×L'Editorialjustice régions Dossiers Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Entreprises

Le nouveau rôle de la Banque Populaire dans la régionalisation

Par Abashi SHAMAMBA | Edition N°:4821 Le 26/07/2016 | Partager
Plus d’autonomie aux BPR afin d’accompagner le client au plus près
Le président du groupe a brossé les grands axes de cette stratégie à Agadir
L’organisation mutualiste sera un atout majeur
benchaaboun.jpg

 Mohamed Benchaaboun: L’architecture mutualiste et coopérative régionale de la Banque Populaire lui donne plus d’agilité pour être plus proche des clients dans les territoires (Ph. BP)

Mohamed Benchaaboun, président du groupe Banque Populaire a présidé hier lundi 25 juillet, le Conseil de surveillance de la Banque Populaire Régionale de la région du Souss Massa. A ses partenaires, il a expliqué les enjeux de la réforme de la banque mutualiste et de son implication dans la régionalisation avancée. Il a par ailleurs répondu aux interrogations des opérateurs économiques, inquiets de la conjoncture.

- L’Economiste: Le schéma mutualiste de votre groupe est illisible pour le commun des mortels, voire vos sociétaires. En quoi serait-il différent de la banque classique? 
- Mohamed Benchaaboun:
Pour comprendre aisément le schéma institutionnel du Groupe, il faut se référer aux grands groupes mutualistes et coopératifs internationaux dont l’architecture est basée sur trois piliers : des banques coopératives régionales avec une compétence centrée sur la région de leur implantation; une banque centrale qui exerce un certain nombre de fonctions pour les banques populaires régionales tout en étant elle-même une banque avec ses propres activités et un organe de gouvernance collégial regroupant à la fois les représentants des banques populaires régionales et de la banque centrale populaire 
 Le schéma de notre groupe est structuré de la même manière puisqu’on y trouve les banques populaires régionales (BPR) qui sont actuellement au nombre de 9.  Chacune agit dans une circonscription territoriale définie. 
Contrairement aux autres banques commerciales organisées en directions régionales, les BPR sont des banques à part entière agréées en tant que telles par Bank Al-Maghrib, elles figurent sur la liste officielle des établissements bancaires. De ce fait, elles disposent de leurs propres organes de gouvernance (assemblée générale, conseil de surveillance et directoire). Elles sont agréées pour exercer l’ensemble des activités bancaires avec une mission particulière de développement de l’épargne et de financement des PME dans leurs circonscriptions territoriales. 

- Comment se fait la coordination organique avec la Banque Centrale Populaire (BCP)?
- La BCP est l’organe bancaire central de ces banques populaires régionales. Contrairement aux banques populaires régionales, la BCP est une SA cotée à la bourse de Casablanca. La BCP est d’abord la banque centrale des banques populaires régionales dont elle assure le refinancement et la gestion de la trésorerie tout en assumant à leur égard des fonctions communes, tels le système d’information, le marketing, la politique de gestion des risques, le réglementaire interne… 
En second lieu, la BCP développe sa propre activité de banque avec un pôle Retail couvrant la région du Grand Casablanca et un pôle Corporate portant sur les Project Finance et les activités de marché. Elle porte également l’ensemble des participations du groupe au Maroc et à l’étranger, y compris les participations dans le holding Atlantic Business International. 
L’organe de gouvernance collégial, en l’occurrence le Comité Directeur, est l’instance suprême du groupe avec une composition paritaire entre les représentants des banques populaires régionales (5) et les représentants de la BCP (5). Il décide sur l’ensemble des questions stratégiques et normatives concernant le groupe. Comme vous pouvez le constater, notre structure diffère de celle des autres banques marocaines puisqu’elle comporte des banques à part entière dédiées aux régions, ce qui leur confère une forte position commerciale dans ses régions qui dépasse, dans certains cas, 50% de part de marché. 
Cette architecture comporte également une différenciation importante. Une partie de la clientèle des banques populaires régionales, qu’on appelle sociétaires, sont également les détenteurs du capital de ces banques et siègent dans leurs instances de gouvernance dont les présidents élisent les cinq membres du Comité Directeur représentant les banques populaires régionales. 
  
