogne, qui s’est soldé par le décès de 23 personnes, sans compter les dizaines de blessés. Cette fois-ci le bilan est moins lourd: 3 morts et 27 blessés. Il n’en reste pas moins que ce type de catastrophe nous interpelle à chaque fois. En effet, des milliers de familles vivent encore dans des habitats insalubres ou menaçant ruine à Casablanca. C’est le cas non seulement à l’ancienne médina, mais aussi dans d’autres quartiers comme Derb Sultan, Bourgogne, Sbata… La métropole compte près de 2.300 constructions qu’il faut démolir d’urgence et 9.350 bâtisses qui nécessitent des travaux de réfection. Au total, l’on estime à plus de 10 milliards de DH le montant du budget nécessaire pour restaurer le parc de ces édifices. Pour le seul territoire de la préfecture de Casa-Anfa, plus de 6.800 ménages habitant des logements menaçant ruine sont recensés. Les efforts de relogement n’ont pas réussi jusqu’ici à résorber la totalité des populations concernées. En attendant, le décompte mortel continue …
Comme ce fut le cas pour le drame de Bourgogne, des irrégularités en matière d’urbanisme sont à l’origine de l’effondrement de Sbata. Selon les premiers éléments et les témoignages sur place, le nouveau propriétaire de l’édifice, arrêté samedi 6

immeuble_sebata_030.jpg

Selon des riverains, l’immeuble effondré (un R+1 à l’origine) a été transformé par son nouveau propriétaire en R+4 il y a 6 mois, alors que seuls les R+ 3 sont autorisés dans la zone

août, aurait construit un R+4 dans une zone où seuls les R+3 sont autorisés. De même, il aurait touché les fondations lors des travaux de construction de l’immeuble à l’origine (un R+1), achevés il y a 6 mois. Et le bilan aurait pu être beaucoup plus lourd, si le café très fréquenté au rez-de-chaussée, ne s’était pas vidé au moment de la prière d’Al Asr, selon des témoins oculaires. L’immeuble réduit en miettes abritait aussi une étude de notaire, un cabinet médical et un centre de kinésithérapie. Une femme médecin figure d’ailleurs parmi les blessés.
Tout le monde n’a visiblement pas retenu la leçon du drame de Bourgogne.  Et encore une fois, les complaisances et les petits arrangements entre différents intervenants dans l’acte de bâtir finissent par reprendre le dessus. L’arsenal juridique, qui vient d’être renforcé la semaine dernière par l’adoption de la loi N° 66.12 (cf. notre édition du vendredi 5 août 2016), suffira-t-il pour lutter contre ces agissements? Cahier de chantier obligatoire, amendes plus corsées, obligation de signaler toute infraction dans les 48 h, temps d’arrêt de chantier réglementé… Les nouvelles dispositions visent à mettre de l’ordre en matière d’urbanisme. Encore faut-il les appliquer sur le terrain. Informel, matériaux non conformes, contrôle défaillant, fonctionnaires complaisants… Les plaies du secteur de la construction sont nombreuses. Une simple loi suffira-t-elle pour en venir à bout?

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc