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Economie

Lacs et retenues des barrages: 140 sites à valoriser

Par Sabrina BELHOUARI | Edition N°:4817 Le 20/07/2016 | Partager
Le ministère du Tourisme et le département de l’Eau mobilisés
Mais des craintes sur la durabilité des sites
Pêche sportive et eaux usées menacent le lac Bin El Ouidane
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L’ouverture d’accès au lac Tiguelmamine, aux environs de Khénifra, suite à l’aménagement récent d’une route à proximité, a engendré l’accumulation de déchets autour du site (Ph. SB)

Alors que les plages accueillent une grande partie des estivants, l’arrière-pays reste, quant à lui, sous valorisé. Pourtant, les atouts du tourisme rural sont indéniables. Les lacs naturels et les rivières, ainsi que les retenues des barrages, peuvent constituer une offre touristique à haut potentiel. Ils n’échappent d’ailleurs pas aux plans nationaux pour le tourisme. Le ministère du Tourisme et celui en charge de l’Eau ont signé, en mars dernier, une convention de partenariat pour la valorisation des points d’eau situés dans les zones d’action des Agences des bassins hydrauliques. Le Maroc dispose de 140 sites dotés d’atouts exceptionnels, dont seulement quelques-uns sont à ce jour valorisés. Cette convention, qui rentre dans les déclinaisons du plan 2030 pour le tourisme, permettra la mise en valeur touristique des sites identifiés par les deux départements. 

Pour les professionnels du tourisme rural, la durabilité devrait passer en priorité. «La protection des lacs et des points d’eau est prioritaire à leur valorisation. Il suffit de voir la vitesse à laquelle le lac Bin El Ouidane est en train de se dégrader pour s’en rendre compte», s’inquiète Yahya Bouziti, guide de montagne et gérant du gîte Dar l’Eau Vive. En effet, l’ouverture d’accès en masse au lac Bin El Ouidane a contribué à la dégradation du site d’une manière alarmante. La pêche sportive par exemple, l’une des activités les plus prisées dans le lac, reste non encadrée. Il s’en est suivi une pêche excessive du black-bass, une espèce de perche des eaux douces très prisée dans le lac. La pollution humaine est également mise en cause. «Autour du lac Bin El Ouidane, plusieurs hôtels déversent les eaux usées directement dans le lac. Les produits chimiques contenus dans ces eaux vont apporter atteinte à l’équilibre biologique dans le lac», alarme Said Merghadi, gérant du Touda Ecolodge.
Ainsi, l’attractivité et l’accessibilité ne suffisent pas pour valoriser ce type de sites. Elles peuvent même concourir à leur destruction. Cela résulte principalement du non encadrement des visiteurs, ainsi que des exploitants, et de l’absence d’un aménagement spécial. Il s’agit par exemple de mettre en place des toilettes publiques, des points de ramassage des déchets, le contrôle des eaux usées et l’encadrement des activités de loisirs (sports nautiques, pêche, etc.). La protection de la faune et de la flore est garante de l’attractivité de n’importe quel site touristique. 
L’ouverture d’accès aux lacs et points d’eau est également un élément à prendre avec beaucoup de précaution. Le Moyen-Atlas, où la géographie et le climat en font l’une des régions dotées des plus beaux lacs du Maroc, est en train de payer le prix de son succès. «Plus les sites sont difficiles d’accès, plus ils ont du charme et de l’intérêt pour les visiteurs à la recherche de calme et d’isolement», explique Youssef, accompagnateur et organisateur de randonnées de montagne.
En somme, il existe un réel dilemme dans la question de la valorisation touristique des lacs et des retenues des barrages, si l’on tient compte du retour d’expérience des sites déjà exploités. Lorsque les randonneurs, étrangers ou nationaux, sont encadrés par un guide, le respect de l’environnement est mieux garanti. Mais qu’en est-il des populations locales? De quelle manière pourraient-elles être sensibilisées et encadrées?

Guide du tourisme responsable

Etre un touriste responsable va au-delà du respect de la nature. Afin de sensibiliser les visiteurs, l’équipe de l’auberge Kasbah du Toubkal et l’association Bassins d’Imlil ont mis en place un guide pour le tourisme responsable, dans la vallée et la montagne de Toubkal. Le guide explique au visiteur étranger de quelle manière sa visite impactera l’environnement qui inclut à la fois la nature et la population. Connaître le niveau de vie des habitants locaux permet, par exemple, de mesurer l’impact des dépenses de chaque touriste. Il s’agit également du respect des coutumes locales, ainsi que des différentes mœurs vestimentaires et sociales. Le touriste est ainsi sensibilisé au réel impact de sa présence, de ses gestes et de ses dires, pendant et après son passage dans un site touristique.

 

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