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L'Edito

Alternance

Par L'Economiste| Edition N°:3602 Le 24/08/2011 | Partager

Déconcertant! Deux gouvernements pour une même loi de Finances. Les entomologistes de l’action politique auront beau disséquer cette situation insolite et inédite, il leur sera sans doute difficile d’entrevoir un scénario indolore.
Un contexte apaisé aurait voulu que l’équipe El Fassi expédie les affaires courantes. La conjoncture, l’arrivée de la nouvelle Constitution en ont décidé autrement. Du coup, les agendas ont été chamboulés, et dans la liste des «affaires courantes» il y a quelque chose qui s’appelle loi de Finances. Bien évidemment cela change tout. La loi de Finances constitue l’un des actes fondamentaux de l’action politique. Sauf que pour cette année elle sera discutée par le gouvernement actuel puis refilée à l’équipe qui sera élue le 25 novembre. Question: est-ce que le gouvernement El Fassi ne va pas prendre des décisions compromettantes pour son successeur? Auquel cas ce dernier pourrait toujours proclamer qu’il ne cautionne pas les actes de son prédécesseur, et donc son projet. Si cela se produit ce serait certes un signe de vigueur de notre démocratie, mais hélas aussi un imbroglio fâcheux pour le fonctionnement normal de notre pays. Du moins vu les retards de budgets qui en pourraient en découler et leurs conséquences. Comment éviter la paralysie et comment éviter surtout que la crise politique ne se transforme en crise économique?
Bien plus préoccupante est l’absence d’alternatives pendant ces périodes de flottement. Lorsqu’un pays comme la Belgique par exemple traverse des situations de crise politique, les institutions continuent de tourner même en l’absence de gouvernement, tout simplement parce qu’elles y sont déjà outillées et préparées. Dans un système hyper centralisé comme au Maroc, nous savons que ce n’est pas le cas. La vraie panne d’alternance est là… aussi.

Mohamed Benabid

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