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Economie

Maroc-UE: La guerre contre la tomate repart

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:4816 Le 19/07/2016 | Partager
Des lobbys espagnols s’activent auprès du Parlement européen
Ils veulent restreindre le cadre d’accès au fruit marocain
La manœuvre cache une concurrence euro-européenne
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Depuis le démarrage de la campagne 2015/16, la VFI (valeur forfaitaire à l’import) des tomates marocaines est demeurée positive. Elle a même dépassé, par périodes, le prix d’entrée de l’OMC (PEOMC) qui est variable. Quant aux niveaux atteints par rapport au prix d’entrée communautaire (PEC), ils s’établissent à plus du double sur plusieurs mois 

De nouveau les tomates marocaines se trouvent au centre d’une guéguerre menée par des lobbys espagnols. Avec cette nuance de taille: cette fois-ci, les corporations espagnoles veulent y impliquer le Parlement européen. Faute d’argumentaire économique et commercial à faire valoir devant la Commission, ils veulent surfer sur le politique. Et le stratagème a de quoi inquiéter la profession. Pour l’Association des producteurs exportateurs des fruits et légumes (Apefel), le gouvernement doit anticiper toute «décision éventuelle visant la restriction du cadre d’accès des tomates marocaines au marché de l’UE». Mieux, l’Apefel appelle à réagir par des mesures réciproques contre les importations espagnoles. Ce qui dénote le ras-le-bol des professionnels, pourtant habitués à ce genre de menace devenue coutumière à la veille du lancement de chaque campagne de production. Aujourd’hui, le contexte est différent. La tentative de déstabilisation de l’origine Maroc intervient alors que le débat en appel de la décision de la Cour européenne de justice relative à l’accord agricole Maroc-UE s’ouvre ce mardi 19 juillet. 

«Même en respectant  les quotas fixés par l’accord agricole Maroc-UE,  le lobby espagnol ne rate aucune  occasion pour s’acharner contre  la tomate marocaine à travers ses différentes instances professionnelles qui brandissent actuellement la carte des provinces du sud marocain pour faire entendre leurs voix», dénonce  Lahoucine Adardour, président de l’Apefel. Car, l’argumentaire selon lequel les expéditions marocaines affectent de manière négative le marché européen des tomates ne tient pas. Pour preuve, la dernière réunion du groupe de travail de la Commission dédié aux tomates a mis en évidence la situation de la concurrence. Elle est principalement intra-communautaire, alimentée par la production de plus en plus intensive des pays du Benelux et l’origine espagnole elle-même. 
Les chiffres présentés par le groupe est on ne peut plus révélateurs. Lors de la campagne 2015-2016, l’export espagnol de tomates a augmenté de 10%. Celui de la Belgique a bondi de 40% alors que le Maroc n’a amélioré ses sorties que de 4%. «Ceci, en raison des parts qu’il a grignotées sur des pays tiers, notamment la Turquie et l’Egypte», constate un opérateur.  
La dégradation du marché, s’il y a lieu, s’explique surtout par le développement de la production européenne. De nombreux pays ont, en effet, investi des serres à   biogaz et lumière artificielle. Résultat, une offre pléthorique, mais aussi un étalement de la saison de production. Ce qui a impacté l’export espagnol et son forcing sur une courte période du fait des conditions climatiques qui ont précipité la maturité des fruits. A noter par ailleurs que l’import en provenance des pays tiers, dont le Maroc, ne porte que sur 13% du marché intérieur de l’UE. Et durant toute la période d’application du système de quota (du 1er octobre au 30 mai), les prix réalisés par la tomate européenne sont les plus élevés. 
Pour le Maroc, les valeurs forfaitaires à l’import relevées par les services de la Commission sont édifiantes à cet égard. Durant tout le déroulement de la campagne, elles n’ont enregistré aucune cotation négative. Bien au contraire, ces valeurs se sont inscrites en forte hausse par rapport au prix d’entrée communautaire.

Comment est géré le contingent 

Le Maroc bénéficie d’un contingent de base, à prix d’entrée conventionnel (46,1 euros/100 kg) en exonération des droits de douane, dans la limite d’un volume de 257.000 tonnes du 1er octobre au 31 mai. A partir du 1er novembre, il est augmenté d’un quota additionnel de 28.000 tonnes. Ce dernier peut être utilisé durant un mois donné, entre novembre et mai, dans la limite de 30% maximum, soit 8.400 tonnes/mois. Les quantités non utilisées des quotas mensuels de base d’octobre à décembre et de janvier à mars seront transférées dans le contingent additionnel lors de la comptabilité effectuée par les services de la Commission européenne respectivement le 15 janvier et début avril.
Les volumes exportés hors contingent bénéficient d’un abattement de 60% des droits de douane  ad-valorem. Les taux appliqués à ces quantités sont de 5,7% en octobre, de 3,5% du 1er novembre au 14 mai et de 5,7% du 15 mai au 30 septembre. 

 

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