- Les participations croisées BCP / Banques Populaires Régionales (BPR) constituent-elles les garants de la pérennité de ce modèle. Si ce dernier devait évoluer un jour, comment le verriez-vous? 
- Après la sortie de l’Etat du capital de la Banque Centrale Populaire, il était impératif que nous réfléchissions à un schéma organisationnel qui assure d’une part, la cohérence du groupe et sauvegarde d’autre part, sa solidité et partant sa pérennité. Tout d’abord, la sortie de l’Etat s’est faite au profit des Banques Populaires Régionales car devant détenir constamment plus de 51% du capital de la Banque Centrale Populaire. Cela permet ainsi, d’étendre l’exposition territoriale et sectorielle des Banques Populaires Régionales, tant en termes de risques qu’en termes d’activités. 
Ce faisant, le système garantit une relative récurrence à leurs revenus. Les Banques Populaires ne sont plus désormais exposées uniquement sur leur territoire d’implantation, mais également, au travers de leur participation à la Banque Centrale Populaire, sur l’ensemble du territoire national et au niveau international. Ce qui rend leurs résultats moins sensibles aux aléas de la région. De son côté, la Banque Centrale Populaire en tant qu’actionnaire des Banques Populaires et entité consolidante, affiche aujourd’hui sur le marché, la totalité des résultats générés par les différentes composantes du groupe, et pas uniquement ceux générés par le réseau de Casablanca et la Banque de Financement.  La finalité de cette réorganisation est d’une part, de pérenniser le groupe en tant que groupe financier coopératif et d’autre part, d’améliorer la lisibilité de ses résultats par le marché. 

- Au regard de vos engagements dans la région Souss Massa, quelles activités vous y paraissent les plus dynamiques? 
- Sur le plan économique, la région Souss-Massa est un territoire très dynamique et sa population se distingue sur le plan national par sa propension marquée à entreprendre. Trois secteurs-clés y prédominent, à savoir le tourisme, la pêche et l’agriculture. Eu égard aux valeurs de proximité et d’ancrage dans nos territoires d’implantation qui animent le groupe, la Banque Populaire du Centre-Sud est très présente dans ces secteurs, et détient plus de 31,5% de parts de marché dans le financement de l’économie de la région. Etant une des régions des premières vagues d’émigration, cette banque joue un rôle important dans la mobilisation de l’épargne des Marocains du Monde. 

- A quels facteurs imputeriez-vous le ralentissement du crédit observé depuis trois ans? Quel diagnostic le groupe a-t-il fait de ce «problème» et les réponses qu’il y a apportées? 
- La décélération du crédit bancaire est imputable d’abord au ralentissement de l’économie qui, à son tour est lié notamment, à la baisse de l’investissement et au repli de l’activité immobilière. Il reste entendu que la crise internationale a eu un impact négatif sur un certain nombre de secteurs dépendant de la demande extérieure. Cette situation a été analysée et des propositions concrètes ont été formulées dans le cadre du mémorandum adressé par BAM-GPBM-CGEM au chef du gouvernement. 
- Vous êtes la banque «historique» des MRE. Le ralentissement de la zone euro a-t-il impacté les transferts de cette clientèle? Que représente-t-elle dans les ressources du groupe? 
- La crise économique dans la zone euro a beaucoup affecté à ses débuts la diaspora marocaine en Europe, notamment dans les pays du Sud. Néanmoins, cet épisode difficile pour beaucoup de membres de la communauté est aujourd’hui largement dépassé, et nous assistons depuis deux ans à une reprise des transferts en provenance de cette région du monde. Tout d’abord, en raison du redémarrage des économies des pays du Sud, et ensuite en raison de l’agilité de la communauté marocaine, de sa mobilité et de ses capacités d’adaptation. Les dépôts des Marocains du Monde pèsent près de 20% des dépôts bancaires à l’échelle nationale. En ce qui nous concerne, et eu égard à notre position dominante sur ce segment de clientèle - plus de 51% de parts de marché -, les dépôts des Marocains du Monde représentent près de 40% des dépôts clients gérés par les Banques Populaires. En tant que banque de référence de cette clientèle, nous travaillons continuellement à renforcer nos dispositifs de rapatriement de l’épargne de nos compatriotes résidant à l’étranger et à la mobiliser pour le financement de l’économie nationale. En 2015, nous avons réalisé une collecte record, qui s’est traduite par un additionnel net de 3,7 milliards de dirhams. Les efforts consentis ces dix dernières années pour l’extension du réseau d’agences et l’acquisition de nouveaux clients sur le marché domestique, ont fortement fait progresser nos parts de marché sur la clientèle des résidents au Maroc, et c’est ainsi qu’en 2014 et pour la première fois dans l’histoire du groupe, les dépôts clientèle des particuliers résidents ont dépassé les dépôts des Marocains du Monde. 

 

Retrouvez dans la même rubrique

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc